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Standard and Poor's : neuf pays d'Europe dégradés, dont la France

Le ministre français des Finances, François Baroin, quitte l'Élysée après une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy au sujet de la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's.

François Baroin quitte l'Élysée après une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy au sujet de la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's, qui était alors imminente.

Photo : La Presse canadienne / Rémy de la Mauvinière

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) a abaissé vendredi la note de neuf pays de la zone euro, enfonçant un peu plus le Vieux Continent dans la crise de la dette publique qui le frappe de plein fouet.

S&P a donc retiré à la France et à l'Autriche leur AAA, dégradé d'un cran à AA+. Malte, la Slovaquie et la Slovénie perdent aussi un échelon.

L'agence a par ailleurs abaissé de deux crans la note de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de Chypre. Ces deux derniers États sont désormais classés dans la catégorie des investissements spéculatifs.

La Commission européenne a immédiatement réagi, dénonçant une « décision aberrante » rendue alors que l'Union monétaire « agit de manière décisive sur tous les fronts pour répondre à la crise ».

En revanche, les quatre autres pays qui avaient la note parfaite (Allemagne, Finlande, Pays-Bas et Luxembourg) ont été épargnés, au même titre que la Belgique, l'Estonie et l'Irlande.

Mais la charge de S&P ne s'arrête pas là. Hormis l'Allemagne et la Slovaquie, l'agence de notation place tous les pays de la zone euro sous « perspective négative », comme elle l'avait déjà fait avec la Grèce. Elle estime donc à une sur trois les chances d'une nouvelle dégradation en 2012 ou 2013 pour ces États.

La France avait auparavant annoncé la perte de son triple A, en en minimisant les effets. « Ce n'est pas une bonne nouvelle », mais ce n'est « pas une catastrophe », avait estimé le ministre des Finances François Baroin à l'antenne de la télévision France 2. « Ce ne sont pas les agences de notation qui dictent la politique de la France », a-t-il poursuivi.

C'est comme si vous demandiez à un élève qui a eu 20 sur 20 pendant très longtemps et qui passe à 19 si c'est une catastrophe.

Le ministre des Finances François Baroin

Standard and Poor's résume ainsi les notes de crédit qu'elle attribue :

AAA : Extrêmement forte capacité à remplir ses engagements financiers. Meilleure note.
AA : Très forte capacité à remplir ses engagements financiers.

Les bourses européennes ont clôturé en légère baisse vendredi, dans l'attente de l'annonce officielle. Paris a perdu 0,11 % et Francfort, 0,58 %.

L'euro a quant a lui plongé vendredi à l'un de ses plus bas niveaux depuis août 2010, un peu au-dessus de 1,26 $.

En novembre dernier, Standard and Poor's avait annoncé par erreur la perte de la note de crédit parfaite de la France. Le mois suivant, l'agence de notation plaçait sous surveillance les notes de 15 pays de la zone euro, dont celles de la France et de l'Allemagne.

S&P prévenait alors que les notes de crédit pourraient être révisées à très court terme en raison de l'aggravation de la crise de la dette en zone euro, mentionnant aussi que la note de Paris pourrait être abaissée de deux crans.

Les rumeurs que Standard and Poor's a refusé de commenter ont d'ailleurs fait reculer de nouveau l'euro par rapport à la devise américaine, repassant sous les 1,27 $.

Moody's aussi, mais pas Fitch

Après un sommet européen dont les conclusions n'ont pas été en mesure de la rassurer, sa concurrente Moody's avait annoncé le 12 décembre qu'elle entendait elle aussi réviser les notes de crédit des pays d'Europe au début de 2012.

« L'absence de mesures pour stabiliser les marchés du crédit à court terme implique que la zone euro et l'Union européenne dans son ensemble restent exposées à de futurs chocs et que la cohésion de la zone euro demeure sous une menace persistante », avait expliqué l'agence de notation dans un communiqué.

Fitch a de son côté indiqué mardi qu'elle n'envisageait pas de dégrader la note de la France en 2012, sauf forte aggravation de la crise.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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