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Procès Shafia : «Nous ne sommes pas des meurtriers», lance Tooba Yahya

Tooba Yahya à son arrivée au tribunal de Kingston, en Ontario.

Tooba Yahya à son arrivée au tribunal de Kingston, en Ontario.

Photo : Lorian Bélanger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au procès des trois membres de la famille Shafia accusés des meurtres prémédités de trois adolescentes et d'une femme, la Couronne a livré vendredi, pour une première fois, sa thèse complète concernant le fil des événements de cette soirée de juin 2009.

Il s'agissait de la quatrième journée du contre-interrogatoire de Tooba Yahya, la mère des adolescentes tuées, au palais de justice de Kingston, en Ontario.

Malgré tous les démentis de la mère des enfants, la Couronne persiste à dire que Tooba Yahya était sur les lieux du drame.

Il n'y avait pas de lumière ce soir-là. La mère serait restée avec les quatre femmes, dans le stationnement près des écluses, pendant que son fils, Hamed, et son mari, Mohammad Shafia, louaient deux chambres dans un motel non loin.

À leur retour, une vingtaine de minutes plus tard, la mère aurait couru vers eux. « Vous avez couru parce que vous saviez que c'était fini, qu'elles allaient mourir », a lancé la Couronne. « Non. Jamais », a répondu Tooba Yahya, en fixant le vide.

La Couronne a poursuivi : quelqu'un a conduit la Nissan jusqu'au bord du canal, a éteint les phares, et par la fenêtre ouverte, cette personne est passée en première vitesse, dans l'espoir que la voiture tombe à l'eau d'elle-même.

Mais elle serait restée coincée sur le rebord de ciment. « Vous aviez une urgence », a dit le procureur. Il a fallu utiliser la Lexus pour pousser la Nissan dans l'eau, a-t-il poursuivi. Dans la manoeuvre, des morceaux des deux véhicules seraient tombés, et Hamed ne les aurait pas tous ramassés.

« Non, Monsieur, a lancé Tooba Yahya, en tentant de maîtriser ses émotions. Nous ne sommes pas des meurtriers. Nous ne ferions jamais pareil crime. »

« Je suis une mère. Ne me dites jamais que j'ai tué mes enfants, jamais », a-t-elle poursuivi, la voix craquante. Puis, la femme de 42 ans s'est caché le visage et a pleuré durant de longues secondes.

Mais le procureur n'en est pas resté là. Adoptant sa version des événements, il a souligné qu'elle n'avait rien fait, le lendemain, au motel, lorsqu'elle a supposément constaté la disparition de trois de ses filles. « Il n'y avait rien à faire, a-t-il conclu. Leur destin s'était accompli. »

Tooba Yahya (42 ans), son mari Mohammad Shafia (58 ans) et son fils Hamed Mohammad Shafia (21 ans) sont accusés des meurtres prémédités de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad (50 ans), et des trois filles que Mme Yahya a eues avec son mari : Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti (13 ans).

Relever des contradictions

Depuis le début de la semaine, la Couronne décortiquait point par point les déclarations de la mère pour tenter de faire ressortir les contradictions dans son témoignage.

Tooba Yahya a admis vendredi matin avoir été informée par son frère, mais seulement après le drame, que son mari planifiait l'assassinat de l'aînée de ses filles. Elle a aussi avoué que son mari se mettait souvent en colère, mais qu'il ne posait aucun danger à ses enfants.

Depuis le début de la semaine, la crédibilité du témoignage de Mme Yahya était remise en question. L'accusée a avoué avoir menti à plusieurs reprises sous l'empire du stress.

Mme Yahya a d'ailleurs demandé au procureur, vendredi, de lui préciser sur quelle version de son histoire il la questionnait.

Elle semblait particulièrement confuse quand il s'agissait de préciser l'endroit où elle se trouvait la nuit du drame, en juin 2009.

Jeudi, Tooba Yahya évitait les réponses, soupirait bruyamment et demandait fréquemment au procureur de répéter les questions, sous prétexte de n'avoir pas compris.

La Couronne tente de démontrer que Tooba Yahya était au courant de ce que planifiait son mari, et qu'elle n'a jamais cherché à le dénoncer et prévenir les autorités.

Le procureur de la Couronne a indiqué qu'il aurait encore des questions à poser à Tooba Yahya lundi.

La défense doit encore appeler à la barre ses derniers témoins, dont le fils Hamed Mohammad Shafia, avant les délibérations des jurés.

Avec un reportage de Yanik Dumont-Baron

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