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Guy Turcotte prêt à suivre une thérapie s'il est libéré

Croquis judiciaire de Guy Turcotte.

Croquis judiciaire de Guy Turcotte

Radio-Canada

L'ex-cardiologue Guy Turcotte a affirmé à la Commission d'examen des troubles mentaux qu'il est prêt à suivre une thérapie et à poursuivre le travail entrepris pour retrouver une vie normale à sa sortie de l'Institut Philippe-Pinel.

C'est en substance la position qu'a défendue jeudi matin l'ex-cardiologue qui était de retour devant la Commission, où il poursuit ses démarches pour tenter de retrouver sa liberté.

L'homme, qui avait avoué avoir assassiné ses deux jeunes enfants de 3 et 5 ans en février 2009, avait été reconnu non criminellement responsable de ces meurtres par le tribunal en juillet 2011.

Il est détenu depuis à l'Institut Philippe-Pinel, où il est traité pour des problèmes psychologiques.

Les auditions amorcées l'automne dernier se poursuivront jeudi et vendredi pour déterminer si l'ex-cardiologue peut être libéré et s'il ne représente pas un danger pour la société. Guy Turcotte ne veut plus être interné et désirerait poursuivre ses traitements psychiatriques à l'extérieur des murs de l'Institut.

Au cours de son témoignage devant les commissaires jeudi matin, Guy Turcotte a répondu à une série de questions posées par son avocat, Me Pierre Poupart.

Affirmant d'entrée de jeu qu'il reconnaissait avoir besoin de poursuivre une thérapie à l'extérieur des murs de l'Institut s'il était libéré, Guy Turcotte a expliqué que la mort de ses enfants et son procès avait été un enfer et qu'il devrait encore travailler sur lui pour surmonter cette épreuve et reprendre une vie normale dans la société.

Selon lui, les traitements qu'il reçoit depuis son internement lui sont salutaires et lui ont permis de prendre conscience de la mauvaise interprétation qu'il faisait des événements.

Jusqu'à vendredi, les membres de la Commission entendront, entre autres, le psychiatre traitant de Guy Turcotte, le Dr Louis Morissette, la psychiatre Dominique Bourget, qui a témoigné au procès, et des membres de la famille de Guy Turcotte.

Son ex-conjointe n'y croit pas

Isabelle Gaston, ex-conjointe de Guy TurcotteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Isabelle Gaston, ex-conjointe de Guy Turcotte

En ce qui a trait à ses sentiments envers son ex-conjointe, Isabelle Gaston, et Martin Huot, l'homme pour lequel elle l'avait quitté, Guy Turcotte a répondu en ces termes aux questions soulevées sur ce sujet lors de l'audience :

« Tout ce qui est arrivé me désole énormément et d'entrer en communication avec eux ne serait pas profitable; ça ne va que raviver des douleurs. Je n'ai aucune agressivité, je n'ai aucune colère, je n'ai que de la tristesse et de la désolation. »

Des propos qui n'ont pas convaincu Isabelle Gaston qui a expliqué aux médias, à la sortie de la salle d'audience, qu'elle croit que Guy Turcotte tente, par ce discours, de manipuler les membres de la Commission pour obtenir sa libération.

La mère des deux jeunes enfants assassinés a déclaré : « J'ai un doute qu'il joue la bonne chanson pour sortir [...] Je crains qu'il puisse se revirer de bord et revenir m'attaquer et me donner le coup final », a expliqué Isabelle Gaston, qui affirme éprouver encore de profondes séquelles depuis l'assassinat de ses deux enfants, il y a trois ans.

Mme Gaston a ajouté que son ex-conjoint ne s'est pas exprimé très longuement sur le sentiment de colère qui l'habitait dans les mois qui ont suivi leur séparation et précédé l'assassinat de leurs deux enfants.

Songe-t-il à reprendre la médecine?

Interrogé par son avocat sur son avenir professionnel et sur la possibilité de recommencer un jour la pratique de la médecine, Guy Turcotte s'est contenté de répondre qu'il voudrait reprendre sa vie en main et qu'avoir un emploi en ferait partie, mais que ce n'est pas une priorité. Il n'exclut toutefois pas la possiblité de pratiquer la médecine à nouveau un jour.

Croquis du procès de Guy TurcotteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Croquis du procès de Guy Turcotte

Turcotte, apte à revenir en société?

Les cinq membres de la Commission d'examen des troubles mentaux doivent déterminer si l'ex-cardiologue représente un danger pour la société et, le cas échéant, de quel type d'internement et de soins il a besoin.

En novembre dernier, le psychiatre Pierre Rochette, qui a évalué Guy Turcotte à l'Institut Philippe-Pinel, recommandait à la commission qu'il qu'il y demeure interné pour encore au moins une année.

Les médecins disaient avoir encore de la difficulté à identifier les liens entre la personnalité de M. Turcotte et les actes qu'il a commis. Le psychiatre notait que M. Turcotte avait un trouble de personnalité narcissique qui nécessite une psychothérapie. Le spécialiste doutait aussi des capacités de Guy Turcotte à demander de l'aide s'il devait se retrouver dans une situation similaire après une remise en liberté.

D'autant plus, soulignait-il alors, qu'il n'a pas eu une prise de conscience authentique, ni fait de retour valable sur les événements dramatiques.

Or, mieux comprendre les événements, souligne le Dr André Luyet, chef du département de psychiatrie de l'Hôpital Louis-H.-Lafontaine, lui permettrait de développer d'autres mécanismes de défense, si jamais il se trouvait dans une situation aussi stressante et tendue que celle qui l'a conduit à passer à l'acte.

M. Turcotte avait été jugé non criminellement responsable, ce qui indiquait qu'au moment des faits, il n'était pas capable de juger de ce qu'il faisait, de savoir qu'il faisait le mal. Le diagnostic psychiatrique qui lui a été attribué est un trouble d'adaptation.

Le Dr André Luyet a vu souvent dans sa pratique des personnes souffrant de troubles d'adaptation, mais il précise qu'il est impossible de prévoir que de telles personnes puissent être amenées à un geste comme celui de M. Turcotte.

Le trouble d'adaptation n'est pas une pathologie où il y a une perte de contact avec la réalité comme une psychose. Il est suscité par des événements fortement stressants auxquels un individu ne parvient pas à s'adapter.

C'est la durée et l'intensité du trouble qui sont déterminantes pour évaluer s'il y a un trouble d'adaptation, marqué par de l'anxiété, de la tristesse et des signes dépressifs.

M. Turcotte a donc souffert de ce trouble, au moment des faits dramatiques, mais n'en souffrait plus après.

La Commission d'examen des troubles mentaux

Bien que le verdict de non-responsabilité criminelle rendu lors du procès de Guy Turcotte ait provoqué une importante vague d'indignation dans la population, il faut savoir que la Commission d'examen des troubles mentaux n'a pas le pouvoir ni le mandat de revoir le verdict qui a été prononcé à l'issue du procès du Guy Turcotte.

La Commission des troubles mentaux se compose de cinq juges administratifs : deux avocats, deux psychiatres et un travailleur social.

Son rôle se limite essentiellement à évaluer si le patient est apte à fonctionner en société, s'il ne représente pas de danger pour la population et, le cas échéant, de quel type d'internement et de soins il a besoin.

Par ailleurs, la décision des commissaires n'a pas besoin d'être unanime pour s'appliquer. Elle doit cependant être expliquée par écrit.

Selon la loi, les commissaires ont droit à la dissidence, mais la décision qu'ils rendront doit tout de même recueillir l'assentiment de la majorité d'entre eux.

Avec les informations de La Presse canadienne

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