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Nigeria : La secte Boko Haram dans la ligne de mire de l'ONU

Décombres de l'attaque antichrétiens perpétrée le 25 décembre à Madalla, au Nigéria.

L'attaque contre une église de Madalla, près d'Abuja, avait fait une trentaine de morts le 25 décembre.

Photo : La Presse canadienne / Sunday Aghaeze

Radio-Canada

Le groupe islamiste Boko Haram pourrait être reconnu coupable de « crimes contre l'humanité » au Nigeria si la justice parvient à démontrer qu'il se livre à des attaques systématiques contre la population, affirme la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay.

Depuis une série d'attentats contre des églises qui ont fait au moins 49 morts le jour de Noël, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 morts. La plupart d'entre elles ont été revendiquées par Boko Haram.

Des violences contre les musulmans se sont aussi produites dans le sud du pays, faisant craindre l'éclatement d'une guerre civile dans le pays le plus populeux d'Afrique, avec 160 millions d'habitants.

Dans un communiqué publié jeudi, Mme Pillay estime que les membres de Boko Haram « pourraient être déclarés coupables de crimes contre l'humanité si la justice estime qu'ils ont commis des attaques systématiques et généralisées contre la population civile, y compris sur la base de la religion ou de l'ethnie ».

Les actes délibérés conduisant au « "nettoyage" de la population sur la base de la religion ou de l'ethnie équivaudraient aussi à des crimes contre l'humanité.

Navi Pillay

La haute-commissaire aux droits de l'homme appelle conséquemment les responsables religieux au Nigeria, particulièrement ceux des communautés chrétienne et musulmane « à joindre leurs forces pour condamner sans équivoque toute violence, y compris les représailles ».

Mme Pillay leur demande aussi d'« encourager leurs disciples à identifier et à aider à arrêter tous ceux impliqués dans les tueries et autres actes de violence qui ont eu lieu ».

Une première vidéo pour Boko Haram

Dans une vidéo de 15 minutes publiée avant les déclarations de Mme Pillay, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a soutenu que les assassinats de chrétiens constituent une revanche méritée et que le président du pays, Goodluck Jonathan, n'est pas en mesure de mettre un terme aux actions du groupe.

« Chrétiens, tout le monde sait ce que vous nous avez fait et nous avons décidé de nous défendre et, parce que nous sommes sur la bonne voie, Allah nous rend plus forts », raconte-t-il dans cette première vidéo publiée par la secte.

« Tout le monde sait que notre leader a été assassiné », dit-il dans une référence à son prédécesseur, Mohammed Yusuf, « et tout le monde sait la manière dont les musulmans sont tués ».

Mohammed Yusuf, le fondateur de Boko Haram, est mort alors qu'il était détenu par la police en 2009, au terme d'une première vague d'attaques intercommunautaires ayant fait 700 morts.

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en haoussa. La secte, qui souhaite instaurer un État islamique au Nigeria, est essentiellement active dans le nord du pays, majoritairement musulman. Le sud du Nigeria est majoritairement chrétien.

Ces développements surviennent alors que le Nigeria est touché jeudi par un quatrième jour de grève générale pour protester contre la hausse des prix du carburant.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International