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Nigeria : une nouvelle vague de violences fait 16 morts

Une mosquée est la cible d'une attaque faisant cinq morts au Nigeria.

Une mosquée est la cible d'une attaque faisant cinq morts au Nigeria.

Photo : AFP / Idris Momoh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Nigeria a connu une nouvelle vague de violences religieuses mardi soir, qui fait au moins 11 morts dans le nord musulman et 5 autres dans le sud chrétien, selon ce que rapportent les autorités nigérianes.

Des islamistes ont ouvert le feu sur les clients d'un bar de Potiskum, au nord-est du pays, tuant huit personnes, dont cinq policiers. « Les policiers étaient venus boire un coup », a expliqué un témoin.

Bastion de la secte islamiste Boko Haram, qui a revendiqué l'attaque, Potiskum est l'un des épicentres des violences antichrétiennes qui ont fait près de 140 morts depuis le jour de Noël. L'état d'urgence est d'ailleurs en vigueur dans cette région depuis le 31 décembre dernier.

Dans d'autres violences, trois habitants d'un village majoritairement chrétien du nord ont été tués par des inconnus armés. Plus au sud, deux attaques de mosquées en 24 heures ont fait cinq autres morts, obligeant des milliers de personnes à fuir la région.

« Nous avons plus de 10 000 déplacés en différents endroits », a indiqué le chef de la Croix-Rouge locale, Dan Enowoghomwenwa, cité par l'AFP.

Alors que des affrontements entre les manifestants et les policiers avaient fait six morts la veille dans le cadre de la grève générale illimitée contre la hausse des prix du carburant en vigueur depuis lundi, aucune nouvelle victime n'a été rapportée en lien avec ces protestations.

Les autorités ont toutefois imposé un couvre-feu à Kaduna, au nord du pays, après que des grévistes eurent tenté de « semer le trouble ». D'après des habitants, la police a violemment dispersé des milliers de personnes tentant de forcer les portes du gouvernement local.

Combinée aux violences interconfessionnelles, la grève fait craindre le pire dans ce pays dont la population est répartie à parts égales entre musulmans, majoritaires dans le nord, et chrétiens, vivant surtout dans le sud.

L'ONU exprime son inquiétude

Tandis que le président nigérian Goodluck Jonathan estime que ces violences sont « pires » que la guerre civile des années 60, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rencontré mardi le ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Olugbenga Ashiru, pour lui exprimer son inquiétude.

Cette rencontre survient tout juste après la publication d'un rapport de l'ONU soulignant « l'inquiétude croissante dans la région à propos de possibles liens entre Boko Haram et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ».

« Le secrétaire général et le ministre des Affaires étrangères ont discuté des développements récents au Nigeria », ainsi que de l'enquête concernant l'attentat à la bombe perpétré contre le siège de l'ONU le 26 août dernier, a indiqué le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky.

Les attentats revendiqués par Boko Haram s'accumulent

En langue haoussa, Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un péché ». Les militants du groupe extrémiste nigérian réclament l'application stricte de la loi islamique dans tout le pays.

Selon un bilan établi par l'Associated Press, le groupe est responsable de la mort d'au moins 510 personnes au Nigeria en 2011. Boko Haram a notamment revendiqué l'attentat contre une église catholique d'Abuja, le jour de Noël, qui a fait au moins 42 morts, ainsi que l'attentat-suicide d'août 2011 contre le quartier général de l'ONU, aussi perpétré dans la capitale Abuja, qui a fait 25 victimes.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et Al-Jazira

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