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François Rebello rejoint son mentor à la CAQ

François Legault et François Rebello
François Legault et François Rebello Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le député François Rebello a confirmé mardi son ralliement à la Coalition avenir Québec (CAQ), annoncé lundi, lors d'une conférence de presse en compagnie de son nouveau chef François Legault.

Il est le troisième député du Parti québécois se joindre à la CAQ, après Benoit Charette et Daniel Ratthé.

François Legault est le seul chef nationaliste qui peut battre Jean Charest.

François Rebello

Se défendant d'agir par opportunisme, M. Rebello a souligné que sa priorité était de renforcer le Québec pour faire face aux défis futurs.

Selon lui, François Legault est un modèle pour les Québécois, notamment à cause de son passé d'entrepreneur à titre de fondateur du groupe Air Transat. « C'est important d'avoir un premier ministre avec de grandes réalisations derrière lui », a-t-il affirmé.

J'étais déjà aux côtés de François quand il était au Parti québécois. Je l'avais choisi comme mentor, il incarnait déjà ce qui est important pour l'avenir des Québécois, il était une source d'inspiration pour moi. Je m'étais placé derrière lui déjà à l'époque, et aujourd'hui je continue d'être derrière lui.

François Rebello

M. Legault s'est dit très fier de compter dans ses rangs un entrepreneur et un ami, parlant d'une « acquisition significative pour la CAQ ».

Il a souligné que l'entreprise Groupe investissement responsable (GIR), fondée par M. Rebello, avait été l'une des premières au Québec à offrir des services de conseil en investissement responsable.

Son intérêt pour le développement d'énergies vertes apporte par ailleurs, selon M. Legault, un atout de taille dans la préparation d'un plan de développement dans le domaine des technologies vertes.

Il a aussi rappelé le passé de M. Rebello au sein de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et du groupe Force Jeunesse, soulignant que son expertise acquise alors sera utile au parti lors de futures négociations dans les dossiers touchant aux frais universitaires et à l'équité salariale, une fois au pouvoir.

Tout comme son nouveau chef, François Rebello estime que la souveraineté ne fait pas partie des priorités de la population québécoise.

M. Legault juge qu'il faut avant tout rebâtir l'économie du Québec, « faire le ménage dans les réseaux publics » et se concentrer sur les problèmes comme le décrochage scolaire et l'intégration des immigrants, afin que les Québécois retrouvent leur fierté et aspirent à créer un pays.

Le chef de la CAQ a par ailleurs insisté sur le retard économique du Québec par rapport au reste du Canada, affirmant qu'il faut relancer l'économie du Québec avant de revenir à la question nationale, « dans 10 ou 15 ans ».

Des souverainistes désillusionnés

On ne fera pas la promotion de la souveraineté, mais la meilleure façon de le faire c'est de renforcer le Québec. Les gens n'aiment pas la propagande, ce n'est pas comme ça qu'on va les convaincre. On a encore un pas à faire avant que les Québécois aspirent à être un pays.

François Rebello

François Rebello avait été, en juin dernier, parmi les douze péquistes signataires d'une lettre ouverte intitulée Monsieur Parizeau, faites-nous confiance, réplique à une sortie de l'ex-premier ministre péquiste sur l'avenir du PQ.

Dans cette lettre, les élus péquistes en appelaient à un transfert du flambeau de la génération de M. Parizeau à la jeune génération.

Nous sommes fiers de votre héritage et déterminés à y faire honneur à notre façon.

Extrait de la lettre

M. Rebello retrouvera dans les rangs de la CAQ un autre des signataires, le député Benoit Charette, ainsi que le troisième transfuge péquiste à ce jour, Daniel Ratthé.

Au moment de sa démission, M. Charette disait réfléchir depuis plusieurs mois à son avenir au sein du parti. Il avait néanmoins signé la lettre peu avant son départ.

Il disait alors sa foi souverainiste entière, mais soutenait que les Québécois ne voulaient pas d'un autre référendum.

Ceux qui pensent que le problème est lié au leadership se trompent. Peu importe le chef, les Québécois ne semblent pas prêts à trancher immédiatement : peut-on conclure une trêve référendaire?

Benoit Charette, 21 juin 2011

Le député Daniel Ratthé avait lui aussi justifié son choix peu après son expulsion du caucus péquiste en novembre, soutenant que la question de l'indépendance du Québec n'était plus au coeur des préoccupations des Québécois.

Bien que je demeure convaincu des avantages de la souveraineté, je suis cependant réaliste et je considère, tout comme la majorité de mes concitoyens, qu'en raison de l'état actuel des choses, il faut mettre la priorité sur d'autres enjeux.

Daniel Ratthé, 24 novembre

Lundi, par voie de communiqué, la chef péquiste Pauline Marois a fait part de son étonnement devant la défection de M. Rebello.

Il y a quelques semaines à peine, M. Rebello m'avait personnellement assurée qu'il était au Parti québécois pour y demeurer et que ses convictions souverainistes primaient avant tout.

Pauline Marois

Elle estime que « François Rebello agit par pur opportunisme », une formule reprise mardi par son député de Jonquière, qui y rajoute le mot « hypocrisie ».

« Moi je ne suis pas dans la tête des hypocrites et des opportunistes. Quand on a quelqu'un devant nous qui nous dit : '' Moi je suis loyal, je suis souverainiste, je crois au Parti québécois'' , puis le lendemain il dit le contraire, que voulez-vous que je vous dise? On fait face à ce type de personnalité là. J'espère qu'il n'y en a pas d'autres », a laissé tomber Sylvain Gaudreault.

Un passé de politicien et d'entrepreneur

Âgé de 41 ans, M. Rebello est le député de La Prairie, en Montérégie, depuis les élections de décembre 2008. Il avait ravi la circonscription à la députée adéquiste Monique Roy-Verville.

François Rebello était dans l'entourage de François Legault lorsque ce dernier était ministre péquiste. Il avait aussi souhaité que M. Legault se lance dans la course à la direction du PQ après la démission de Bernard Landry.

M. Rebello a été président-directeur général du Groupe investissement responsable (GIR) depuis sa fondation, en 2000, jusqu'en mars 2007. Il a aussi été président fondateur du groupe Force Jeunesse, de 1998 à 2000, et président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) de 1994 à 1996.

François Rebello est le troisième député péquiste à rejoindre la CAQ, après Benoit Charette et Daniel Ratthé, et le septième député du PQ à quitter le parti depuis le printemps dernier.

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