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Prix à la pompe : grève générale au Nigeria

Les Nigérians se bousculent aux stations de service à la veille de la grève générale illimitée annoncée par les principaux syndicats du pays pour protester contre la supression des subventions sur les prix du carburant.

Les Nigérians se bousculent aux stations de service à la veille de la grève générale illimitée annoncée par les principaux syndicats du pays pour protester contre la supression des subventions sur les prix du carburant.

Photo : AFP / PIUS UTOMI EKPEI

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une grève générale contre l'augmentation des prix du carburant s'est amorcée lundi au Nigeria, au moment où les violences anti-chrétiennes attribuées au groupe islamiste Boko Haram ravivent les craintes d'une guerre de religion au pays.

Agitant drapeaux et pancartes, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale économique Lagos, où une personne a été tuée par balles par les policiers, selon ce que rapporte le président d'un syndicat ayant appelé à la grève, Abdulwahed Omar.

Craignant les débordements, les forces de sécurité ont pris position sur les principaux axes routiers du Nigeria, premier pays producteur de pétrole africain.

Des jeunes ont d'ailleurs bloqué un important axe routier en enflammant des pneus et en jetant des pierres sur les policiers. À l'exception des manifestants, les rues étaient complètement vides à l'heure de pointe.

Des milliers d'autres protestataires ont envahi les rues de la capitale fédérale Abuja, malgré le déploiement des forces de l'ordre qui tentaient de les empêcher d'atteindre le centre-ville.

À Kano, dans le nord du pays, les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes et tiré des coups de feu en l'air afin de disperser les manifestants qui tentaient d'entrer dans les bureaux du gouverneur.

Un appel à la grève

Les principaux syndicats nigérians ont appelé à cette grève illimitée à partir de lundi, afin de protester contre la suppression des subventions sur les prix du carburant. Des magasins, des banques et des stations-service sont notamment fermés pour l'occasion.

« Tout ce que nous voulons, c'est que notre voix soit entendue », a indiqué John Lolawole, secrétaire général d'un des syndicats, le Trade Union Congress.

« Nombreux sont les mécontents de la façon dont le pays est dirigé. Ils pensent qu'il y a beaucoup d'incapables, d'incompétents, ainsi qu'une grosse corruption. »

— Une citation de  Clément Nkankwo, responsable d'une ONG nigériane

Annoncée par surprise le 1er janvier, cette mesure a eu pour conséquence immédiate de faire grimper les prix à la pompe, qui ont quasiment doublé en quelques jours. La majorité des quelque 160 millions de Nigérians vivant avec 2 $ par jour, cette hausse a d'importantes répercussions.

« Les coûts du transport ont augmenté et cela s'est répercuté sur les prix des aliments et sur les autres besoins nécessaires pour vivre, comme le loyer et le prix des médicaments », a expliqué le porte-parole d'un des syndicats ayant appelé à la grève, Chris Uyot.

Des manifestations de protestation ont éclaté dans tout le pays, sévèrement réprimées par la police, alimentant encore un peu plus le mécontentement.

Sur une pente de guerre civile

Par ailleurs, alors que Boko Haram multiplie ses attaques contre les chrétiens dans le Nord musulman, le président Goodluck Jonathan a déclaré dimanche que ces violences étaient « pires » que la guerre civile des années 60.

Il a par ailleurs soutenu que la secte islamiste disposait de soutiens haut placés au sein de l'État, du système judiciaire, des forces armées, de la police et des services de sécurité.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC News

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