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Finances d'Attawapiskat : Ottawa et les Premières Nations se renvoient la balle

Attawaspikat

Attawaspikat

Photo : Claude G. Gagnon

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral affirme que le superviseur dépêché à Attawapiskat ne peut faire certains paiements essentiels parce qu'il est en attente d'informations de la chef et du conseil de bande.

Ottawa répliquait ainsi aux propos tenus par le conseil Mushkegowuk dans un communiqué publié jeudi. Le conseil, qui représente huit Premières Nations du nord-est de l'Ontario, estime que si le gouvernement fédéral ne montre pas plus de flexibilité, la communauté d'Attawapiskat ne pourra assumer certaines opérations courantes comme le versement de salaires et d'autres paiements essentiels.

Le conseil affirme que le gestionnaire indépendant nommé en décembre par Ottawa a pris le contrôle de 1,5 million de dollars constituant des fonds de la réserve destinés à des services essentiels comme l'éducation. Selon la communauté, des services pourraient même être interrompus si les employés ne sont pas payés.

Le ministre fédéral des Affaires autochtones, John Duncan, a rétorqué qu'il avait envoyé mercredi une lettre à ce sujet à la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence. « Le superviseur est prêt à émettre des chèques de paie pour les services essentiels, comme les salaires des enseignants, et il le fera aussitôt qu'il recevra l'information nécessaire de la chef et du conseil », a déclaré le ministre.

Selon M. Duncan, le superviseur s'assurera du bon fonctionnement de tous les services essentiels et du paiement de toutes les factures aussitôt que le conseil de bande coopérera avec lui et lui fournira les informations dont il a besoin.

Les travailleurs de la Croix-Rouge visiteront également les maisons pour évaluer les besoins et établir les priorités.

Les travailleurs de la Croix-Rouge visiteront également les maisons pour évaluer les besoins et établir les priorités.

Photo : Claude G. Gagnon

Une crise du logement qui s'aggrave, selon les Premières Nations

En outre, dans son communiqué, le conseil Mushkegowuk souligne que malgré l'aide envoyée par le gouvernement fédéral à Attawapiskat, la crise du logement empire dans les réserves de la région de la baie James, dans le nord de l'Ontario.

Le conseil explique que plusieurs familles vivent toujours dans des tentes et dans des abris insalubres dans la réserve. Les communautés cries voisines demandent aussi une aide urgence du gouvernement.

« Avec des températures dans les moins 30 et 40, les chefs demandent maintenant aux gouvernements fédéral et provincial de prendre des actions immédiates relativement aux crises du logement à Fort Albany et Kashechewan », peut-on lire dans le communiqué.

De son côté, le ministre Duncan a affirmé que les familles n'avaient plus à vivre dans des tentes puisque le refuge local a été rénové, offrant désormais l'eau courante, le chauffage et des installations sanitaires. « Nous pressons les familles qui ne l'ont pas encore fait d'emménager dans les espaces vacants du refuge aussitôt que possible », a-t-il déclaré.

Quant aux besoins dans les réserves voisines, le ministre Duncan dit qu'il a été en communication avec les chefs et qu'il a fourni une aide supplémentaire de 3,25 millions de dollars pour le logement à Kashechewan.

De son côté, le député néo-démocrate de Timmins-Baie-James, Charlie Angus, estime que le conflit entre les Premières Nations et le gouvernement a dégénéré, et qu'il faudra probablement un médiateur. Selon M. Angus, c'est une chose que les dirigeants de la nation crie envisagent actuellement.

L'imposition d'une tierce partie mandatée pour gérer la réserve d'Attawapiskat mise en tutelle par le gouvernement est au coeur de la mésentente entre les deux parties. La chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, a déposé à la mi-décembre une demande d'injonction pour empêcher l'imposition par le gouvernement d'un superviseur externe chargé de surveiller les finances d'Attawapiskat.

De la nouvelle aide pour Attawapiskat

En marge des conflits politiques, un groupe d'intervention tactique de l'Ontario devait quitter Oshawa jeudi pour Attawapiskat. Il apporte avec lui pour 100 000 $ d'approvisionnement d'aide.

Une équipe de bénévoles s'envole pour Attawapiskat, apportant pour 100 000 $ d'approvisionnement

Une équipe d'aide bénévole s'envole pour Attawapiskat avec 100 000 $ d'approvisionnement

Photo : Courtoisie

La réserve de la côte ouest de la Baie James a déclaré l'état d'urgence en octobre dernier; 25 familles y vivent dans des tentes ou des abris de fortune.

L'approvisionnement d'aide inclut 250 systèmes de purification d'eau, des médicaments, 300 ensembles de vêtements chauds et 300 trousses d'hygiène.

L'équipe de bénévoles comprend un agent de police, deux ambulanciers et un technicien de l'eau.

La réserve est toujours en attente de 22 maisons modulaires achetées par le gouvernement provincial, qui seront livrées dès l'ouverture de la route de glace plus tard cet hiver.

Affaires autochtones : des vérifications comptables soulèvent des questions

Deux évaluations internes du gouvernement fédéral publiées récemment concluent à des failles dans le contrôle des fonds injectés par Ottawa pour construire et réparer des infrastructures dans des communautés autochtones. Pourtant, chaque année, Ottawa y consacre environ 1 milliard de dollars.

Les rapports montrent qu'il existe des « gouffres significatifs » dans le contrôle des fonds, et que le système de rapports financiers est plein d'incohérences.

Une première vérification portant sur les infrastructures au sein de réserves (aqueducs, écoles, électricité, routes et services de lutte contre les incendies) a déterminé que les cibles et les normes sont souvent ignorées ou appliquées de façon inconsistante. Par exemple, dans le domaine de l'eau potable et des eaux usées, le ministère a classé de nombreux systèmes à « faible risque ». Or, aucune inspection n'avait été faite sur ces réseaux depuis plus d'un an, révèle l'évaluation.

En juillet, un rapport du vérificateur général du Canada révélait que 39 % des systèmes d'aqueduc et 14 % des systèmes d'égout dans les communautés des Premières Nations présentaient un risque élevé pour la santé. Selon l'évaluation gouvernementale, les responsables du ministère des Affaires autochtones n'ont pu détecter l'étendue du problème parce qu'ils n'ont pas appliqué correctement les systèmes de surveillance qu'ils ont mis en place.

En outre, la seconde vérification s'intéressait au volet du plan d'action économique destiné aux infrastructures des communautés autochtones. Elle conclut que les fonctionnaires fédéraux ont généralement accompli un bon travail, mais qu'ils auraient dû exercer davantage de contrôle afin de surveiller l'utilisation des fonds publics.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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