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Fusion municipale : que reste-t-il du débat entourant le nom de Saguenay?

Saguenay
Radio-Canada

Dix ans après la fusion de Saguenay, le seul endroit au Québec où le débat entourant le choix du nom de la nouvelle ville a été aussi vif, le Mouvement Chicoutimi-Saguenay souhaite toujours éviter la disparition du nom de Chicoutimi.

Encore aujourd'hui, la majorité des citoyens utilisent le nom de leur ancienne ville pour identifier le secteur où ils résident.

En avril 2002, le nom de Saguenay a été choisi par 52,5 % des participants à la consultation populaire pour représenter les sept municipalités formant la ville fusionnée. Le nom de Chicoutimi avait obtenu 47,5 % des appuis.

Le président du Mouvement Chicoutimi-Saguenay, André R. Gauthier, affirme que les résultats ont déboussolé les membres de son organisme. « On était vraiment déçu et on ne pouvait pas comprendre, dit-il. Il y avait tellement une ambiance de déchirure dans cette consultation là. »

Pour le maire Jean Tremblay, le dossier est clos. « Le nom, il faut arrêter de donner de l'importance à tout le monde, mentionne-t-il. Ma femme s'appelle Linda. Elle se serait appelée Marie et je l'aurais marié pareil. »

De son côté, l'anthropologue Serge Bouchard croit que la disparition du nom Chicoutimi, qui signifie en langue innue « la fin des eaux profondes », est une erreur de parcours.

Saguenay

Le nom Chicoutimi aurait fêté ses 350 ans en 2011. Serge Bouchard souhaite son retour. « Les beaux toponymes, on ne devrait pas les faire disparaître comme ça, dit-il. La notion d'esthétique, de sensibilité et d'histoire, ça devrait compter. »

Saguenay est plus populaire à Jonquière qu'à Chicoutimi, mais les Baieriverains sont ceux qui utilisent le plus le nom de Saguenay.

L'ancien maire de La Baie, Réjean Simard, croit qu'il s'agit du meilleur choix. « Ça faisait quand même quelque chose qui facilitait, dans les circonstances, une forme d'unité », souligne-t-il.

Le maire Jean Tremblay admet toutefois que le nom Saguenay sème parfois la confusion, parce qu'il nomme une rivière, un fjord, une région et un boulevard. « Rivière, région, ville, c'est un peu trop, précise le maire. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse? C'est arrivé comme ça. »

Il serait toujours possible de revenir en arrière et de changer le nom de la ville si les élus en faisaient la demande à la Commission de la toponymie du Québec, mais le maire n'a pas l'intention de rouvrir le dossier.

Par ailleurs, Saguenay est la seule ville au Québec à conserver les noms des anciennes municipalités auprès du service de Postes Canada parce que le nom des rues n'a pas été harmonisé.

Des économies?

Le regroupement des municipalités de Chicoutimi, Jonquière, La Baie, Laterrière, Shipshaw, Lac-Kénogami et Canton-Tremblay pour former Saguenay n'a pas rempli ses promesses d'économies, selon les données recueillies par Radio-Canada.

Les sept villes formant Saguenay

Les sept anciennes villes formant Saguenay

Dix ans plus tard, les dépenses de Saguenay ont augmenté de 58 %, soit trois fois plus que l'inflation.

L'économiste Vincent Morin indique que Saguenay se classe légèrement au-dessus de la moyenne québécoise. « Si on parle juste d'un point de vue financier, les fusions municipales, pour moi c'est un match nul, dit-il. Ça n'a pas permis ni grandes économies, ni folles dépenses. »

Le nombre d'élus est passé de 58 à 20, mais leur rémunération n'a pas suivi la même baisse, allant de 1,56 million de dollars à 1,4 million.

Quant au développement économique, plusieurs indicateurs, comme la valeur du patrimoine bâti, démontrent qu'il y a un problème, affirme l'économiste Gilles Bergeron.

« On observe une croissance de 3,7 % à Saguenay et de 66 % dans les autres villes. Ça veut dire que la stratégie de développement économique de Promotion Saguenay, pour moi, ça mérite la note échec », souligne M. Bergeron.

Le rythme de création d'emplois a été beaucoup plus faible qu'ailleurs. Saguenay a également subi une baisse démographique de 10 000 habitants.

Deux améliorations sont à noter à la suite de la fusion, le taux de chômage a baissé et la dette par personne est demeurée peu élevée.

Saguenay–Lac-St-Jean

Affaires municipales