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Palestiniens et Israéliens se retrouvent à la même table, sans parler de paix

Réunion entre représentants palestiniens et israéliens sous l'égide du Quartette.

Les délégués palestinien et israélien, Saëb Erakat Yitzhak Molcho, en réunion avec les représentants du Quartette.

Photo : AFP / Petra

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour la première fois depuis septembre 2010, Israéliens et Palestiniens se sont assis autour de la même table, mardi, en Jordanie. Les discussions n'ont pas permis de relancer le processus de paix entre les deux peuples, mais les négociateurs ont convenu de se retrouver à Amman, la capitale jordanienne, dans les jours prochains.

La rencontre, organisée sous l'égide de la Jordanie, a permis de rassembler les délégués palestinien et israélien, Saëb Erakat et Yitzhak Molcho, qui ont participé à une réunion plénière avec les représentants du Quartette (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU). Ils se sont ensuite réunis bilatéralement en présence du ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Jawdeh.

« La partie palestinienne a présenté un document qui représente sa vision sur les frontières et la sécurité. La partie israélienne l'a reçu, promettant de l'étudier au cours des prochaines semaines », a déclaré le ministre, jugeant « positives » les trois heures et demie de rencontre.

Bien que le sujet n'ait plus été abordé depuis la fin de 2010, la relance du processus de paix ne figurait pas à l'ordre du jour de la réunion. En la matière, les deux parties campent sur leurs positions.

Les conditions préalables palestiniennes refusées par les Israéliens

« L'exigence palestinienne est connue : que les Israéliens acceptent des références précises pour le processus de paix et arrêtent la colonisation, auquel cas nous sommes prêts à reprendre les négociations », a déclaré le jour même le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, « il y a des mesures difficiles que nous pourrions prendre. Mais nous ne les dévoilerons pas maintenant parce qu'elles n'ont pas été finalisées. »

Selon le président palestinien, la réunion de mardi avait toutefois pour but de « faire avancer le processus de paix » et de « rapprocher les points de vue ». Il espère d'ailleurs « des résultats [mardi] ou dans les deux prochains jours pour préparer un terrain favorable à la reprise des négociations ».

Le seul moyen de parvenir à un accord est par la négociation. Il y a une occasion de relancer les négociations. Nous espérons que cela va marcher, mais cela ne dépend pas seulement de nous.

Dan Meridor, vice-premier ministre israélien

Du côté israélien, on estime qu'il s'agit d'un « développement positif. C'est la première fois depuis longtemps que les Palestiniens sont disposés à venir parler avec nous directement sans conditions préalables », s'est ainsi félicité le vice-premier ministre israélien Dan Meridor.

Le bras droit de Benyamin Nétanyahou a prévenu que cette rencontre exploratoire ne constituait pas un retour à la table des négociations. Il a souligné qu'Israël, qui refuse le gel de la colonisation et les bases de discussions réclamées par les Palestiniens, ne dévoilerait ses positions que dans le cadre de discussions directes.

Louanges diplomatiques

Malgré les dénégations des intéressés, les États-Unis ont voulu voir une « évolution positive » dans l'organisation de cette rencontre. « Les résultats que les deux parties disent vouloir ne peuvent être obtenus qu'à la table des négociations », a soutenu le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney.

La nécessité d'une paix durable est plus urgente que jamais. Le statu quo n'est pas tenable et les parties doivent agir avec détermination pour faire avancer la cause de la paix.

Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a quant à lui « félicité » les négociateurs, les encourageant à aller plus loin « pour établir une dynamique vers une paix durable ».

« J'encourage Israël et les Palestiniens à consolider cette première rencontre prometteuse et à continuer à chercher une paix juste, durable et complète au Proche-Orient », a enfin déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui a remercié les autorités jordaniennes d'avoir favorisé ce face à face.

Le Quartette a fixé aux deux parties l'échéance du 26 janvier pour présenter leurs propositions détaillées en vue d'un règlement de paix.

Critiques palestiniennes

La réunion a été critiquée par plusieurs mouvements palestiniens, dont le Hamas qui est au pouvoir dans la bande Gaza. Le mouvement islamiste a qualifié de « farce » et de « temps perdu » cette rencontre qui « dessert les espoirs et les aspirations du peuple palestinien opposé à toute négociation avec l'occupant ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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