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Rio Tinto Alcan : le ministère du Travail envoie des inspecteurs à Alma

Manifestation de travailleurs de l'usine de Rio Tinto Alcan à Alma

Manifestation de travailleurs de l'usine de Rio Tinto Alcan à Alma

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministère du Travail enverra des inspecteurs à l'aluminerie de Rio Tinto Alcan d'Alma, afin d'enquêter sur les allégations du Syndicat des Métallos quant à la présence de briseurs de grève depuis le déclenchement du lock-out.

Les inspecteurs doivent par la suite présenter un rapport à la ministre, au syndicat et à l'employeur.

Plus tôt dans la journée, la direction de Rio Tinto Alcan (RTA) a obtenu une injonction de la Cour supérieure du Québec qui oblige les employés en lock-out de l'usine d'Alma à reculer leurs piquets de grève de 150 mètres.

L'injonction empêche également les travailleurs d'être plus de 20 lors de leur manifestation. Le nombre de manifestants variait entre 100 et 200 à proximité de l'usine au cours des deux derniers jours.

« C'est sûr qu'on sera loin de l'entrée principale. On ne pourra pas vérifier les entrées et les sorties de l'usine. On soupçonne fortement la présence de briseurs de grève à l'usine, qui sont jusqu'à maintenant héliportés », a affirmé le représentant du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma, Dominique Lemieux.

La demande d'injonction de RTA avait été présentée à un juge de la Cour supérieure en soirée lundi. La décision rendue dans la nuit concerne une injonction temporaire, qui entre en vigueur sur-le-champ. RTA tente aussi d'obtenir une injonction permanente, qui doit être examinée par la Cour le 10 janvier.

« On va se conformer à cette injonction, mais on tentera vigoureusement de se faire entendre en Cour le 10 janvier », a poursuivi M. Lemieux.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, une porte-parole de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon, a expliqué que l'entreprise voulait notamment permettre à nouveau aux cadres d'accéder aux installations sans avoir à affronter les syndiqués, qui « manifestent illégalement ».

Une usine fonctionnant au tiers de sa capacité

Par ailleurs, en début de soirée lundi, la direction de l'usine a indiqué dans un communiqué qu'elle fermait 144 nouvelles cuves d'électrolyse, parmi les 432 que compte l'usine. Elles s'ajoutent aux 144 cuves fermées dimanche, ce qui ramène la production au tiers de la capacité de l'usine.

Rio Tinto Alcan a précisé qu'elle maintiendra l'exploitation d'un tiers de la production pendant la durée du conflit de travail.

Selon Mme Gagnon, les 200 cadres qui sont responsables des opérations de l'usine durant le lock-out pourraient même maintenir cette cadence pendant un an, si cela était nécessaire. Une autre réduction de la production n'est donc pas envisagée.

Selon le Syndicat des Métallos, il est difficile de croire que les cadres assurent une partie de la production, comme le prétend la direction. En temps normal, près de 1000 travailleurs et cadres font fonctionner l'usine 24 heures sur 24.

Les travailleurs en lock-out se sont aperçus dimanche que des agents de sécurité sans permis s'étaient mélangés aux autres agents dûment accrédités qui se rendaient à l'usine.

« Il y a des agents de sécurité qui franchissaient la ligne de piquetage tranquillement. Ces gens-là sont régis par la loi sur le bureau de la sécurité privée. Ils ont tous un permis d'agent de sécurité. Mais on s'est aperçu qu'il y avait toujours deux ou trois agents de sécurité qui finalement, par hasard, n'avaient pas leur permis d'agent de sécurité. Donc, nous, on s'assure que ces gens-là ne franchissent pas la ligne de piquetage », explique le représentant syndical des Métallos, Dominic Lemieux.

De plus, des hélicoptères et des motoneiges effectuent un va-et-vient constant et pourraient transporter des cadres d'autres usines ou tout simplement d'autres travailleurs, craint le syndicat.

La porte-parole Claudine Gagnon dément toutes les allégations des Métallos. « Les gens qui opèrent l'usine sont nos cadres de l'usine Alma », soutient-elle.

L'usine de Rio Tinto Alcan à AlmaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usine de Rio Tinto Alcan à Alma

Le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma et la partie patronale ont affirmé qu'aucune séance de négociation n'était prévue pour l'instant. Les pourparlers sont rompus depuis samedi matin, mais les deux parties se disent prêtes à revenir à la table si le médiateur nommé par Québec le demande.

Rappelons que la direction de Rio Tinto Alcan a décrété un lock-out à son aluminerie d'Alma, peu après minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu'expirait la convention collective de ses 780 employés.

Ce conflit de travail pourrait avoir des répercussions majeures sur la région d'Alma. Les industries lourdes sont essentielles à l'économie de cette ville de 30 000 habitants. Le maire d'Alma, Marc Asselin, invite donc les deux parties à faire preuve d'une plus grande ouverture.

Une semaine cruciale, selon le député néo-démocrate Claude Patry

Le député néo-démocrate de Jonquière-Alma, Claude Patry, demande lui aussi aux deux parties de s'asseoir avec le médiateur du gouvernement pour essayer de trouver une solution.

L'ancien président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida souhaite que chaque partie « mette de l'eau dans son vin ». Il craint que le conflit dure plus longtemps, si les discussions n'ont pas lieu au cours des prochains jours.

À son avis, les 200 cadres ne pourront maintenir le travail de production demandé. Selon son expérience, ils « vont s'essouffler ».

Claude Patry estime que le conflit pourrait faire très mal à l'économie de la région.

Avec les informations de Maxime Corneau

Avec les informations de La Presse canadienne

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