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Washington pose une condition avant des pourparlers de paix en Afghanistan

Des talibans afghans en octobre 2006

Des talibans afghans en octobre 2006

Photo : La Presse canadienne / Allauddin Khan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Avant le lancement d'un processus de paix en Afghanistan, les talibans doivent au préalable abandonner la violence, a précisé mardi après-midi la Maison-Blanche, rappelant que ce critère n'a pas changé.

Plus tôt dans la journée, Washington avait semblé faire un premier pas en direction des rebelles, appuyant leur volonté d'ouvrir une antenne politique au Qatar afin d'ouvrir des négociations de paix destinées à mettre fin au conflit avec le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l'OTAN.

« Nous accueillons favorablement tout progrès dans le processus de réconciliation organisé par les Afghans », avait déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. précisant que le département d'État américain était prêt à soutenir cette démarche si elle est acceptée par « toutes les parties ».

« Le président a été très clair sur le fait que nous soutiendrions et participerions aux efforts de réconciliation » inter-afghans, a ajouté le porte-parole lors de son point de presse quotidien, soulignant que « la réconciliation avec les talibans n'aurait lieu que s'ils rompaient avec Al-Qaïda, renonçaient à la violence et respectaient la Constitution afghane ».

La réaction américaine est intervenue quelques heures seulement après l'annonce rendue publique mardi par les talibans, qui réclament également la libération des prisonniers détenus à la base militaire américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba.

« Nous sommes maintenant prêts [...] à avoir un bureau politique à l'étranger afin d'entretenir des relations avec la communauté internationale, et dans ce but, nous avons conclu un premier accord avec le Qatar et des sites sur place », ont indiqué les talibans, dans un texte publié sur le site « Voix du djihad », un de leurs canaux de diffusion habituels.

Première tentative de négociations des talibans

C'est la première fois que les talibans, qui ont jusqu'ici toujours refusé de négocier tant que l'ensemble des soldats de l'OTAN n'auront pas quitté l'Afghanistan, font un pas vers des discussions de paix.

Les pays occidentaux et les autorités afghanes considèrent l'ouverture d'un bureau politique des talibans à l'étranger comme une étape cruciale vers une fin négociée à plus de dix ans de guerre en Afghanistan.

L'insurrection des talibans, qui combattent le gouvernement afghan et ses alliés de l'OTAN depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir fin 2001, a largement gagné du terrain ces dernières années, en dépit de l'envoi de renforts occidentaux.

« La coalition menée par les Américains ne réussira jamais à soumettre les Afghans par la force », affirment les talibans dans ce texte.

La coalition de l'OTAN a commencé l'an dernier à retirer les premières troupes de combat, avec l'objectif d'un retrait total fin 2014.

Une idée avancée par la Turquie et l'Arabie saoudite

L'idée de doter les talibans d'un bureau de liaison dans un pays neutre afin de faciliter d'éventuels pourparlers de paix a été discutée à plusieurs reprises en 2011. La Turquie et l'Arabie saoudite ont été évoquées pour l'accueillir, puis le Qatar.

Le président afghan Hamid Karzaï s'est lui aussi montré ouvert récemment à discuter de paix avec les talibans.

Par ailleurs, les États-Unis auraient repris les négociations de paix avec les talibans et seraient parvenus à un « tournant décisif », selon l'agence Reuters. Dans le cadre de ces pourparlers, les États-Unis envisageraient le transfert de leaders talibans détenus à Guantanamo au gouvernement afghan.

Dans leur communiqué, les talibans se disent prêts à un échange de prisonniers qui inclurait la libération de combattants emprisonnés à Guantanamo. Cette prison a été ouverte après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis pour des hommes considérés comme « combattants illégaux ».

Jay Carney n'a pas répondu formellement à cette demande, affirmant qu'il n'était pas « en mesure de discuter des négociations en cours ou des détenus à titre individuel. Mais notre but de fermer Guantanamo est bien connu et compris de tous », a-t-il ajouté.

Un début d'année meurtrier

Deux attentats-suicides ont fait 12 morts et 28 blessés, mardi à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan. Quatre policiers et quatre enfants figurent parmi les victimes. Dans la dernière attaque, le kamikaze, qui roulait sur une sorte de triporteur, s'est fait exploser dans le centre-ville, selon le général Abdul Razziq, chef de la police de la province de Kandahar.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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