•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Iran effectue de nouveaux tests de missiles

Lancement d'un missile sol-mer de longue portée Ghader

Lancement d'un missile sol-mer de longue portée Ghader près du détroit d'Ormuz, le 2 janvier 2012

Photo : AFP / Ebrahim Noroozi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Téhéran a annoncé avoir testé avec succès deux missiles de longue portée lundi, au dixième et dernier jour de manoeuvres militaires dans la région du détroit d'Ormuz.

« Le missile sol-mer de longue portée Ghader a été testé avec succès pour la première fois », a rapporté l'agence officielle Irna.

Le missile Ghader, d'une portée de 200 km, a été construit par des experts iraniens. « Ghader est un système de missile ultramoderne avec un radar intégré, ultraprécis, dont la portée et le système intelligent antirepérage ont été améliorés par rapport aux générations précédentes », a déclaré l'amiral Mahmoud Moussavi, porte-parole des manoeuvres navales organisées par la marine iranienne dans la région du détroit d'Ormuz.

Bien que l'agence officielle iranienne qualifie le missile Ghader de « longue portée », ce dernier n'a en fait qu'une portée de 200 kilomètres. L'amiral Moussavi a rapporté qu'un missile sol-sol de longue portée Nour avait également été lancé avec succès. Missile surface-surface d'une portée de 200 km, Nour est dérivé du C-802 chinois (120 à 180 km de portée).

L'Iran est situé à environ 225 km des côtes de Bahreïn, royaume dirigé par une dynastie sunnite et port d'attache de la 5e flotte américaine du Golfe. Les côtes israéliennes sont distantes d'un millier de kilomètres de la République islamique, ennemi d'Israël. Le missile iranien doté du plus long rayon d'action, le Sajjil-2, peut couvrir une distance de 2400 km.

Un militaire iranien durant un exercice dans le détroit d'Ormuz.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un militaire iranien durant un exercice dans le détroit d'Ormuz.

Photo : AFP / ALI MOHAMMADI

Les Iraniens préparés à « plusieurs scénarios »

Ces nouveaux tests surviennent au lendemain du tir d'un missile de moyenne portée surface-air appelé Mehrab, arme équipée d'une technologie pour combattre les cibles furtives.

L'Iran effectue des tests militaires dans la région du détroit d'Ormuz depuis le 24 décembre. Téhéran a menacé de fermer ce détroit, où transite environ un tiers du trafic maritime pétrolier mondial, en cas de sanctions internationales contre les exportations pétrolières iraniennes.

D'ailleurs, dimanche, l'amiral Moussavi avait déclaré qu'au dernier jour des manoeuvres, les bâtiments de guerre de la marine allaient « adopter un nouveau dispositif tactique démontrant la capacité de l'Iran à empêcher tout trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s'il le décidait ».

Néanmoins, Téhéran a fait savoir lundi qu'il n'avait pas l'intention de fermer le détroit. « Aucun ordre de fermeture du détroit d'Ormuz n'a été donné. Mais nous sommes préparés à plusieurs scénarios », a indiqué le chef d'état-major de la marine iranienne, l'amiral Habibollah Sayyari, cité par la télévision d'État.

Israël et les États-Unis n'ont pas écarté une action militaire contre l'Iran en cas d'échec de la diplomatie pour résoudre le dossier nucléaire.

Les manoeuvres militaires iraniennes se déroulent sur fond de tensions diplomatiques avec l'Occcident, qui accentue la pression sur le pays, le soupçonnant de développer l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme nucléaire civil. Après huit ans d'enquête sur l'Iran, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a publié un rapport indiquant que le pays avait travaillé à la mise au point d'une arme nucléaire, des allégations rejetées par Téhéran.

Le président américain Barack Obama a annoncé samedi une nouvelle loi, aussitôt dénoncée par Téhéran, sanctionnant les institutions financières qui traitent avec la banque centrale iranienne. D'autre part, le négociateur en chef iranien Saïd Jalili a déclaré samedi être prêt à reprendre les pourparlers avec les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne sur son programme nucléaire.

Un tir de missile effectué par les Iraniens le 1er janvier dans le détroit d'Ormuz.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un tir de missile effectué par les Iraniens le 1er janvier dans le détroit d'Ormuz.

Photo : AFP / EBRAHIM NOROOZI

Un signe de « désarroi », selon Israël

Ehud BarakAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ehud Barak, ministre israélien de la Défense

Photo : Sebastian Scheiner (AP)

De son côté, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a estimé lundi que les manoeuvres militaires de l'Iran dans le détroit d'Ormuz révélaient son désarroi devant les sanctions renforcées imposées par l'Occident.

« Vu leur désarroi, les Iraniens sont en train d'épuiser leurs réserves de menaces pour tenter de dissuader la communauté internationale d'adopter d'autres sanctions », a dit le ministre Barak, affirmant que Téhéran s'inquiétait « des discussions sur d'éventuelles sanctions visant la Banque centrale de l'Iran ».

Je ne pense pas que l'Iran puisse sérieusement envisager de fermer le détroit d'Ormuz, même en cas de sanctions aggravées, car une telle initiative mobiliserait le monde entier contre lui.

Ehud Barak, ministre israélien de la Défense

En outre, Israël a relativisé l'impact militaire des annonces iraniennes en affirmant que les forces de Téhéran ne pouvaient en aucun cas se mesurer à celles des puissances occidentales dans le Golfe. Moshe Yaalon, vice-premier ministre et ministre des Affaires stratégiques, a déclaré sur Radio-Israël qu'on ne pouvait pas parler de « combat à armes égales entre les deux camps ».

La France a quant à elle estimé que les essais iraniens de missiles constituaient « un très mauvais signal adressé à la communauté internationale ».

Nouvelle baisse du rial

Les médias iraniens ont par ailleurs rapporté qu'après l'annonce par Washington de sanctions visant le système financier iranien, le rial a enregistré lundi une nouvelle baisse d'environ 6 % par rapport au dollar en moins de 24 heures.

Lundi, un dollar américain était vendu à 17 000 rials contre 16 050 dimanche, soit une baisse de 5,9 %. Déjà dimanche, jour ouvrable en Iran, le rial avait enregistré une baisse de plus de 5 % face au dollar. Le taux officiel du dollar annoncé par la Banque centrale était lundi de 11 180 rials.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !