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Lock-out à l'usine d'Alma de Rio Tinto Alcan : la production sera affectée

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan manifestent à Alma après que l'entreprise eut décrété un lock-out

Les travailleurs de Rio Tinto Alcan manifestent à Alma après que l'entreprise eut décrété un lock-out.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La direction de Rio Tinto Alcan a décrété un lock-out à son aluminerie d'Alma, peu après minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu'expirait la convention collective de ses 780 employés. La production de l'usine sera amputée du tiers durant l'arrêt de travail.

À minuit, plus de 200 travailleurs ont marché près de deux kilomètres jusqu'à l'usine pour réclamer le droit de travailler, alors qu'ils étaient toujours sans nouvelle de la compagnie. Ils ont été accueillis par une trentaine de gardiens de sécurité et la tension a monté. Deux employés sont d'ailleurs parvenus à traverser la barrière qui avait été dressée avant de se faire arrêter par la sécurité.

Près de 30 minutes plus tard, le représentant du Syndicat des Métallos d'Alma a reçu l'appel de Rio Tinto Alcan, confirmant que l'entreprise décrétait un lock-out. Les travailleurs sont alors immédiatement retournés sur les piquets de grève pour dénoncer cette décision, car ils espéraient toujours la conclusion d'une entente.

Durant l'arrêt de travail, quelque 200 cadres assureront la production des deux tiers de la capacité de l'usine. « Le personnel de Rio Tinto Alcan procédera à la fermeture méthodique de 144 des 432 cuves d'électrolyse et poursuivra l'exploitation de la capacité restante jusqu'à nouvel ordre », a précisé l'entreprise par voie de communiqué.

Rio Tinto Alcan soutient avoir fait tous les efforts possibles pour en arriver à une entente en vue de renouveler la convention collective et déplore le rejet à 88 % de ses dernières offres, vendredi, au terme d'un vote de ses employés.

« Devant l'impossibilité d'en arriver à un règlement - nos positions étaient trop éloignées, tant en matière de plancher d'emploi que de sous-traitance - on n'avait pas d'autre choix que de déclencher un lock-out cette nuit. »

— Une citation de  Claudine Gagnon, porte-parole de Rio Tinto Alcan

Des discussions entamées entre le syndicat et la direction vendredi après-midi dans l'urgence, sous la houlette du médiateur, avaient été rompues samedi en fin de matinée, faute d'avancées.

Les employés avaient entre-temps été expulsés de l'usine dans la nuit de vendredi à samedi par quelque 150 agents de sécurité envoyés par la direction.

Le président du Syndicat des Métallos d'Alma, Marc Maltais, avait alors dénoncé un lock-out déguisé, qui s'est finalement concrétisé dans la nuit de samedi à dimanche, à l'échéance de la convention.

Samedi soir, la pression est montée d'un cran quand des véhicules de travailleurs non syndiqués sont arrivés sur les lieux.

Les négociations, qui ont débuté le 4 octobre dernier, achoppent principalement sur les questions de la sous-traitance et du plancher d'emploi.

L'entreprise avait déjà indiqué qu'elle ne pouvait offrir à ses employés plus que ce qui leur avait déjà été proposé.

Les syndiqués se disent prêts à un long conflit de travail.

« Ce qui se passe aujourd'hui, c'est prévu depuis longue date : l'argent est là. Faut pas douter qu'on est capable de [tenir] le temps que ça prendra. »

— Une citation de  Marc Maltais, président du Syndicat des Métallos d'Alma

Dur coup pour la région

Ce conflit de travail pourrait avoir des répercussions majeures sur la région d'Alma. Les industries lourdes sont essentielles à l'économie de cette ville de 30 000 habitants.

Le maire d'Alma, Marc Asselin, invite donc les deux parties à faire preuve d'une plus grande ouverture.

« Moi, c'est toujours la même affirmation que je dis : parlez-vous et trouvez des solutions, c'est bien certain, parce que c'est un conflit qui risque de faire très mal », a-t-il affirmé dans une entrevue accordée à RDI.

« Rio Tinto Alcan est un gros employeur chez nous. [...] C'est une base économique incontournable pour chez nous, alors c'est sûr que si on arrête la production d'une usine comme celle d'Alma, c'est énorme en retombées économiques qu'on va perdre ici. »

— Une citation de  Marc Asselin, maire d'Alma

M. Asselin se dit tout de même encouragé par le maintien des opérations de l'usine. « Au moment où on se parle, la production n'est pas arrêtée. Ça, c'est bon signe parce qu'une production arrêtée dans une industrie comme celle-là, la technologie est tellement importante, de l'aluminium, ce n'est pas du papier. C'est extrêmement difficile remettre en fonction ces usines-là », a-t-il estimé.

Avec les informations de La Presse canadienne

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