Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Égypte : raid des forces de l'ordre contre 10 ONG

Des soldats égyptiens montent la garde devant une ONG américaine, le US National Democratic Institute, dans le centre-ville du Caire.

Des soldats égyptiens montent la garde devant une ONG américaine, le US National Democratic Institute, dans le centre-ville du Caire.

Photo : AFP / Filippo Monteforte

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des soldats et des policiers égyptiens ont pris d'assaut, jeudi, les bureaux de plusieurs organisations de défense de la démocratie, ciblant particulièrement les groupes critiques des dirigeants militaires du pays.

Parmi les bureaux fouillés par la police figurent ceux d'organisations américaines bien connues comme l'International Republican Institute, qui joue un rôle d'observateur dans les élections législatives en cours. L'organisation a diffusé un communiqué dénonçant le raid, tout comme d'autres groupes et des militants.

Les raids contre dix organisations non gouvernementales (ONG) ont été menés dans le cadre d'une enquête sur les groupes prodémocratie financés depuis l'étranger, a indiqué le ministère égyptien de l'Intérieur. Les autorités militaires qui dirigent le pays ont déjà affirmé que les manifestations en cours au Caire étaient un complot étranger.

Ce coup de force va sans aucun doute jeter de l'huile sur le feu dans le centre du Caire, où les manifestations se poursuivent pour demander aux militaires de céder le pouvoir à une autorité civile.

Le réformateur Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique et lauréat du prix Nobel de la paix en 2005, a dénoncé les raids.

« Les organisations de défense des droits de la personne sont les gardiens d'une liberté naissante. Les efforts pour les asphyxier constituent un revers majeur et auront des conséquences », a écrit M. ElBaradei sur son compte Twitter.

Autre source de colère pour les militants prodémocratie : un tribunal égyptien a acquitté, jeudi, cinq policiers accusés d'avoir tué cinq manifestants et d'en avoir blessé six autres durant le soulèvement de 18 jours qui a mené à la chute d'Hosni Moubarak. Plus de 800 personnes ont été tuées dans les affrontements qui ont commencé le 25 janvier.

La Cour a estimé que trois des accusés ne se trouvaient pas sur les lieux des meurtres et que les deux autres avaient ouvert le feu sur les manifestants en situation de légitime défense.

Lors du soulèvement populaire et depuis la chute de Moubarak, les autorités égyptiennes ont dénoncé des complots étrangers non spécifiés visant à déstabiliser le pays. L'Égypte, comme d'autres pays arabes, a longtemps attribué ses problèmes intérieurs à des saboteurs étrangers.

Les raids menés jeudi contre les ONG sont les premiers du genre depuis la chute de Moubarak. Mais depuis des mois, les autorités militaires accusent ces organisations de servir des intérêts étrangers.

Les lois égyptiennes exigent que les organisations qui reçoivent des fonds de l'étranger obtiennent un permis du ministère de la Coopération internationale. Le ministère est dirigé par Fayza Aboul-Naga, qui a été nommée par Moubarak. Les contrevenants peuvent être condamnés à des peines de prison.

Paradoxalement, l'armée égyptienne reçoit depuis plus de 30 ans quelque 1,3 milliard de dollars américains par année des États-Unis dans le cadre d'une assistance à la sécurité.

Un responsable de la sécurité a déclaré, sous le couvert de l'anonymat, que des accusations d'« influence de l'opinion publique par des moyens non pacifiques » pourraient être portées contre les dix organisations visées par le raid.

Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord chez Amnistie internationale, a déclaré à l'Associated Press que les militaires au pouvoir tentaient d'attaquer les groupes qui ont critiqué leur bilan en matière de droits de la personne.

« Je pense que les militaires tentent de trouver un bouc émissaire », a-t-elle dit. Viser la société civile était une technique utilisée par Moubarak, alors cela rappelle les pires tactiques de l'ère Moubarak. »

Associated Press

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !