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Ottawa critiqué pour son silence sur le transport d'uranium

La centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario.

La centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario (archives).

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des groupes d'opposants au nucléaire et des scientifiques s'inquiètent du manque de transparence d'Ottawa concernant le transport d'uranium enrichi sur le sol canadien. Ils estiment que les autorités devraient davantage communiquer sur le sujet, en informant la population sur la dangerosité des produits en circulation sur les routes.

En 2010, les États-Unis et le Canada ont conclu un accord relatif au traitement des déchets radioactifs. L'uranium « usagé » américain est ainsi recyclé à la centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario, avant d'être réexpédié de l'autre côté de la frontière sous une forme hautement enrichie. Une note confidentielle de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), obtenue par La Presse Canadienne grâce à la Loi sur l'accès à l'information, précise qu'au moins un chargement de combustible enrichi a déjà été renvoyé à l'expéditeur.

Cette note révèle également que la CCSN a conseillé au gouvernement fédéral de ne pas tenir d'audiences publiques sur le sujet, l'objectif étant d'éviter l'opposition du public. L'agence fédérale soulignait que la mobilisation populaire avait dernièrement réussi à bloquer le déplacement de générateurs de vapeur nucléaire proposé par la compagnie Bruce Power. Elle recommandait donc à Ottawa d'être discret.

« Le fait de cacher à la population ce qui se passe montre à quel point cette industrie-là est dangereuse », considère Pierre Jasmin. Le vice-président d'Artistes pour la paix félicite le gouvernement Harper pour ses démarches visant à l'élimination des armes nucléaires sur la planète. Mais, en l'occurrence, il le blâme pour son silence.

Pour la présidente de l'International institute of concern for public health, Marion Odell, les non-dits d'Ottawa sur le transport de produit dangereux constituent une source de frustration. « Ils essaient de protéger l'industrie », affirme-t-elle.

Selon Norman Rubin, qui est directeur de la recherche nucléaire chez Energy Probe, un institut opposé à l'énergie atomique, le gouvernement se trouve dans une position délicate. L'uranium enrichi sortant de Chalk River pourrait en effet susciter la convoitise de groupes terroristes. « Le secret peut se justifier ici par les risques, estime le chercheur. Mais, de l'autre côté, le gouvernement transporte des produits dangereux à travers plusieurs zones habitées. »

Le gouvernement se veut rassurant

Le ministère des Ressources naturelles répond que la CCSN n'approuverait pas le transport si elle jugeait que la sécurité des Canadiens était compromise. En revanche, le gouvernement ne nie pas que cet uranium enrichi puisse servir à la fabrication d'une arme nucléaire.

Une éventualité confirmée par le professeur de physique nucléaire Michel Duguay. « C'est de l'uranium 235 », c'est-à-dire « un uranium enrichi juste au bon niveau pour la fabrication d'une arme ». Les cargaisons discrètement expédiées depuis Chalk River contiendraient suffisamment d'uranium pour fabriquer plusieurs ogives nucléaires de la puissance de la bombe Hiroshima.

Le gouvernement le sait parfaitement, et le bureau du ministre des Ressources naturelles explique justement que la discrétion est nécessaire pour éviter que ce matériel ne tombe entre des mains mal intentionnées.

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Ontario