•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fukushima : TEPCO et les autorités japonaises montrées du doigt

Le premier ministre japonais Yoshihiko Noda reçoit le rapport d'experts de la commission chargée d'enquêter sur l'accident nucléaire à la centrale Fukushima.
Le premier ministre japonais Yoshihiko Noda reçoit le rapport d'experts de la commission chargée d'enquêter sur l'accident nucléaire à la centrale Fukushima. Photo: AFP / SHIZUO KAMBAYASHI
Radio-Canada

Un rapport d'experts publié lundi met en cause le manque de préparation et d'organisation du gouvernement japonais et de l'exploitant de la centrale Fukushima-Daiichi dans leur gestion de la crise nucléaire provoquée par le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars dernier.

Il y a eu un problème majeur dans la préparation aux catastrophes nucléaires.

Extrait du rapport d'experts

Selon les experts de la commission d'enquête, présidée par Yotaro Hatamura et mandatée par le gouvernement, les autorités japonaises ont tenté d'échapper à leurs responsabilités en affirmant que le raz-de-marée dépassait toutes les prévisions. « [Cet accident] nous a appris une leçon importante, c'est qu'il faut être prêt pour l'inimaginable », peut-on lire dans le document.

Le gouvernement aurait sous-estimé les risques de tsunami en tablant sur des vagues ne dépassant pas six mètres de hauteur. Lorsqu'elles ont frappé de plein fouet les côtes du nord-est du Japon, le 11 mars, elles mesuraient en fait plus du double à certains endroits.

La série d'accidents nucléaires provoquée par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon le 11 mars 2011 est considérée comme l'une des pires que l'histoire a connues.

Une vague gigantesque déferle sur une zone résidentielle de la ville de Miyagi.Une vague gigantesque déferle sur une zone résidentielle de la ville de Miyagi. Photo : PC / Kyodo News

L'exploitant de la centrale blâmé

Le rapport blâme également l'exploitant de la centrale nucléaire, Tokyo Electric Power (TEPCO), pour avoir mal évalué la probabilité d'un tsunami de cette envergure et pour ne pas avoir pris les dispositions nécessaires.

En 2008, TEPCO avait simulé un tsunami de plus de 15 m de haut, dont les vagues atteignaient la centrale Fukushima. Aucune initiative n'a toutefois été prise par la suite, car ils ont jugé peu probable qu'une telle catastrophe ne survienne, précisent les experts.

« L'organisme de régulation nucléaire du gouvernement n'a pas demandé à TEPCO de prendre des mesures précises, par exemple d'effectuer des travaux supplémentaires, après avoir reçu des études par simulation de TEPCO en 2008 et début 2011 concernant l'impact des tsunamis sur ses installations », déplore la commission, accusant du même coup l'inaction des autorités japonaises.

Le rapport accuse aussi TEPCO de ne pas avoir formé ses techniciens de façon à affronter la situation de façon adéquate. Le tsunami, provoqué après qu'un séisme de magnitude 9 eut ébranlé les côtes, a engendré une panne des systèmes de refroidissement de la centrale. Le combustible nucléaire a alors fondu dans trois réacteurs, provoquant le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl en 1986.

La salle de contrôle du réacteur 2 de la centrale nucléaire de FukushimaLa salle de contrôle du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Photo : AFP / Tepco via Jiji Press

« TEPCO ne s'attendait pas à une situation dans laquelle toutes les sources électriques seraient simultanément interrompues dans plusieurs réacteurs à cause d'un désastre naturel, et elle n'a pas formé ses équipes pour répondre à ces circonstances », précise le rapport, ajoutant que l'exploitant a commis des erreurs concernant les systèmes de refroidissement des réacteurs numéro 1 et 3.

Si les techniciens avaient commencé à y injecter de l'eau plus tôt pour relâcher la pression dans les réacteurs, ils auraient pu limiter le rejet de substances radioactives, soutient le rapport.

Les experts déplorent une mauvaise communication, tant entre les techniciens qu'entre les autorités. Ces dernières ont d'ailleurs rapidement été blâmées pour avoir tardé à révéler la gravité de la situation et à évacuer les zones touchées.

Le rapport d'étape compte plus de 507 pages et s'appuie sur des entretiens avec 456 personnes impliquées. La version définitive sera publiée à l'été 2012. Le groupe de 12 experts comprend des sismologues, d'anciens diplomates et des magistrats.

Vers une stabilisation du site

Neuf mois après la crise nucléaire, le gouvernement a annoncé le 16 décembre dernier que les réacteurs de la centrale ont atteint un niveau stable de fermeture à froid et ne provoquent plus de fuite de radiation, marquant une étape importante pour la stabilisation du site. Il s'agit d'ailleurs d'une condition préalable au retour éventuel des 80 000 habitants évacués dans un rayon de 20 km autour de la centrale.

Il faudra tout de même au moins 40 ans pour démanteler la centrale nucléaire accidentée et nettoyer le site, selon le calendrier prévisionnel des travaux présenté la semaine dernière par le gouvernement japonais.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Incidents et catastrophes naturelles

International