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Explosions meurtrières dans des églises du Nigeria

Après l'explosion près de l'église à Abuja
Après l'explosion près de l'église à Abuja Photo: AFP

Le Nigeria a été secoué dimanche par une série d'attentats qui ont visé des églises catholiques. Le dernier bilan communiqué par les autorités fait état de 40 morts, dont un kamikaze, et d'une cinquantaine de blessés.

La secte islamiste Boko Haram a rapidement revendiqué les attentats. « Nous sommes responsables de toutes les attaques de ces derniers jours. [...] Nous continuerons à lancer de telles attaques dans le nord du pays dans les prochains jours », a déclaré le porte-parole du groupe, Abul Qaqa, cité par l'Agence France-Presse.

En réponse, les autorités nigérianes ont aussitôt condamné ces attentats. Le président Goodluck Jonathan a affirmé dans un communiqué que « ces actes de violence contre des citoyens innocents » constituaient « un affront injustifié à notre sécurité et à notre liberté collectives ». Il a également promis que les auteurs des attaques seraient déférés devant la justice.

« C'est comme si une guerre interne avait été lancée contre le pays. Nous devons vraiment être à la hauteur et faire face », a pour sa part déclaré le ministre chargé de la police, Caleb Olubolade, qui s'est rendu sur les lieux d'une des explosions.

Succession d'explosions

Une première explosion a eu lieu à l'église catholique Sainte-Theresa-de Madalla, près de la capitale Abuja. « Ce que nous, responsables de l'église, avons compté, c'est qu'il y a eu 30 morts ici », a déclaré à l'AFP un responsable de l'église, Francis Aniezue.

Une autre explosion est survenue dans une église de la ville de Gadaka, faisant de nombreux blessés. Cette région du nord-est du pays avait été le théâtre d'affrontements entre les forces de sécurité et des militants de la secte Boko Haram au cours des derniers jours.

Quand la messe s'est terminée, nous sommes tous sortis. Je venais de passer devant l'église quand j'ai entendu une explosion. Un bruit très fort. Tout a tremblé. Quand je me suis retourné pour voir ce qui s'était passé, il était difficile de voir quoi que ce soit. Tout était sombre, il y avait un feu, les gens couraient dans tous les sens.

Benjamin Ekwegbali, un témoin

Un troisième attentat a eu lieu près d'une église de la ville de Jos, dans le centre du Nigeria, où au moins une personne a perdu la vie.

« Un policier qui surveillait l'église a été tué et trois véhicules ont brûlé [...] Un mur de l'église a été détruit », a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouverneur de l'État du Plateau, Pam Ayuba. Les assaillants ont tiré plusieurs coups de feu, avant de prendre la fuite. L'un d'entre eux a toutefois été arrêté, a précisé M. Ayuba.

Trois policiers et un kamikaze sont morts dans un autre attentat survenu à Damaturu, dans le nord-est du pays, a indiqué la police.

Des attaques prévisibles et prévues

Ces attaques surviennent après deux jours d'affrontements, jeudi et vendredi, entre des membres de Boko Haram et les forces de l'ordre dans le nord-est du pays. Ces combats auraient fait près de cent morts.

Elles font également suite à des tracts qui avaient été distribués à la mi-décembre et qui menaçaient d'attentats contre les églises et d'autres lieux à Jos. Ils énuméraient 21 cibles et leur auteur, qui affirmait parler au nom de la « population musulmane de l'État du Plateau », dont Jos est la capitale.

Jos, située au carrefour entre le nord du Nigeria, majoritairement musulman, et le sud du pays, à dominante chrétienne, est régulièrement le théâtre de violences à caractère ethnique, religieux et économique. En décembre 2010, la ville avait d'ailleurs été secouée par des attentats revendiqués par la secte islamiste Boko Haram. Ces attaques, et les représailles qui ont suivi, avaient fait quelque 80 morts.

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en haoussa, langue parlée dans le nord du pays. La secte souhaite instaurer un État islamique au Nigeria. Selon des organisations de défense des droits de l'homme, Boko Haram serait responsable de la mort de plus de 250 personnes depuis juillet 2010.

Un concert de condamnations

Le Vatican a été le premier à réagir et à s'indigner contre ces attaques, « fruit d'une haine aveugle et absurde, qui n'a aucun respect pour la vie humaine ».

À Washington, la Maison-Blanche a dénoncé dans un communiqué « la violence gratuite et les morts tragiques le jour de Noël ». « Nous sommes en contact avec les responsables nigérians », précise la présidence américaine, tout en promettant son aide pour poursuivre en justice les auteurs des attentats.

Le président français Nicolas Sarkozy et le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, ont également condamné ces attaques « avec la plus grande fermeté », tout comme qu'Israël qui va fournir une aide médicale pour les blessés,

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a lui souligné que, « même le jour de Noël, le monde n'est pas épargné par la lâcheté et la peur du terrorisme ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International