•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'avenir du bureau fédéral de traduction compromis?

Le siège du Bureau de la traduction à Gatineau
Le siège du Bureau de la traduction à Gatineau

Un consultant a été retenu par le gouvernement fédéral pour déterminer des économies potentielles au sein du Bureau de la traduction, ce qui inquiète les employés de l'agence fédérale.

Selon un document obtenu par Radio-Canada, la firme de consultants Kelly Sears a été choisie « pour identifier des opportunités et des économies potentielles » au sein du bureau. Pour le gouvernement, ce contrat de 225 000 $ vise à trouver des façons de simplifier le travail.

La nature des actions qui pourraient découler de cet examen est pour l'instant inconnue, mais plusieurs se demandent ce qu'il adviendra de l'institution qui, depuis 1934, est responsable de la plupart des traductions officielles du gouvernement fédéral, et dont l'expertise est reconnue mondialement.

« À mon avis, ça peut aller de tout à rien, c'est-à-dire du statu quo jusqu'à la disparition pure et simple du bureau », estime le président de l'Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec, François Abraham.

Perte de qualité redoutée

Certains pensent qu'un plus grand recours aux firmes privées, qui traduisent déjà plusieurs documents d'agences et de ministères fédéraux, pourrait être envisagé.

Claude Poirier, président de l'Association canadienne des employés professionnels, craint une diminution de la qualité des traductions en cas de compressions au bureau. « On imagine ce qui s'est passé dans le domaine de la construction au Québec, où on s'est retrouvé avec une perte d'expertise à l'interne au profit des cabinets d'experts-conseils de génie privés », note M. Poirier.

Même certains patrons de firmes privées souhaitent la survie du bureau, ne serait-ce que pour maintenir les bases de données, les normes ou les services hautement spécialisés qu'il fournit. Le bureau est notamment à l'origine de la banque de données terminologiques et linguistiques Termium, un outil de traduction et d'aide à la rédaction en ligne.

« J'ai eu l'occasion d'aller en France dernièrement, et les gens savent très bien ce que l'on fait ici : d'ailleurs, j'ai été surpris de voir à quel point les traducteurs à l'étranger utilisent les bases de données qui ont été créées ici, comme Termium », souligne François Abraham.

Le Bureau de la traduction compte environ 1800 employés, dont 1200 traducteurs, interprètes et terminologues professionnels. Son siège est situé à Gatineau, et l'on retrouve quelque 60 points de service partout au pays.

Le bureau fournit des produits et des services de traduction, d'interprétation et de terminologie au Parlement, aux tribunaux, aux ministères, ainsi qu'aux organismes fédéraux. Il peut fournir ces services, sur demande, à d'autres administrations publiques du Canada et à des organismes internationaux.

Source : site web du Bureau de la traduction

D'après un reportage de Daniel Thibeault

Politique fédérale

Politique