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L'Europe renfloue les caisses du FMI avec 150 M$

Euros
Radio-Canada

Réunis lundi en conférence téléphonique en vue de bâtir un pare-feu plus solide contre la crise de la dette qui sévit dans la zone euro, les ministres des Finances européens se sont entendus pour accorder 150 milliards au Fonds monétaire international (FMI).

Le FMI « est tout l'objectif de la réunion », a déclaré la ministre française du Budget, Valérie Pécresse, expliquant que « seul le FMI a la compétence pour mettre en place des plans de redressement des finances publiques et contrôler ces plans de redressement ».

La Grande-Bretagne a maintenu lundi son refus de délier les cordons de sa bourse pour la seule zone euro. Elle est prête en revanche à envisager une nouvelle contribution au FMI dans le cadre d'un effort international très large incluant les pays du G20.

Lors du sommet des 8 et 9 décembre à Bruxelles, les dirigeants européens, sauf la Grande-Bretagne, s'étaient entendus pour renflouer le FMI, afin qu'à son tour l'institution vienne en aide aux pays en difficulté de l'union monétaire. Peu de pays avaient cependant fait savoir à quel montant se fixerait leur contribution.

L'Union européenne a lancé aussi un appel au reste du monde pour contribuer aux caisses du FMI. « L'Union européenne apprécierait que les membres du G20 ainsi que d'autres pays membres du FMI financièrement solides soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI », a indiqué le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker dans un communiqué.

La conférence téléphonique a également permis d'évoquer le Mécanisme européen de stabilité (MES), le dispositif appelé à entrer en vigueur mi-2012 et à remplacer définitivement un an plus tard l'actuel Fonds de sauvetage temporaire de la zone euro.

La réunion a permis de lever les inquiétudes exprimées par les Finlandais concernant la possibilité qu'au sein du MES, certaines décisions soient prises à la majorité qualifiée de 85%, cela pour rendre le fonds plus efficace et réactif. Une déclaration devrait préciser dans quelles conditions cette majorité s'appliquera. À l'image d'autres petits pays, la Finlande craignait d'être marginalisée.

En revanche, les ministres n'ont pas discuté du rythme auquel serait versé le capital de départ du MES. M. Juncker a plaidé pour un seul versement afin d'« éviter de donner une mauvaise impression aux marchés », mais l'Allemagne est favorable à plusieurs versements.

Le MES devrait atteindre progressivement une capacité de prêt de 500 milliards d'euros et être doté à cet effet d'un capital de départ de 80 milliards d'euros.

Mise en garde de la Banque centrale européenne

Le président de la Banque centrale européenne, Mario DraghiLe président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi (archives) Photo : AFP / DANIEL ROLAND

Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle a de nouveau prévenu les dirigeants de zone euro qu'ils ne devraient pas trop se reposer sur elle.

Son président, Mario Draghi, rappelle plutôt que les traités européens interdisent à l'institution de Francfort de financer directement les déficits des États membres en faisant des achats très massifs d'obligations de ces États sur les marchés. Il souligne que son programme de rachat d'obligations publiques sur le marché secondaire n'est ni « éternel, ni infini ».

Pour M. Draghi, « l'important est de rétablir la confiance des gens, des citoyens comme des investisseurs, dans notre continent. Nous n'y arriverons pas en détruisant la crédibilité de la BCE ».

M. Draghi affirme que la BCE joue en revanche son rôle en prêtant aux banques autant qu'elles en ont besoin et à taux fixe, afin d'éviter qu'elles soient à court de liquidités et que cela n'affecte leur politique de prêts à l'économie réelle.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Économie