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Point final à la guerre américaine en Irak

Des oiseaux perchés sur des barbelés à la base Adder, la dernière à avoir été transférée par les Américains à l'Irak

Des oiseaux perchés sur des barbelés à la base Adder, la dernière à avoir été transférée par les Américains à l'Irak

Photo : AFP / Lucas Jackson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les États-Unis ont achevé dimanche le retrait de leurs troupes d'Irak, tournant la page sur près de neuf ans d'occupation après l'invasion qui aura provoqué la chute de Saddam Hussein. Le dernier convoi américain a traversé la frontière à l'aube, laissant le pays en pleine crise politique.

En mars 2003, les forces américaines avaient déclenché l'opération Iraqi Freedom sans l'aval de l'ONU sur la foi de la présence d'armes de destruction massive qui se sont révélées inexistantes. Cette guerre, dans laquelle le Pentagone a investi 770 milliards de dollars, a coûté la vie à près de 4500 Américains et des dizaines de milliers d'Irakiens.

Les forces américaines, qui avait déployé jusqu'à 170 000 militaires au plus fort de la lutte contre l'insurrection, ont transféré vendredi à l'Irak la dernière de leurs 505 bases. Elles ne laissent au pays qu'une poignée de soldats pour entraîner l'armée irakienne et un contingent de Marines chargés de protéger l'ambassade.

Une centaine de véhicules transportant quelque 500 hommes ont pris la route durant la nuit, traversant le désert du sud irakien pour atteindre le Koweït.

« C'est bien que tout cela touche à sa fin. J'étais là quand ça a commencé, a dit le sergent Christian Schultz juste avant de quitter la base Adder, 300 km au sud de Bagdad. J'ai vu beaucoup de changements positifs, beaucoup de progrès et beaucoup de mauvaises choses aussi. »

« Une grande partie de moi-même est heureuse de partir. J'ai passé 31 mois dans ce pays », a pour sa part affirmé le sergent Steven Schirmer. C'est comme si je pouvais avoir une vie maintenant, même si je sais que je vais probablement aller en Afghanistan en 2013. Quand ces guerres seront finies, je me demande bien ce que je vais faire. »

La crise politique s'aggrave

Avec ce retrait, le président Barack Obama respecte sa promesse électorale de mettre fin au conflit hérité de George W. Bush qui a porté atteinte à l'image des États-Unis, mais abandonne à son sort un Irak en crise.

La coalition laïque Iraqiya de l'ancien premier ministre Iyad Allaoui a décidé de ne plus participer aux travaux du Parlement depuis samedi, dénonçant « l'exercice solitaire du pouvoir » du premier ministre Nouri al-Maliki. Avec 82 députés, Iraqiya est le second groupe parlementaire derrière l'Alliance nationale, une coalition de partis religieux chiites qui détient 159 sièges.

Qui plus est, les Irakiens peinent toujours à avoir accès aux services de base, comme l'électricité et l'eau potable, en dépit du fait le pétrole rapporte au pays 7 milliards de dollars par mois.

À Bagdad, certains citoyens interrogés dimanche se disaient toutefois satisfaits du départ des Américains. « Je suis fier comme chaque Irakien doit l'être, a déclaré Safa, un boulanger de 26 ans. Les États-Unis ont renversé Saddam Hussein, mais notre vie depuis s'est dégradée. »

Les 900 000 hommes des forces irakiennes disposeront désormais de la lourde responsabilité d'assumer seuls la sécurité. Ils devront continuer à lutter contre les insurgés et empêcher que n'éclate de nouveau une guerre entre chiites et sunnites. Le dernier conflit confessionnel a fait des dizaines de milliers de morts en 2006 et 2007.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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