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Ottawa compte réduire le financement des logements sur les réserves, selon des documents

Lee Kamalatisit, résidente d'Attawapiskat, et sa fille de deux mois, dans leur maison, samedi

Lee Kamalatisit, résidente d'Attawapiskat, et sa fille de deux mois, dans leur maison, samedi

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Le ministère canadien des Affaires autochtones prévoit réduire, au cours des quatre prochaines années, le financement alloué au logement dans les communautés des Premières Nations, selon des documents gouvernementaux présentés à la Chambre des communes, à Ottawa.

Les documents ministériels, exigés par la porte-parole libérale en matière autochtone, Carolyn Bennett, montrent que le gouvernement prévoit dépenser en moyenne 146 millions de dollars par année pendant quatre ans pour le logement sur les réserves. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'enveloppe de 255 millions en 2006-2007, de même que les montants de 200 et de 219 millions dépensés en 2009 et en 2010.

Toutefois, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), qui administre des fonds distincts pour les réserves, devrait augmenter graduellement les subventions accordées à la construction et la rénovation de maisons au cours des prochaines années.

Les chefs autochtones déplorent cependant qu'au final, les fonds reçus sont relativement inchangés et peu fiables, et ce, malgré des coûts croissants et une augmentation rapide de leur population.

Le grand chef de la nation Nishnawbe Aski du nord de l'Ontario, Stan Beardy, a souligné que les autochtones tentaient de tirer le meilleur de ce qu'ils recevaient, mais que le niveau de financement demeurait inchangé d'une année à l'autre.

Le gouvernement conservateur a de son côté argué que l'argent alloué au logement n'avait pas manqué ces dernières années et que la somme continuerait à être versée au même rythme qu'à l'habitude.

Une note accompagnant les documents insiste sur le fait que les fonds de base pour le logement ne sont pas en baisse. La porte-parole ministérielle Geneviève Guibert dit que la baisse des montants annuels correspond à la fin des programmes de suppléments mis en place par le gouvernement libéral précédent puis par le gouvernement conservateur grâce à son plan de relance.

L'Assemblée des Premières Nations affirme que le retard accusé par le logement dans les réserves se chiffre à quelque 80 000 unités.

Propriété dans les réserves

Par ailleurs, le gouvernement Harper serait ouvert à la possibilité de permettre aux Autochtones qui vivent dans des réserves de devenir propriétaires de leur maison. L'idée a été présentée dans un rapport prébudgétaire du comité des Communes sur les finances juste avant l'ajournement des travaux parlementaires pour les Fêtes.

Il s'agirait d'un changement fondamental, qui pourrait, selon certains députés, améliorer considérablement la vie de ces autochtones en leur permettant d'accumuler des biens et du capital.

Les leaders autochtones sont cependant majoritairement contre le principe de la propriété privée dans les réserves qui, selon eux, pourrait mettre en danger les prérogatives des conseils de bande.

De plus, les propriétés détenues par les Autochtones pourraient être saisies par les banques advenant des défauts de paiement, ce qui risquerait de morceler les réserves.

Attawapiskat

L'aide d'urgence arrive à la réserve d'Attawapiskat, samedi.

L'aide d'urgence arrive à la réserve d'Attawapiskat, samedi.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Samedi, la communauté autochtone d'Attawapiskat, dans le Grand Nord de l'Ontario, mettait les bouchées doubles pour répartir le matériel d'urgence envoyé en pleine crise du logement.

Ottawa et Attawapiskat se sont déjà entendus sur la façon la plus efficace d'assurer la livraison de l'aide d'urgence, la rénovation d'abris en vue de l'hiver et l'assemblage de 22 maisons modulaires pour des familles vivant pour l'heure dans des installations précaires.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, s'est rendu dans la réserve, accompagné de Carolyn Bennett, afin de constater les conditions dans lesquelles vivent les résidents de la communauté.

La chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, de même que des membres du conseil de bande, ont escorté le duo sur des chantiers de construction destinés à une nouvelle école primaire et à plusieurs nouvelles maisons.

M. Rae a notamment souligné qu'Attawapiskat n'était pas la seule communauté à être confrontée à un problème criant de manque de logements.

« C'est un problème politique qui est aussi médiatique. Il y a des moments de crise où tout le monde vient et se concentre sur cette situation. Mais la situation ne sera pas résolue à moins d'un changement complet de la part du gouvernement fédéral. Il faut arrêter toute une structure coloniale qui ne marche plus », a dit M. Rae.

Au sujet de la baisse prévue du financement au logement de la part du ministère des Affaires autochtones, dont les documents déposés en Chambre font état, M. Rae a affirmé que « c'est une décision abominable du gouvernement fédéral, quand on voit comment la situation se détériore à travers le pays ».

Une situation critique

Même si Ottawa et la réserve d'Attawapiskat se sont entendus sur la livraison des maisons mobiles, le ministère des Affaires autochtones et la chef Spence restent toutefois à couteaux tirés quand vient le temps de déterminer qui doit gérer les finances de la réserve.

Le gouvernement fédéral a mis la réserve sous tutelle il y a deux semaines et a confié son administration à un tiers, une mesure qui coûtera 1300 $ par jour au conseil de bande.

À la suite de sa rencontre avec le ministre fédéral des Affaires autochtones jeudi, Theresa Spence a déposé une demande d'injonction pour empêcher l'imposition d'un superviseur.

Le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, a réagi à cette menace de la chef Spence d'utiliser les tribunaux, disant qu'il serait prêt à abolir la mesure concernant le superviseur financier. Il a indiqué toutefois qu'il maintiendrait la mise sous tutelle de la réserve crie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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