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De l'arbre de Noël au billet vert

Les traditions de Noël
Isabelle Maltais

Selon Statistique Canada, les recettes provenant de la vente d'arbres de Noël ont chuté de 16 % entre 2000 et 2010 au Canada, pour se situer à 56,6 millions de dollars. Mais les producteurs interrogés par Radio-Canada font entendre un autre son de cloche.

Trois producteurs de sapins québécois affirment en fait avoir vu croître leurs ventes dans les dernières années.

Pour Marquis Goupil, de Terrassement Goupil, l'un des plus gros producteurs d'arbres de Noël de la région de Québec, les préoccupations écologiques pourraient expliquer l'intérêt accru pour les sapins naturels.

« Les gens sont de plus en plus préoccupés par le vert. Ils retombent de plus en plus aux sapins naturels, explique-t-il. Je n'arrête pas de dire qu'un sapin artificiel prend 65 ans à se décomposer en une pinte d'huile, alors qu'un sapin naturel prend un an pour devenir une pelletée de compost ».

Si les producteurs ne notent pas de diminution dans leurs ventes, ils s'entendent toutefois pour dire que les exportations vers les États-Unis ont baissé ces dernières années.

« Avant, je vendais aux États-Unis, mais j'ai cessé ça, et je suis bien content de ma décision. C'est plus payant de vendre aux États-Unis, un sapin vendu 45 $ ici coûte 90 $ là-bas, mais il vaut mieux des clients fidèles que des clients payants », souligne M. Goupil.

De son côté, Éric Mailhot, des Plantations Pierre Mailhot et fils, affirme que s'il vendait auparavant 98 % de ses arbres de Noël au sud de la frontière, cette proportion n'est plus maintenant que de 50 %.

« Ça ne vaut plus la peine. Avec le transport qui a augmenté, on ne s'en tire pas à moins de 2000 $ par cargaison », lance-t-il.

Des profits?

SapinsCes sapins prendrons la route des Caraïbes et de l'Amérique du Sud. Photo : Bernard Laroche

Les producteurs de sapins de Noël s'entendent aussi pour dire que s'ils font des profits, ils ne sont cependant pas faramineux. Selon Jonathan Fecteau, superviseur au service à la clientèle chez Arbre joyeux Inc., une entreprise qui vend entre 200 000 et 220 000 sapins par année, la vente d'arbres de Noël rapporte de minimes profits. M. Fecteau affirme que son entreprise va bien, car elle a une clientèle fiable, mais il rappelle que la culture de sapins demande des années.

« Ça prend 15 ans pour qu'un sapin passe d'une graine à un arbre de 6 à 8 pieds », mentionne-t-il.

« C'est assuré qu'on fait des profits. Mais ce n'est pas la grosse fortune. On essaie de faire un profit de 10 $ par arbre. Mais depuis les cinq dernières semaines, ma plus petite semaine a été de 88 heures. Le sapin ne se vend pas assez cher en réalité au Québec », dit de son côté Marquis Goupil.

Malgré la mince marge de profits qu'ils déclarent dégager de la vente de leurs arbres, les producteurs d'arbres de Noël semblent satisfaits de leur sort. Les arbres de Noël naturels trôneront donc encore longtemps dans les salons.

Un texte d'Isabelle Maltais

Consommation

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