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Bécancour : le comité sur le gaz de schiste reçu avec originalité par les opposants

Serge Fortier, un opposant aux gaz de schistes, propose aux membres du comité de manger un champignon contre de l’argent, sans leur dire s’il est vénéneux ou comestible.

Serge Fortier, un opposant aux gaz de schistes, propose aux membres du comité de manger un champignon contre de l’argent, sans leur dire s’il est vénéneux ou comestible.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La soirée d'information et d'échange du Comité de l'évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste a tenu sa dernière réunion jeudi soir, à Bécancour. Environ 250 personnes se sont réunies dans la salle pour participer aux discussions.

Les opposants avaient annoncé plus tôt qu'ils ne respecteraient pas nécessairement le décorum. Ils ont d'ailleurs fait preuve d'originalité dans leur manière d'exprimer leurs critiques. Un groupe d'opposants a notamment chanté son mécontentement au comité.

Dans une autre intervention, le militant et porte-parole du Comité interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent, Serge Fortier, a présenté un champignon aux membres du Comité, refusant de dire s'il était vénéneux ou pas. Il leur a ensuite proposé de le manger, en leur offrant des billets de banque qu'ils présentaient comme des redevances, comparant le champignon aux projets d'exploitation de gaz de schiste.

Les opposants au gaz de schiste ont aussi présenté les résultats de ce qu'ils nomment l'opération « Vous n'entrerez pas chez nous », soit des contrats qu'ils ont fait signer à des propriétaires de terrains pour qu'ils se prononcent contre l'exploitation du gaz de schiste sur leur propriété.

La moitié des puits de gaz de schiste actuels se trouvent dans la région de Bécancour. C'est aussi là que l'on trouve le plus grand nombre de comités d'opposants. Le maire de Bécancour, Maurice Richard, soutient leur cause.

Plus tôt cette semaine, le Comité de l'évaluation environnementale stratégique sur les gaz de schiste a tenu des séances à Longueuil, à Saint-Flavien, dans Chaudière-Appalaches et à Saint-Hyacinthe. Au cours de ces séances, plusieurs citoyens ont demandé le retrait d'un membre du comité qui travaille pour l'entreprise Talisman Energy. Ils estiment que les compagnies gazières ont déjà suffisamment d'influence sur le gouvernement. La géologue de Talisman Energy, Marie-Anne Molgat, dit pour sa part qu'elle ne représente pas l'industrie et que sa participation au comité à titre d'experte est donc légitime.

Les opposants accusent par ailleurs le gouvernement de leur proposer une mascarade avec ces comités, pour rendre l'exploitation du gaz de schiste socialement acceptable.

« On est frustrés de voir que le gouvernement continue de rire de nous dans des manigances de comité, pour faire comme un paravent pour calmer le jeu, alors qu'en arrière, il continue à mener son projet de front. »

— Une citation de  Serge Fortier, porte-parole du Comité interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent

Comité de l'ÉES

Le Comité de l'évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur le gaz de schiste a été créé le 12 mai dernier par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, à la suite d'une recommandation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Le BAPE avait fait cette recommandation dans son rapport sur le développement de l'industrie des gaz de schiste au Québec, rendu public en mars dernier.

Les rencontres visent à « bonifier » le plan de réalisation de l'ÉES, rendu public en octobre, « en fonction des commentaires et des préoccupations des citoyens », peut-on lire dans un communiqué du Comité de l'ÉES. Une consultation en ligne est aussi menée sur le site web du Comité, au www.ees-gazdeschiste.gouv.qc.ca (Nouvelle fenêtre). Elle a récemment été prolongée jusqu'au 15 janvier.

Le mandat du Comité, qui a débuté le 26 mai 2011 et est d'une durée d'environ deux ans, est de préparer un plan de réalisation comportant cinq volets :

  • L'évaluation des enjeux environnementaux;
  • L'évaluation des enjeux sociaux;
  • L'évaluation de la pertinence socioéconomique de l'exploitation de la ressource gazière;
  • L'examen de la réglementation encadrant les projets d'exploration et d'exploitation gazières;
  • L'évaluation de la pertinence de la mise sur pied d'observatoires scientifiques et la détermination de mécanismes de suivi appropriés.

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