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Le salaire minimum passera à 9,90 $ l'heure

Caisse enregistreuse
Radio-Canada

Quelque 255 000 travailleurs profiteront de la hausse du salaire minimum en mai prochain. La ministre du Travail du Québec, Lise Thériault, a annoncé jeudi une augmentation de 0,25 $ l'heure de la rémunération plancher.

Le salaire minimum passera de 9,65 $ à 9,90 $ l'heure à partir du 1er mai au Québec. Les travailleurs au pourboire verront leur salaire bonifié de 0,20 $ l'heure à 8,55 $.

« Entre 2003 et le 1er mai prochain, le salaire minimum au Québec aura connu une progression de plus de 35,6 % », précise dans un communiqué la ministre Thériault.

Plus de neuf personnes sur dix qui travaillent au salaire minimum au Québec oeuvrent dans le secteur des services, surtout le commerce de détail, l'hébergement et la restauration.

Des réactions partagées

Le Conseil du patronat du Québec estime que la hausse du salaire minimum annoncée par la ministre du Travail s'avère un compromis raisonnable dans le contexte économique actuel. L'organisme affirme que l'augmentation protégera le pouvoir d'achat des travailleurs à faible revenu, tout en respectant la capacité de payer des employeurs.

« L'augmentation du salaire minimum prévue pour mai 2012 sera proche du niveau d'inflation, ce qui évitera de nuire à la compétitivité des entreprises à court terme. Le gouvernement doit s'assurer toutefois que les hausses qui seront annoncées dans les années à venir restent concurrentielles par rapport au salaire médian, afin de maintenir un équilibre avantageux, à la fois pour les employeurs et pour les travailleurs », a expliqué le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), de son côté, est plutôt en désaccord avec l'augmentation proposée par la ministre.

« Bien que la hausse prévue du salaire minimum en 2012 soit plus raisonnable cette année, il n'en demeure pas moins qu'une hausse du salaire minimum, même limitée à l'inflation, n'est jamais une très bonne nouvelle pour les PME et nous aurions souhaité que les entreprises en soient exemptées cette année », a indiqué Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec, de la FCEI.

Selon la FCEI, alors que les prévisions de croissance économique pour le Québec tournent autour de 1,7 % pour 2012, une hausse du salaire minimum de 2,6 % laissera plusieurs entrepreneurs des secteurs de l'agriculture, des ventes au détail, du tourisme et de la restauration, quelque peu inquiets.

Quant au milieu communautaire et syndical, il considère que la hausse du salaire minimum est trop peu importante et qu'elle devrait être revue à la hausse. Le Front de défense des non-syndiqués (FDNS), une coalition qui regroupe plus de 25 groupes populaires et syndicaux, dit vouloir poursuivre le rattrapage entamé entre 2008 et 2010, et ainsi assurer l'amélioration du pouvoir d'achat des personnes travaillant au salaire minimum.

« Les augmentations du salaire minimum stimulent l'économie locale et régionale et n'entraînent pas les pertes d'emploi annoncées par certains représentants patronaux. À titre d'exemple, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, le sous-secteur du commerce de détail a généré la création de 10 000 nouveaux emplois en 2010, et on note aussi la création de 12 400 emplois dans le sous-secteur de l'hébergement et de la restauration. Rappelons que plus de 63 % des personnes rémunérées au salaire minimum travaillaient dans l'un de ces sous-secteurs d'activité en 2010 », a souligné le FDNS.

Avec son salaire minimum augmenté, le Québec se rangera au huitième rang des provinces canadiennes.

Économie