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Justin Trudeau insulte le ministre Kent en Chambre

Justin Trudeau

Justin Trudeau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours à peine de l'ajournement des Fêtes, l'ambiance n'était pas à la convivialité à la Chambre des communes, mercredi, alors que le débat s'est teinté de propos à caractère scatologique.

En pleine période de questions, au milieu d'un échange consacré au retrait du Canada du protocole de Kyoto, le député libéral Justin Trudeau s'est exclamé, en anglais, « tas de merde », à la suite d'une réponse du ministre de l'Environnement, Peter Kent.

Ce n'est pas pour répondre à une accusation personnelle que le député de Papineau est sorti de ses gonds, mais parce que le ministre avait adressé des reproches à la néo-démocrate Megan Leslie.

Après une question posée par Mme Leslie sur les changements climatiques, le ministre a suggéré qu'elle n'était pas bien informée parce qu'elle n'avait pas pris part à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Durban, en Afrique du Sud.

Or, c'est le gouvernement conservateur lui-même qui a refusé d'inclure des députés d'opposition dans la délégation canadienne, brisant ainsi la tradition qui prévalait jusque-là lors des grands sommets internationaux.

Devant cette contradiction, la Chambre s'est enflammée et, au milieu du brouhaha, M. Trudeau a lancé « piece of shit! ». Il s'est ensuite excusé en Chambre pour son utilisation d'un terme non parlementaire.

Interrogé par les journalistes à sa sortie des Communes, Justin Trudeau a expliqué son geste.

[L'équivalent] en français aurait été que le ministre était "plein de merde". Quand il a dit qu'il était dommage que Mme Lesley n'ait pas été à Durban quand c'est lui-même qui l'a empêchée d'y aller, j'ai perdu un peu la tête.

Justin Trudeau

Le député libéral n'a pas été le seul à retirer ses propos mercredi.

Le néo-démocrate Ryan Cleary a aussi dû s'excuser pour avoir insulté le ministre de Pêches et Océans Canada, Keith Ashfield, au cours de la même période de questions.

Dans sa réponse à une question du député, le ministre a demandé au député de St. John's Sud-Mount Pearl, à Terre-Neuve-et-Labrador, s'il ressemblait à quelqu'un qui faisait de l'intimidation (bully), ce à quoi le député a répondu « oui ».

« Il m'a demandé s'il ressemblait à un intimidateur. Je répondrais de la même façon s'il posait à nouveau la question », a-t-il dit après la période de questions, refusant dans un premier de temps de retirer ses propos.

Le langage n'a pas été des plus corrects au cours de cette session parlementaire. Plus tôt cet automne, le néo-démocrate Pat Martin a de son côté utilisé sur Twitter le mot « fuck » pour exprimer son indignation envers le gouvernement dans sa gestion du dossier de la Commission canadienne du blé.

L'opposition déplore l'intransigeance du gouvernement

À sa sortie de la Chambre, Mme Leslie a déploré que de telles insultes détournent l'attention de l'« inaction complète et totale [du gouvernement] dans le dossier du climat ». Considérant qu'il était difficile d'essayer de travailler avec les conservateurs sur la question de l'environnement, elle a cependant ajouté qu'elle voyait la sortie de Justin Trudeau comme une manifestation de cette frustration.

Elle-même doit parfois faire des efforts pour ne pas céder à ce genre d'impulsion, a-t-elle dit. « Parfois, je dois me mordre la langue si fort lorsque je suis aux Communes qu'elle doit saigner! », a-t-elle dit.

Le leader parlementaire des libéraux, Marc Garneau, ne cautionne pas l'utilisation d'un langage aussi peu parlementaire que celui employé par son collègue, mais il y voit lui aussi un signe d'« exaspération », selon lui symptomatique de la tension qui s'accumule depuis des semaines. « Vous avez vu une session de l'automne où on n'a pas eu la possibilité de s'exprimer, de débattre comme on le voulait », a-t-il dit au foyer de la Chambre des communes.

Lors de l'élection du gouvernement conservateur majoritaire, en mai dernier, plusieurs disaient espérer que le ton des échanges aux Communes serait plus serein qu'au cours des dernières années, alors que le gouvernement, alors minoritaire, restait aux aguets de peur d'être renversé.

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