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L'ADQ se joint à la CAQ de François Legault

Gérard Deltell et François Legault annoncent officiellement la fusion de l'ADQ et de la CAQ.
Gérard Deltell et François Legault annoncent officiellement la fusion de l'ADQ et de la CAQ.
Radio-Canada

La fusion entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et l'Action démocratique du Québec (ADQ) a été officialisée mardi.

Le mariage amènera notamment la CAQ à faire la promotion d'un projet mixte public-privé concernant le secteur de la santé, mis de l'avant par l'ADQ.

La nouvelle de la fusion a été confirmée par le chef de la CAQ, François Legault, et le chef de l'ADQ, Gérard Deltell, lors d'une conférence de presse.

Ce mariage, qui n'était plus qu'un secret de Polichinelle, doit cependant être approuvé par les membres de l'ADQ, a précisé M. Deltell.

Cette fusion est à l'avantage du Québec et c'est pourquoi nous devons la réaliser.

Gérard Deltell

Bien que le vice-président et le président de la commission politique de l'ADQ, Adrien Pouliot et Claude Garcia, s'opposent au projet, M. Deltell est confiant que les membres du parti y donneront leur feu vert, comme l'ont déjà fait les trois autres députés adéquistes - Sylvie Roy, François Bonnardel et Janvier Grondin - et l'exécutif du parti.

27 des 32 personnes présentes à l'exécutif de l'ADQ, mardi soir, ont voté pour la fusion avec la CAQ.

Une majorité de 50 % plus une voix est nécessaire pour que l'entente soit entérinée par les 2521 membres du parti.

L'ADQ estime avoir sa place dans la CAQ

En conférence de presse, M. Deltell a soutenu que 12 des 20 actions prioritaires identifiées par la CAQ étaient déjà inscrites dans le programme de l'ADQ. Il a notamment mentionné l'abolition des commissions scolaires et des agences de santé.

La CAQ va cependant récupérer certaines idées de l'ADQ, a poursuivi M. Deltell, dont celle de « mettre sur pied un projet-pilote qui instaurera la pratique médicale mixte ». Le recours au projet-pilote est une approche prudente, a-t-il dit, dont l'objectif est de rendre le système de santé québécois « plus performant ».

Pressé de donner plus de détails sur cette initiative, M. Legault a précisé que la priorité de la CAQ « est d'améliorer le réseau public », ce qui « suppose de nouvelles ententes avec les médecins de famille et avec les médecins spécialistes ».

Le projet-pilote, a-t-il dit, « va permettre à certains médecins de pratiquer à la fois au public et à la fois au privé, en encadrant très bien leur pratique, pour s'assurer que ça ne nuise pas à l'accessibilité dans le secteur public, mais que ça vienne additionner des services et de l'argent ».

M. Deltell a aussi dit que la CAQ et l'ADQ se sont entendues sur le principe « d'évaluer sérieusement la possibilité de proposer lors de la prochaine campagne électorale notre fameuse politique du 100 $ par enfant par semaine ». Il faudra, a-t-il admis, s'assurer que « nous avons les moyens de nos ambitions ».

Sur le plan constitutionnel, MM. Legault et Deltell ont tous les deux souligné que leur parti peut être considéré « nationaliste » ou « autonomiste », mais que dans tous les cas, aucun référendum sur l'avenir du Québec ne sera organisé s'il prend le pouvoir.

Les funérailles de l'ADQ, selon Charest

M. Deltell a tenu à souligner qu'il était fier du chemin parcouru par les adéquistes depuis 1994. Le parti a été une « pépinière d'idées », a-t-il dit, et a réussi à placer au centre du débat public des questions fondamentales comme la réduction de la dette publique ou l'enseignement intensif de l'anglais dès la 6e année du primaire.

M. Legault a d'ailleurs souligné que le programme de l'ADQ sera utilisé pour constituer celui de la Coalition avenir Québec, notamment les moyens qu'il propose pour assainir les finances publiques de la province.

Le premier ministre Jean Charest a déjà affirmé à La Presse Canadienne que le Parti libéral n'opposerait pas de candidat si jamais un des élus adéquistes passés à la CAQ veut céder son siège à François Legault. Ce dernier devra cependant affronter un candidat libéral si aucun de ces derniers ne lui cède la place, a-t-il averti.

Jean Charest commente l'élection du candidat libéral dans BonaventureJean Charest commentant l'élection du candidat libéral dans Bonaventure Photo : PC / Jacques Boissinot

Jean Charest ne s'est pas montré tendre envers la nouvelle formation politique, et parle d'humiliation pour les militants adéquistes. « On va assister aux funérailles d'un parti et à la prise de contrôle de François Legault », a-t-il déclaré à La Presse.

M. Charest ne comprend pas que M. Legault, un « souverainiste de gauche », obtienne l'appui de « populistes de droite ». Pour le premier ministre, l'ADQ « fusionne avec un sondage », allusion faite à la CAQ qui a la faveur des sondages.

M. Charest ne voit pas par ailleurs « une vision très constructive de l'avenir du Québec » dans les intentions du parti de François Legault d'abolir les commissions scolaires ou de supprimer des postes à Hydro-Québec.

En outre, le chef libéral, dont les propos sont rapportés par Le Devoir, ne pense pas que M. Legault pourrait avoir de meilleures relations avec le premier ministre Stephen Harper. Selon lui, le chef de la CAQ est « souverainiste » et va le rester, ce qui a « un impact » dans ses relations avec Ottawa.

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