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Québec solidaire en mode électoral

Françoise David et Amir Khadir
Radio-Canada

Réunis en congrès en fin de semaine à Montréal, les membres du parti Québec solidaire ont adopté leurs nouvelles positions politiques et promettent d'envoyer plus qu'un député à l'Assemblée nationale.

Le député de Mercier Amir Khadir a affirmé dimanche en marge du congrès qu'il serait satisfait de l'élection de cinq députés de Québec solidaire au prochain scrutin provincial.

Il a fait valoir que les Québécois devraient confier aux solidaires les rênes du gouvernement, mais qu'à défaut de voir ce rêve se réaliser, il serait tout à fait heureux avec quatre nouveaux collègues à l'Assemblée nationale.

Il refuse toutefois de cibler des circonscriptions en particulier, assurant que même des régions très éloignées des grands centres pourraient tomber aux mains des solidaires.

Les membres du parti ont adopté jusqu'à maintenant 80 % du programme politique du parti en prévision des prochaines élections.

Les militants de Quebec solidaire réunis en congrèsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les militants de Quebec solidaire réunis en congrès

Photo : Radio-Canada

Langue française

Au troisième et dernier jour de leur congrès, les délégués se sont prononcés contre l'application de la loi 101 dans les cégeps.

Prônée par le Parti québécois, cette disposition interdirait aux francophones et aux immigrants de fréquenter un cégep anglophone.

Avant le vote, les deux porte-parole de Québec solidaire s'étaient plus ou moins prononcés contre l'idée.

« Je pense sincèrement qu'avec l'extension de la loi 101 dans les cégeps, on crée une sorte de diversion, on se trompe de cible », a affirmé Françoise David devant les militants.

De son côté, Amir Khadir avait déjà indiqué qu'il était personnellement en désaccord avec la mesure. Lorsqu'il a pris la parole dimanche, il a dit souhaiter que sa formation fasse plutôt la promotion du français comme langue de travail.

« Il faut vraiment que Québec solidaire, quoiqu'on décide aujourd'hui, continue à mettre l'accent sur le fait que la véritable solution passe par une francisation des milieux de travail, surtout dans les grandes entreprises, là où ça envoie des messages à nos jeunes », a-t-il déclaré.

Le député de Mercier a toutefois souligné que le parti devait demeurer ouvert à l'option d'étendre la loi 101 à l'enseignement collégial parce que selon lui, elle pourrait à l'avenir s'avérer nécessaire.

Le Parti québécois est désormais la seule formation politique à mettre de l'avant cette politique et, paradoxalement, celui qui s'en était fait le porte-voix, le député de Borduas Pierre Curzi, a quitté le navire.

Les quelque 500 membres de Québec solidaire présents au congrès ont par ailleurs voté en majorité pour l'abolition des écoles dites passerelles.

Ils refusent que les élèves francophones et allophones puissent fréquenter une école anglophone subventionnée après avoir passé trois ans dans une école anglophone privée non subventionnée, un processus qui avait été consacré par un projet de loi adopté sous le bâillon en 2010 par le gouvernement libéral.

La formation rejoint ainsi les positions du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec.

Apprenant que le Canada ne prendra pas d'engagements dans la seconde phase du protocole de Kyoto, Québec solidaire a par ailleurs adopté une résolution d'urgence sur la question.

Amir Khadir et Françoise DavidAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Québec solidaire n'a pas de chef, mais plutôt deux porte-parole, Amir Khadir et Françoise David.

Réduire les inégalités

Enfin, le parti veut résolument se positionner comme le pourfendeur des inégalités sociales.

« On va lutter de façon résolue contre la corruption, le gaspillage, on va revaloriser les services publics, taxer les contribuables à revenu élevé et imposer des redevances sur les minières », a entre autres énuméré Françoise David lors d'un discours en clôture du congrès.

Samedi, les membres ont adopté entre autres une proposition qui vise à garantir un revenu minimum à tous les Québécois.

Les militants ont également adopté une proposition visant à faire du Régime des rentes du Québec (RRQ) le seul régime de retraite des Québécois et d'y intégrer les régimes privés actuels.

Ils ont aussi adopté une proposition qui vise à interdire le financement privé des services publics.

Vendredi, les délégués se sont prononcés en faveur de la création d'une banque d'État.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique