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Durban : les pays peinent à décider d'une position commune

Un épais smog à Hefei, dans la province Anhui de l'est de la Chine (29 novembre 2011)

Un épais smog à Hefei, dans la province Anhui de l'est de la Chine (29 novembre 2011)

Photo : AFP / STR

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au dernier jour des négociations à la conférence de Durban, de nombreux pays riches et émergents ont avalisé le plan proposé par l'Union européenne (UE), mais les réticences de la Chine, de l'Inde et des États-Unis font douter qu'un accord soit conclu.

L'UE vise une feuille de route vers un traité climatique doté d'objectifs juridiquement contraignants de baisses des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui entrerait en vigueur en 2020.

L'initiative est maintenant appuyée par une centaine de petits pays insulaires et pays moins développés, ainsi que par l'Afrique du Sud et le Brésil. « Il y a eu hier soir tard une alliance assez historique entre la communauté européenne, les petits pays insulaires qui subissent de plein fouet les impacts des changements climatiques et les pays les moins développés qui ont créé une nouvelle alliance », a expliqué à RDI Steven Guilbault, coordonnateur général adjoint d'Équiterre, qui représente l'organisme à Durban.

« Nous en arrivons au stade où plusieurs délégations doivent décider si elles veulent obtenir un traité doté d'une réelle intégrité environnementale, a souligné de son côté le représentant du Royaume-Uni, Chris Huhne. Il est de plus en plus manifeste que l'Union européenne parle au nom d'une large majorité de participants ».

À l'issue d'une nuit de pourparlers, l'Europe a dit entrevoir des « signes encourageants », mais l'atmosphère restait tendue et la commissaire européenne aux changements climatiques a enjoint les puissances hésitantes à revoir leur position. « Si les lignes ne bougent pas par rapport à là où nous étions ce matin (vendredi) à 4 h, il n'y aura pas d'accord à Durban », a averti Connie Hedegaard.

Sans une telle entente, la rencontre à Durban sous l'égide des Nations unies pourrait être qualifiée de désastre, estiment de nombreux ministres de l'Environnement.

L'Inde et la Chine à convaincre

Alors que les États-Unis ont écarté jusqu'à maintenant un « accord juridiquement contraignant », l'Inde a exprimé de vives réticences, et la posture de la Chine était difficile à cerner.

« La grande inconnue dans cette nouvelle coalition, c'est où vont loger l'Inde et la Chine. Si ces pays-là se rendent du côté des États-Unis comme ils l'avaient fait à Copenhague, la rencontre de Durban ne donnera pas grand-chose. Si par contre, la Chine et l'Inde décident de se ranger dans le camp des autres pays, bien là, on pourrait vraiment avoir une force suffisante pour faire contrepoids aux États-Unis et au Canada, et soit laisser ces pays-là derrière, soit les forcer à accepter une entente intéressante », a estimé M. Guilbault.

Faute d'une entente, l'Europe menace de ne pas reprendre d'engagements dans le cadre de Kyoto, signé en 1997 au Japon, mais selon la commissaire Hedegaard, il est toujours possible d'en arriver à un accord même si le temps presse. Le représentant d'Équiterre est du même avis.

« La rencontre ne va pas se terminer en fin de journée, comme ça devait être le cas, on va probablement négocier toute la nuit. Je pense que le protocole de Kyoto a de très bonnes chances à ce point-ci de survivre à la rencontre de Durban. C'est la rencontre de la dernière chance pour Kyoto. Si on ne réussit pas à s'entendre ici, il sera trop tard par la suite », a affirmé M. Guilbault.

Selon le Canada, un accord qui ne serait pas contraignant pour des pays émergents comme la Chine et l'Inde, à l'instar du protocole de Kyoto, ne serait pas équitable. À la surprise générale, le ministre canadien de l'Environnement, Peter Kent, a défendu jeudi la création d'un nouvel accord qui pourrait entrer en vigueur d'ici 2015.

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