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  • Exclusif
  • Hydro-Québec a octroyé de nombreux contrats sans appel d'offres

    La centrale nucléaire Gentilly-2 (archives)
    Radio-Canada

    La vaste majorité des contrats octroyés par Hydro-Québec pour le fonctionnement de la centrale nucléaire de Gentilly-2 entre 2000 et 2010 l'ont été sans appel d'offres.

    C'est ce qui ressort d'une compilation des contrats effectuée par Radio-Canada, qui met aussi en relief d'importants écarts entre la valeur des contrats à l'attribution et les montants versés par Hydro-Québec.

    Sur les 291 contrats recensés, la majorité, 61 %, ont été octroyés de gré à gré, c'est-à-dire en négociant directement avec le fournisseur.

    Trente pour cent de ces contrats ont été octroyés à la suite d'appels d'offres restreints, c'est-à-dire auprès d'un petit nombre de fournisseurs. Hydro-Québec a notamment eu recours à ce mode d'attribution pour la construction d'armoires de rangement, pour le pavage d'une voie d'accès et pour le déneigement du terrain de la centrale.

    « Il peut y avoir des raisons qui justifient qu'on procède au gré au gré, mais quand ça devient la majorité des contrats, il y a un problème avec le système d'appel d'offres », affirme Éric Montpetit, professeur d'administration publique à Université de Montréal.

    Hydro-Québec défend sa politique d'acquisition

    « On est dans le domaine du nucléaire. C'est tout à fait normal, on fait affaire avec des expertises spécialisées », explique la porte-parole d'Hydro-Québec, Marie-Hélène Deveault.

    Un professeur de génie nucléaire de l'École polytechnique de Montréal, Guy Marleau, exprime quant à lui des réserves. « Le nucléaire pourrait avoir le dos large pour une partie des contrats qui ont été négociés, entre autres tous les contrats d'entretien de la centrale », dit-il.

    Édifice d'Hydro-Québec, à Montréal

    Un écart de 19 % existe en moyenne entre la valeur des contrats à l'attribution et le montant versé par Hydro-Québec, mais certains écarts sont plus importants. Ainsi, un contrat pour la fourniture de disjoncteurs est passé de 223 000 $ à 668 000 $.

    Hydro-Québec a aussi déboursé 4,3 millions de dollars pour un contrat de pavage initialement évalué à moins de 3 millions de dollars. « Ce sont des écarts, mais pas nécessairement des dépassements de coûts », soutient Marie-Hélène Deveault.

    Hydro-Québec soutient que les contrats ont été simplement bonifiés, mais les experts consultés émettent des réserves. Ils voudraient qu'Hydro-Québec donne plus de détails.

    « C'est impossible de se faire une idée sur la base du peu d'information qui est disponible. Même en étant un spécialiste du nucléaire, il y a un certain nombre de coûts que je ne pourrais pas expliquer », déplore Guy Marleau.

    Hydro-Québec soutient que l'octroi des contrats pour la centrale nucléaire de Gentilly-2 est strictement encadré et fait l'objet d'un suivi rigoureux, mais il refuse de dévoiler le contenu de ces contrats.

    Mauricie et Centre du Québec

    Énergies renouvelables