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Sept écoles anglophones luttent pour leur survie

Des étudiantes
Photo: iStockphoto
Radio-Canada

Les audiences publiques concernant l'avenir de sept établissements de la Commission scolaire English-Montreal (CSEM), dont l'École Nesbitt, à Rosemont, ont débuté lundi soir. De nombreux parents étaient présents pour défendre leur école.

La commission scolaire anglophone de Montréal est formelle : des écoles doivent fermer, conséquence de la décroissance démographique. Chaque année, elle perd des élèves au profit de la banlieue et du réseau francophone, la Commission scolaire de Montréal (CSDM), en pleine expansion.

« Notre commission scolaire a perdu presque 6000 élèves dans les 10 dernières années. Nous avons déjà fermé 15 écoles et nous avons continué à perdre des élèves », précisait plus tôt cette année Michael Cohen, porte-parole de la commission scolaire anglophone.

En mars dernier, une trentaine de scénarios ont été envisagés pour 22 établissements qui pourraient être touchés par des fermetures, mais aussi par des fusions et des déménagements. Seules les hypothèses retenues ont fait l'objet de consultations publiques plus poussées.

L'École Nesbitt refuse de mourir

Parmi les sept établissements menacés de fermeture, soit l'Académie Fraser et les écoles Nesbitt, St. Brendan, James Lyng, Carlyle, St. Gabriel et St. John Bosco, certains mènent une résistance farouche.

C'est le cas de l'École Nesbitt, dans l'arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, une école d'immersion bilingue qui fait figure de modèle dans ce quartier, selon Jean-François Desmarais, parent de deux élèves.

« Cette école-là a aussi une valeur politique et sociale. Les anglophones viennent ici pour apprendre le français », explique-t-il.

« Moi, en tant que francophone, je ne peux pas être contre ça. Bien au contraire. La communauté anglaise veut s'intégrer. C'est absurde d'être contre ça », poursuit M. Desmarais.

Les parents des élèves scolarisés à Nesbitt reconnaissent la nécessité de fermer certaines écoles. Mais il n'est pas question pour eux d'envoyer leurs enfants dans le nord de la ville, comme le propose la commission scolaire anglophone. Mieux vaudrait, selon eux, les envoyer dans une école francophone.

« Voulons-nous quitter? Absolument pas. S'il faut quitter, nous irons à la CSDM », lance Louis Bridgman, père de deux enfants.

« L'impact pour la commission anglaise sera négatif. Elle va perdre des familles comme les nôtres. Pas seulement pour cette génération, mais pour toutes les générations qui vont suivre », ajoute-t-il.

Les consultations publiques se poursuivent jusqu'à jeudi.

La décision doit être rendue à la mi-janvier afin que les changements retenus puissent entrer en vigueur à la rentrée de septembre 2012.

Avec un reportage de Maxime Coutié