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Commerce au détail : l'Inde repousse l'arrivée des géants étrangers

Des commerçants indiens manifestent à Allahabad  contre les investissements étrangers directs (Foreign Direct Investment) dans le commerce de détail multimarques, le 1er décembre 2011

Des commerçants indiens manifestent à Allahabad contre les investissements étrangers directs (Foreign Direct Investment) dans le commerce de détail multimarques, le 1er décembre 2011

Photo : AFP / STR

Radio-Canada

Les industriels indiens ont réagi avec colère à la suspension du projet de réforme du gouvernement visant l'ouverture du commerce de détail multimarques aux investisseurs étrangers.

Ils estiment qu'une éventuelle volte-face de l'Inde freinerait la croissance économique du pays.

La suspension n'a pas fait l'objet d'une annonce officielle, mais des médias indiens ont cité lundi des sources affirmant que le ministre des Finances, Pranab Mukherjee, s'était entretenu avec les partis d'opposition pour leur dire qu'il était « prêt à maintenir la décision en suspens » jusqu'à ce que les consultations soient terminées.

L'ouverture du secteur des détaillants à l'investissement étranger doit permettre à des multinationales comme Walmart, Tesco ou Carrefour de profiter d'un marché évalué à 450 milliards de dollars. Ces géants sont déjà implantés en Inde, mais ils sont autorisés à vendre uniquement en gros.

Avec la mise en oeuvre de la réforme, ils pourraient détenir une participation de 51 % dans les chaînes de supermarchés, une révolution largement perçue comme une menace pour de très nombreux petits commerçants.

Une réforme qui ne fait pas l'unanimité

Depuis que la mesure a été approuvée, le 24 novembre, le premier ministre indien Manmohan Singh fait l'objet de farouches critiques des partis d'opposition et de certains alliés de la coalition au pouvoir qui pourraient le forcer à faire marche arrière.

Les chefs d'entreprise sont largement en faveur de l'ouverture du secteur et croient que les craintes pour les emplois et le commerce de détail traditionnel sont infondées.

« La modernisation du commerce de détail est une part essentielle de l'histoire de la croissance de l'Inde », ont soutenu dans un communiqué conjoint Deepak Parekh, président de la banque HDFC, et Ashok Ganguly, ancien chef de l'entreprise Hindustan Unilever et membre de la Chambre haute.

« Il est bien connu, grâce aux expériences de pays comme la Chine, l'Indonésie et plusieurs autres, que le commerce de détail moderne et les commerçants traditionnels peuvent prospérer côte à côte », ont-ils argué.

Ils ont également déploré que des élus paralysent le Parlement en provoquant, sur cette question, des débats hargneux et des ajournements à répétition.

Selon la Confédération des industries indiennes (CII), la politique donnerait une « impulsion majeure à l'économie » et contribuerait à accroître la confiance alors que l'inflation galopante affecte des millions de pauvres.

Le marché ébranlé

L'incertitude qui plane sur la réforme a fait plonger le marché indien lundi. L'action de Pantaloon Retail, une entité de Future Group qui gère aussi la chaîne de supermarchés Big Bazaar, a chuté de plus de 13.2 %. Les titres de Trent et de Shopper Stop ont également perdu du terrain.

Les analystes préviennent qu'une suspension indéfinie de cette réforme pourrait nuire davantage à la réputation du gouvernement après des mois de difficultés et d'accusations de dérive politique.

« Cela voudrait dire que même s'il [le gouvernement] est sérieux et déterminé, il n'a pas la force de faire passer la réforme », a déclaré Pramod Gubbi, vice-président des services chez Capital Ambit.

Anil Talreja, un associé chez Deloitte en Inde, a estimé qu'un échec ferait grimper l'incertitude sur les autres réformes et freinerait les plans des investisseurs étrangers pour l'Inde.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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