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Ottawa ferme à nouveau la porte à la deuxième phase de Kyoto

Le ministre Peter Kent au sommet de Durban

Le ministre Peter Kent au sommet de Durban

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la 17e Conférence de l'ONU sur le climat, qui se tient à Durban, en Afrique du Sud, Ottawa a de nouveau refusé de s'engager dans une deuxième phase du protocole de Kyoto, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), préférant repartir sur de nouvelles bases.

Au cours d'une conférence téléphonique, le ministre canadien de l'Environnement, Peter Kent, a plutôt réitéré, lundi, l'engagement du Canada à militer en faveur d'une nouvelle entente internationale à laquelle prendraient part l'ensemble des pays émetteurs, notamment les États-Unis et certaines économies en émergence, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, qui ne sont pas partie au protocole de Kyoto.

« Notre objectif, notre engagement, vise l'accord de Copenhague et de Cancún », a rappelé le ministre Kent.

L'entente de Copenhague est moins contraignante que le protocole de Kyoto, notamment en ce qui a trait aux cibles à atteindre en matière de réduction des GES. Elle n'a pas non plus la force légale du protocole de Kyoto.

Nous croyons que, au bout du compte, un nouvel accord qui englobe tous les grands émetteurs du monde, à la fois les pays en développement et les pays développés, est le seul moyen de réduire les mégatonnes de gaz émis annuellement de façon à travailler pour prévenir un réchauffement climatique atteignant ou dépassant 2 degrés.

Une citation de :Le ministre Peter Kent

La position canadienne à la conférence n'a pas manqué d'avoir des échos à Ottawa. « Si les conservateurs ne sont pas intéressés à travailler avec le reste du monde contre les changements climatiques, pourquoi vont-ils à Durban? », a demandé la chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique, Nycole Turmel.

Est-ce que c'est tout simplement parce qu'ils ont donné comme mandat à leur représentant d'y faire du sabotage?

Une citation de :La chef du NPD, Nycole Turmel

Le ministre James Moore a rétorqué que le Canada avait une « approche équilibrée ». « Le protocole de Kyoto est une entente qui n'est pas dans les meilleurs intérêts du climat ni du Canada, a-t-il affirmé. Cela frappera l'économie du Canada. Ce que les Canadiens demandent du Canada et de notre gouvernement, c'est d'avoir une approche qui est équilibrée : équilibrée entre les intérêts de notre environnement et, certainement, les intérêts de notre économie. »

Pékin démontre des signes d'ouverture

La position canadienne est restée inchangée, malgré des signes d'ouverture de la part de la Chine. À Durban, Pékin a fait un pas historique en laissant entendre qu'elle pourrait accepter de plafonner ses émissions de façon absolue à partir de 2020.

La Chine a cependant fixé plusieurs conditions à un engagement ferme de sa part, dont la poursuite de la seconde phase de Kyoto.

M. Kent a averti que la Chine ne pouvait pas compter sur le Canada. « Nous avons hâte que la Chine amène ses propositions à la conférence. Mais en ce qui concerne si oui ou non cela affectera la décision du Canada de ne pas s'engager pour une seconde période, cela ne changera pas notre position », a déclaré M. Kent.

Le protocole de Kyoto, qui viendra à échéance le 31 décembre 2012, impose des cibles de réductions chiffrées à 37 pays industrialisés, dont le Canada, de manière à ce que les émissions de GES aient baissé de 5,2 % en 2012, par rapport au niveau de 1990.

Chaque pays signataire du protocole avait reçu un objectif. Le Canada, par exemple, devait réduire à terme ses émissions de GES de 6 % par rapport à 1990. Selon le rapport annuel qu'Ottawa a remis aux Nations unies en mai dernier, elles ont plutôt augmenté de 16,5 % entre 1990 et 2009.

Certains pays souhaitent que le protocole de Kyoto soit reconduit pour une deuxième phase d'objectifs ciblés, pour une période de quatre ans commençant le 1er janvier 2013. À l'instar du Canada, les États-Unis, le Japon et la Russie s'y opposent aussi.

Des rumeurs selon lesquelles le Canada s'apprête même à se retirer formellement du protocole de Kyoto circulent depuis quelques jours à Ottawa. Le ministre Kent a refusé la semaine dernière de confirmer ou de nier la nouvelle, et il ne s'est pas davantage avancé lundi.

L'article 27 du protocole autorise bel et bien un pays à se retirer du protocole, à condition de donner un an de préavis. Cela ne le dédouane cependant pas d'acquitter sa « dette climatique » pour le non-respect de ces engagements.

Un pays qui n'a pas suffisamment réduit ses émissions de carbone peut acheter des « crédits de polluer » auprès de pays ou d'entreprises qui ont dépassé leurs exigences légales pour compenser. À défaut d'agir de la sorte d'ici le 31 décembre 2012, le Canada se verra imposer une pénalité qui augmentera le coût de ses crédits de 30 %.

Selon le quotidien Le Devoir, il en coûterait présentement 8 milliards de dollars à Ottawa pour acquitter sa dette climatique. S'il attendait encore un an avant de le faire, cela pourrait lui coûter bien davantage, puisque la demande pourrait faire doubler le prix de la tonne de carbone achetée.

Si la pénalité de 30 % était appliquée à ce moment-là, la facture d'Ottawa pourrait grimper à 18,7 milliards de dollars.

Ottawa injecte de l'argent dans un fonds vert

Le ministre Kent a par ailleurs confirmé le versement d'une nouvelle tranche de 600 millions de dollars dans un fonds vert destiné à atténuer l'impact que les changements climatiques auront dans les pays en voie de développement. Cet engagement était prévu dans l'accord de Copenhague.

Ottawa avait déjà versé 400 millions de dollars dans ce fonds mis sur pied lors de la précédente conférence sur le climat tenue l'an dernier à Cancún.

Les pays développés ont convenu de doter ce fonds de 100 milliards de dollars par année d'ici 2020; 30 milliards doivent être mobilisés lors des trois premières années, dont 1,2 milliard par le Canada.

Avec les informations de La Presse canadienne

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