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Plus d'inégalités ici comme ailleurs

Une femme passe devant des sans-abri

Une femme passe devant des sans-abri dans le quartier Copacabana de Rio de Janeiro, au Brésil. Ce pays affiche les inégalités parmi les plus marquées.

Photo : AFP / Spencer Platt

Radio-Canada

Les écarts de revenus entre riches et pauvres se sont accentués dans la plupart des pays développés, dont le Canada, pour atteindre un sommet en 30 ans, note un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

En moyenne, les 10 % les plus riches ont un revenu neuf fois supérieur aux 10 % les plus pauvres.

Le Brésil affiche l'écart de revenus le plus marqué. Les 10 % des plus riches gagnent 50 fois plus que les 10 % les plus pauvres.

Ce ratio pour le Canada est passé de 8 pour 1 dans les années 1990 à 10 pour 1 en 2008. Cette année-là, les 10 % des Canadiens les plus riches ont gagné 103 500 $ contre 10 260 $ pour les 10 % les plus pauvres.

En 2007, 1 % des Canadiens les plus riches se partageaient 13,3 % des revenus totaux par rapport à 8,1 % en 1980.

Cette situation, qui s'explique notamment par des changements sur le marché de l'emploi comme l'augmentation du nombre de travailleurs autonomes ou à temps partiel, ne surprend pas Tommy Kulczyk, de Jeunesse au soleil.

« Maintenant, avec la restructuration du travail - travail atypique, plus de travailleurs autonomes, des gens qui travaillent 20-25 heures par semaine - beaucoup de pauvres maintenant ont un revenu de travail », affirme l'adjoint au vice-président de l'organisme qui vient en aide aux moins nantis.

Selon le professeur de politique fiscale à l'Université de Sherbrooke, Luc Godbout, la globalisation est en partie en cause. « Il y avait des emplois bien rémunérés qui demandaient peu de qualifications dans les années 60, 70, 80 au Canada, et c'est naturellement ceux qui ont été délocalisés en premier dans le cadre de la mondialisation », explique-t-il.

L'OCDE note aussi que la redistribution de la richesse par la fiscalité et les programmes sociaux réduit moins les inégalités sociales qu'avant. Le chercheur au CIRANO François Vaillancourt souligne que le gouvernement canadien et les provinces ont abaissé leur taux d'imposition des revenus les plus élevés depuis 3 ans.

« D'un côté, vous prenez moins d'argent aux riches, donc ça accroît leur revenu par rapport aux pauvres, et par ailleurs, l'argent qu'on donne aux plus pauvres a aussi diminué, surtout au Canada avec la réduction de la couverture des travailleurs avec l'assurance-emploi », affirme-t-il.

« Cette étude balaie l'hypothèse qui voudrait que les bienfaits de la croissance économique se répercutent automatiquement sur les catégories défavorisées », avance le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría.

Pour renverser la vapeur, l'OCDE recommande une plus grande imposition des revenus les plus élevés, mais aussi davantage d'investissements dans l'éducation pour assurer de meilleurs emplois aux générations futures. « L'amélioration de la qualification de la main-d'oeuvre est de loin l'instrument le plus puissant pour contrer » la progression des inégalités, soutient M. Gurría.

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