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Attawapiskat ne veut pas du responsable de la tutelle

Attawapiskat

Une équipe de Mesures d'urgence de l'Ontario s'est rendue à Attawapiskat, à la fin novembre, afin d'évaluer la gravité de la crise. (archives)

Photo : Claude G. Gagnon

Radio-Canada

Des représentants de la chef d'Attawapiskat, Teresa Spence, ont demandé lundi au responsable désigné par Ottawa pour administrer la tutelle de la réserve autochtone de quitter les lieux dès son arrivée sur place.

« Le responsable de la tutelle, Jacques Marion, a voulu respecter la situation volatile et il n'est pas dans la communauté en ce moment », a expliqué le bureau du ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien, John Duncan, qui avait annoncé plus tôt le déplacement de M. Marion.

Il est extrêmement inquiétant que la chef et le conseil ne soient pas ouverts à obtenir de l'assistance extérieure.

Le ministre John Duncan

La chef Teresa Spence a estimé que le ministre John Duncan « n'écoutait pas ». Elle a affirmé vouloir travailler avec le gouvernement, mais elle ne veut rien entendre de la tutelle.

Nous n'avons pas besoin d'un banquier pour venir nous dire quoi faire.

Teresa Spence, chef d'Attawapiskat

M. Marion, de la firme comptable BDO Canada, demeure toutefois « en plein contrôle du financement provenant du département de la communauté, et il espère travailler avec elle pour s'attaquer aux problèmes urgents », a précisé le ministère des Affaires autochtones.

Attawapiskat a été placée sous tutelle la semaine dernière, après la médiatisation, ces derniers jours, des graves problèmes de logement et de la misère qui règne dans cette communauté autochtone.

Le gouvernement a justifié la mise sous tutelle en prétextant avoir versé 90 millions de dollars en cinq ans à la communauté, sans obtenir de résultats satisfaisants concernant les conditions de vie. La chef Spence et le gouvernement ontarien ont quant à eux accusé le fédéral de chercher à détourner l'attention des véritables problèmes.

La chef d'Attawapiskat demande aux gouvernements provincial et fédéral de bonifier l'aide d'urgence offerte à sa communauté pour pallier la pénurie de logements qui la frappe. De nombreuses familles de la réserve, située près de la baie James, vivent entassées dans des roulottes de chantier, tandis que d'autres doivent dormir sous des tentes.

L'Assemblée des Premières Nations (APN), réunie en congrès cette semaine dans la capitale nationale, soutient les appels à l'aide de Mme Spence. Le chef national Shawn Atleo doit d'ailleurs aborder les problèmes vécus à Attawapiskat lors d'une allocution, mardi.

Le ministère savait

De son côté, l'ancien ministre des Affaires autochtones à Ottawa, Chuck Strahl, a reconnu, dans une entrevue à la CBC, que son ministère était au courant depuis longtemps les problèmes vécus par les Cris d'Attawapiskat.

Attawapiskat « a toujours été un problème », a-t-il déclaré en entrevue à l'émission The House.

« Ce n'était pas bon quand j'étais en poste et je ne pense pas que c'est mieux maintenant. C'était bien connu, tout le monde savait que c'était très difficile pour plusieurs raisons », a-t-il précisé.

L'aveu de M. Strahl semble contredire les affirmations de l'actuel ministre des Affaires autochtones, John Duncan, qui soutient n'avoir été mis au courant de la situation qu'à la fin d'octobre.

Avec les informations de La Presse canadienne

Ontario

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