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De petits investisseurs dénoncent l'inaction de l'AMF

De petits actionnaires se disant floués manifestent devant les bureaux de l'Autorité des marchés financiers.

De petits actionnaires se disant floués manifestent devant les bureaux de l'Autorité des marchés financiers.

Radio-Canada

Des actionnaires se disant floués ont manifesté dimanche devant les bureaux de l'Autorité des marchés financiers (AMF), à Montréal, afin de dénoncer son inaction et de réclamer une enquête publique sur les valeurs mobilières au Québec.

Les protestataires ont dit représenter 11 000 actionnaires victimes de stratagèmes de plus en plus répandus. Ils affirment que de petits groupes procèdent à des privatisations illégales et dépouillent les actionnaires de leurs actions, notamment en feignant de faire faillite avant d'être rachetées par des complices.

Ils citent l'exemple de Biosyntech, vendue à une compagnie indienne en juin dernier, ainsi que Raymor Industries. Ces deux entreprises ont été placées sous la protection de la loi sur la faillite et sont rapidement passées sous le contrôle d'investisseurs privés sans que leurs actionnaires soient consultés et puissent récupérer au moins une partie de leur capital.

« On fait des démarches avec l'AMF depuis 2009. Dans le cas de Raymor, avant, pendant et après la privatisation illégale. L'AMF ne bouge pas. L'AMF ne fait rien. [...] L'AMF ferme les yeux et on veut que ça cesse. Des gens ont été volés. Et on veut que ceux qui les ont volés aillent en prison et que les gens qui ont été volés soient dédommagés », a déclaré un actionnaire floué et ex-PDG de Raymor, Stéphane Robert.

En plus de ces petits investisseurs, des indignés du mouvement Occupons Montréal qui campaient jusqu'à la semaine dernière au square Victoria ont également participé à la manifestation, de même que le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

« Il s'agit d'actionnaires qui ont été complètement laissés de côté alors que l'Autorité des marchés financiers aurait dû un peu protéger leurs intérêts. La loi est là, mais si on ne l'applique pas adéquatement, s'il n'y a pas une surveillance réelle ou si l'AMF est trop attentive uniquement aux intérêts des gros joueurs, ce sont les petits investisseurs qui vont être floués », a soutenu Amir Khadir.

« L'argent, l'épargne de dizaines d'actionnaires sont menacés par des pratiques abusives de financiers prédateurs qui n'attendent que le moment opportun : que l'Autorité des marchés financiers ne fasse pas son travail », a-t-il ajouté.

Ce dernier propose de modifier les lois sur la faillite afin d'interdire les manoeuvres douteuses qui permettent d'évincer les petits investisseurs.

Bien qu'il n'ait pu participer à la manifestation, le porte-parole du Parti québécois en matière de protection des consommateurs, François Rebello, réclame lui aussi une enquête publique.

Le groupe d'actionnaires doit rencontrer le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, le 15 décembre prochain, pour faire entendre ses revendications.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Le Devoir

Économie