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Le nombre de chirurgies sous-traitées au centre privé Rockland MD bondit

Opération chirurgicale

Opération chirurgicale

Radio-Canada

Une expérience lancée par le gouvernement pour tester les bénéfices de l'utilisation du secteur privé en santé a pris de l'ampleur à la vitesse grand V, à Montréal.

En seulement deux ans, le nombre de chirurgies réalisées au privé dans le cadre du seul contrat de sous-traitance du réseau public de santé a doublé, selon des données obtenues par La Presse Canadienne.

Cette hausse représente de plus en plus de patients dirigés vers une solution plus coûteuse et plus risquée, disent les détracteurs de ce partenariat.

Entre mars 2010 et mars 2011, le centre de chirurgie Rockland MD a reçu le mandat d'effectuer 2160 interventions pour le compte de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal. Deux ans plus tôt, en 2008-2009, la clinique en réalisait 1024. En l'espèce, il s'agit uniquement de chirurgies d'un jour, relativement rapides et sans hospitalisation.

« Le calcul pour nous, c'est que nos listes d'attente étaient très longues au niveau des chirurgies d'un jour et d'autres chirurgies hospitalisées », relate la porte-parole de l'hôpital, Josée-Michelle Simard.

« On est en progression continue parce que le besoin était là, les listes d'attente étaient grandes et on ne répondait pas à nos attentes pour ce qui était des chirurgies d'un jour. »

La facture pour Québec a effectué un bond de la même ampleur au cours de ces années. Alors qu'elle s'élevait à 2,4 millions de dollars il y a trois ans, la facture de Sacré-Coeur a rapidement pris du poids, atteignant 5,4 millions de dollars l'an dernier. Une augmentation de 125 %.

« C'est sûr que c'est plus cher. C'est une entreprise, elle fait des profits », admet Mme Simard, ajoutant que la taille de l'institution créait des économies d'échelle. « Nous, nos coûts sont amortis. »

Les chirurgies effectuées au centre Rockland MD représentent maintenant environ la moitié des interventions de ce genre réalisées par Sacré-Coeur.

« L'Hôpital Sacré-Coeur a continué à utiliser au maximum la ressource de Rockland MD plutôt que de travailler à trouver des solutions structurantes à l'intérieur de ses murs pour pouvoir ramener à l'interne les chirurgies effectuées à un coût supérieur », s'insurge la présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), Francine Lévesque.

Selon elle, chaque chirurgie coûte environ 200 $ supplémentaires au trésor public.

Les patients dirigés vers la clinique privée courent des risques, ajoute-t-elle. En cas de complication, les médecins qui y pratiquent ne disposent pas du même équipement que dans un hôpital. Le contrat prévoit d'ailleurs un transfert immédiat vers l'hôpital si un pépin survient.

Fernand Taras, directeur médical de la clinique privée, fait valoir que ses patients sont très satisfaits du service offert.

« Au tout début il y avait de l'appréhension, et il me semble qu'aujourd'hui, une majorité de patients sont favorables au fait de se faire opérer [...] au centre de chirurgie Rockland MD », évalue le docteur Taras. « Ils savent que lorsqu'ils sont à l'horaire, il n'y a jamais de journées de chirurgie annulées. Donc le risque que le rendez-vous soit annulé est quasi inexistant. »

Le risque de contracter une maladie nosocomiale est bien moindre chez Rockland MD que dans un hôpital public, fait-il valoir. Une opinion que conteste la CSN : le patient en chirurgie d'un jour n'a virtuellement aucune chance de contracter une telle maladie, que ce soit à l'hôpital ou en centre privé.

« Quant à moi, le milieu qui est le plus sécuritaire pour répondre aux besoins de la population, ça demeure l'hôpital, parce que c'est là qu'on a toutes les ressources diagnostiques », fait valoir Mme Lévesque.

Au Québec, le contrat qui lie l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal et le centre Rockland MD est unique en son genre. D'autres institutions peuvent toutefois établir des ententes momentanées pour raccourcir des listes d'attente devenues trop longues.

Tous les acteurs publics impliqués dans le dossier - autant l'hôpital que l'Agence de la santé de Montréal et le cabinet du ministre de la Santé - expriment leur volonté de rapatrier l'ensemble des chirurgies confiées à Rockland MD entre les murs de Sacré-Coeur. Mais aucun d'entre eux ne veut fixer de délai clair ou de mesures contraignantes.

L'hôpital veut « mettre fin à l'entente, à la condition que nous puissions assurer les chirurgies que nous y faisons dans le réseau de la santé », assure sa porte-parole.

« L'Agence est convaincue qu'à terme le réseau public est capable d'offrir les services de chirurgie aux patients qui en ont besoin », ajoute l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.

Même son de cloche chez le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

Mais en fait, les activités du centre de chirurgie ne ralentissent pas.

« D'après les statistiques que nous avons présentement, on est à peu près au même régime, ou un peu plus », explique Fernand Taras.

« Ce que l'on peut dire de certain, c'est qu'on maintient la cadence, il n'y a pas eu de diminution. »


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