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Le parti de Poutine conserve le pouvoir en Russie, bien qu'affaibli

Le premier ministre sortant Vladimir Poutine le jour des élections législatives en Russie.

Le premier ministre sortant Vladimir Poutine le jour des élections législatives en Russie.

Photo : AFP / Alexei Nikolsky

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En récoltant une majorité de sièges avec près de la moitié des voix exprimées, le parti Russie unie du premier ministre sortant Vladimir Poutine sort victorieux des élections législatives de dimanche, à l'issue d'un scrutin marqué par des accusations de fraude et des arrestations d'opposants.

Selon les résultats dévoilés par la Commission électorale centrale, le parti Russie unie a remporté les élections en obtenant 49,5 % des voix. Il se retrouve ainsi avec 238 des 450 sièges de la chambre basse du parlement, alors qu'il en détenait 315 à sa dissolution. Il avait obtenu 64 % des voix aux législatives de 2007.

« C'est ça le parlementarisme, c'est ça la démocratie. On disait que le parti [...] chercherait à conserver sa position dominante en se livrant à des machinations, des manipulations, mais il a prouvé qu'il avait le droit moral de poursuivre dans la voie que nous avons choisie », a déclaré le président Dimitri Medvedev, lors d'un discours diffusé à la télévision.

« C'est un résultat optimal qui reflète la situation réelle dans le pays. En nous appuyant sur ce résultat, nous pourrons assurer le développement stable du pays », a indiqué Vladimir Poutine, aux côtés du président russe.

Le Parti communiste, principale force d'opposition à la Douma, obtient 92 sièges avec 19,1 % des voix. Pour ce parti qui connaît un regain de popularité, il s'agit d'une hausse importante par rapport aux 12 % récoltés il y a quatre ans.

Le parti Russie juste recueille quant à lui 64 sièges avec 13,2 % des suffrages, tandis que le Parti libéral-démocrate récolte 56 sièges avec 11,7 % des votes. Sans surprise, le parti d'opposition démocratique Iabloko ne franchit pas le seuil nécessaire de 7 % pour entrer au Parlement. Par ailleurs, seulement sept partis ont été autorisés cette année à présenter des candidats.

Les résultats dévoilés par la Commission électorale centrale concordent avec les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote et rendus publics après leur fermeture à 17 h GMT. Selon les différents instituts, Russie unie obtenait entre 46 et 48,5 % des voix.

Des membres de la Commission électorale centrale font le dépouillement des votes dans un bureau de scrutin de Moscou, dans le cadre des élections législatives du 4 décembre 2011.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des membres de la Commission électorale centrale font le dépouillement des votes dans un bureau de scrutin de Moscou, dans le cadre des élections législatives du 4 décembre 2011.

Photo : AFP / Natalia Kolesnikova

Des accusations de fraudes massives

Plusieurs observateurs et opposants n'ont pas tardé à faire état d'irrégularités importantes dans le déroulement des élections, auxquelles près de 110 millions de Russes étaient appelés à voter.

« Nous avons reçu des milliers de plaintes des états-majors régionaux, confirmant le caractère massif des infractions et des falsifications », a soutenu un membre du comité central du Parti communiste, Ivan Melnikov, par voie de communiqué.

Selon le chef de file des communistes, Guennadi Ziouganov, les observateurs de son parti ont découvert dans un bureau de vote de Moscou quelque 300 bulletins déjà présents dans l'urne avant le début du scrutin. Ce genre d'incident aurait également été signalé dans plusieurs autres régions du pays.

Des observateurs et des membres de partis d'opposition auraient aussi été empêchés de vérifier l'état des scellés des urnes à Samara, sur la Volga, ainsi qu'à Krasnodar.

Les communistes joignent ainsi leur voix aux accusations lancées par l'opposition libérale, les défenseurs des droits de l'homme, des médias indépendants et des organisations non gouvernementales (ONG), qui s'étaient dit victimes de harcèlement et de pressions de la part des autorités pendant la campagne électorale.

Plusieurs sites Internet de médias indépendants et ceux d'une ONG qui recense les violations des règles électorales étaient d'ailleurs inaccessibles dimanche, en raison de piratages informatiques orchestrés pour empêcher la diffusion d'informations sur les fraudes, selon eux.

Parmi les sites web visés figurent ceux de la radio Echo de Moscou, du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos ainsi que son site interactif La carte des fraudes, qui se disait victime de harcèlement systématique de la part des autorités russes depuis une semaine.

À Vladivostok, en Extrême-Orient, des électeurs ont porté plainte à la police en dénonçant le fait que Russie unie proposait de la nourriture gratuite s'ils promettaient de voter pour le parti.

À Saint-Pétersbourg, un électeur de 23 ans soutient avoir voté 10 fois pour le parti de Vladimir Poutine, en échange d'une prime de 2000 roubles (68 $) et grâce à un système qui lui a permis de voter à l'extérieur de son bureau de vote avec un certificat reçu à l'avance.

« On m'a donné 30 certificats à mon nom. J'ai eu le temps de faire 10 bureaux. Russie unie va de toute façon falsifier les résultats et moi j'ai besoin d'argent avant Noël », a-t-il expliqué, cité par l'Agence France-Presse.

De 20 000 à 30 000 représentants des jeunesses pro-Kremlin Nachi auraient fait de même à Moscou. « Ils vont d'un bureau à l'autre avec ces certificats et votent pour Russie unie. Il est très difficile de les prendre en flagrant délit », a confié à l'AFP la journaliste et observatrice indépendante, Zoïa Svetova.

Le politologue Dimitri Orechkine, à l'origine d'un mouvement associé à l'ONG Golos, estime qu'il s'agit des élections « les plus scandaleuses de l'histoire (russe) ».

« Autant que je sache, il n'y a pas eu d'infractions », a affirmé quant à lui le chef de la Commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, annonçant un taux de participation « d'au moins 60 % ».

Près de 200 manifestants arrêtés

Avant l'ouverture des bureaux de vote, des partis d'opposition avaient déjà fait part de leur intention de manifester le soir des élections. Une dizaine de militants du Front de gauche ont été interpellés par la police devant la Place rouge à Moscou, alors qu'ils tentaient d'organiser une manifestation qui n'avait pas reçu l'aval des autorités.

Plus tard en soirée, une centaine de manifestants de l'opposition ont aussi été arrêtés dans la capitale, pendant que 70 autres l'étaient à Saint-Pétersbourg.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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