•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU condamne la Syrie

Des délégués prennent place sous le plafond peint par l'artiste espagnol Michel Barcelo au siège du Conseil des droits de l'homme, à Genève.

Des délégués prennent place sous le plafond peint par l'artiste espagnol Michel Barcelo au siège du Conseil des droits de l'homme, à Genève.

Photo : AFP / FABRICE COFFRINI

Radio-Canada

Par une écrasante majorité, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté vendredi une résolution condamnant « les graves violations systématiques des droits de l'homme » commises par les autorités syriennes.

Trente-sept membres du Conseil ont voté pour, six se sont abstenus et quatre ont voté contre, soit Cuba, la Russie, l'Équateur et la Chine. La résolution recommande notamment la création d'un mandat de rapporteur spécial des droits de l'homme en Syrie.

« Étant donné que les autorités syriennes ne protègent pas leurs citoyens, la communauté internationale doit prendre d'urgence des mesures efficaces pour protéger la population syrienne », a plaidé la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, en ouverture d'une session spéciale portant sur la situation en Syrie.

Mme Pillay a aussi déclaré qu'il était urgent que les personnes soupçonnées d'avoir commis des crimes contre l'humanité rendent des comptes devant la communauté internationale.

Le Conseil des droits de l'homme accepte ainsi les recommandations contenues dans le rapport d'enquête présenté au début de la semaine par les trois enquêteurs qu'il a chargés d'étudier la situation en Syrie.

Le rapport conclut que l'armée et les forces de sécurité syriennes ont commis des crimes contre l'humanité lors de la répression de civils, dont des meurtres, des tortures et des viols, et que cela n'a pu se produire sans le consentement des plus hauts dirigeants de l'État.

Le rapport de la commission d'enquête présidée par le Brésilien Sergio Paulo Pinheiro sera donc transmis au secrétaire général de l'ONU ainsi qu'à tous les organes pertinents de l'ONU afin de s'assurer que les mesures adéquates soient prises.

M. Pinheiro, qui a pris la parole après Mme Pillay, a déclaré que « selon des sources dignes de foi, 307 enfants ont été tués à ce jour par les forces de l'ordre » en Syrie, dont 56 pour le seul mois de novembre.

Valse-hésitation sur le thème de la guerre civile

« Si la répression sans merci qu'exercent sans relâche les autorités syriennes ne s'arrête pas tout de suite, le pays risque de basculer dans une guerre civile totale », a par ailleurs soutenu Mme Pillay, qui atténue ainsi des propos tenus la veille.

Après avoir annoncé que les Nations unies évaluent le bilan à plus de 4000 morts depuis le début de la répression, à la mi-mars, la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU n'avait pas hésité jeudi à qualifier la situation de guerre civile.

« J'avais dit en août devant le Conseil de sécurité que lorsqu'un nombre croissant de déserteurs menaceraient de prendre les armes, il y aurait guerre civile. Désormais, c'est ainsi que je caractérise ce qui se passe », a-t-elle déclaré devant la presse.

Son porte-parole Rupert Colville avait rectifié le tir quelques heures plus tard : « La situation évolue assurément dans ce sens, avec de plus en plus de récits de résistance armée contre les forces gouvernementales. Nous sommes au bord de la guerre civile, mais dans ces circonstances il est difficile d'affirmer catégoriquement à quel moment cela devient une guerre civile », a-t-il déclaré à Reuters.

Par ailleurs, des tirs en provenance de la Syrie ont fait des blessés vendredi dans la localité libanaise de Wadi Khaled. Des témoins soutiennent que les tirs ont engendré l'évacuation de plusieurs maisons de la municipalité. Des dizaines de milliers de personnes ont également manifesté contre Bachar Al-Assad dans le centre de la Syrie.

Washington salue la résolution du Conseil

Par voie de communiqué, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a salué l'adoption de cette résolution, qui « montre que le régime d'Assad est maintenant plus isolé et donne lieu à une pression internationale plus forte que jamais ».

« Il est clair que le gouvernement syrien est prêt à tout pour étouffer les aspirations légitimes du peuple syrien. [...] Les États-Unis soutiennent donc fermement les efforts du Conseil pour faire la lumière sur le régime d'Assad », a-t-elle ajouté.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International