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Intimidation : le suicide de la jeune Marjorie Raymond suscite émoi et réflexion

Marjorie Raymond
Radio-Canada

La mère de Marjorie Raymond, cette adolescente de Sainte-Anne-des-Monts qui s'est enlevé la vie lundi parce qu'elle était victime d'intimidation, espère que le geste de sa fille saura éveiller les consciences.

La jeune fille de 15 ans a laissé à ses parents une lettre de trois pages dans laquelle elle raconte ce qu'elle a vécu.

C'est la faute de la vie, des gens jaloux qui veulent gâcher notre bonheur.

extrait de la lettre de Marjorie Raymond

La mère de la jeune fille, Chantal Larose, a accepté de parler aux médias, pour sensibiliser les gens à la violence et au harcèlement à l'école.

Je veux que le geste que Marjorie a posé n'ait pas été fait pour rien, que ce soit un cri d'alerte pour tout le monde.

Chantal Larose, mère de Marjorie

La jeune fille répétait souvent à ses parents qu'elle n'était plus capable de supporter les actes d'intimidation verbaux et physiques dont elle était victime. Marjorie, raconte sa mère, ne voulait plus aller à l'école.

La mère de l'adolescente estime que les écoles, surtout en région, ne sont pas outillées pour répondre aux besoins des jeunes victimes d'intimidation. Très en colère, la mère affirme être intervenue plusieurs fois auprès de l'école pour dénoncer les actes dont sa fille était victime. Des jeunes ont été suspendus, mais l'intimidation n'a jamais cessé.

Les appels à l'aide répétés lancés aux intervenants de l'école n'ont pas donné non plus les résultats souhaités. Maintenant, c'est au gouvernement que Mme Larose lance son message. « Je n'en veux pas à la direction, dit-elle, j'en veux au système qui fait que les budgets ne sont pas là pour aider les enfants. »

La classe politique sous le choc

La vice-première ministre et ministre de l'Éducation Line BeauchampLa vice-première ministre et ministre de l'Éducation Line Beauchamp

Cette histoire a rebondi à l'Assemblée nationale, mercredi, où plusieurs politiciens se sont dits bouleversés par la mort de l'adolescente.

En Chambre, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, s'est d'ailleurs dite indignée que des drames comme celui-ci soient encore possibles au Québec.

On sent que c'est inacceptable dans notre société.

Line Beauchamp, ministre de l'Éducation

Selon elle, l'intervention auprès des agresseurs doit dépasser le cadre scolaire. « Il faut qu'il y ait des conséquences pour l'agresseur. Ça ne peut pas être juste de dire : "Tu es exclu de l'école et tu t'en vas à la maison pendant cinq jours." Il y a des fois un support à donner à l'agresseur. Il faut aussi être capable de rejoindre les parents de cet enfant agresseur et qu'il y ait des conséquences », estime la ministre Beauchamp.

Le premier ministre Jean Charest a pour sa part dit qu'il s'agissait d'un drame terrible. Selon lui, on doit s'interroger si nous pouvons, comme société, en faire davantage.

La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a souligné que le gouvernement devait revoir la coordination de ses actions afin d'améliorer la prévention en matière de violence et de harcèlement à l'école.

Ça tire les larmes, on pense toujours à nos enfants.

Pauline Marois, chef du Parti québécois

Une cellule de crise a été déployée à l'École Gabrielle-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts, que fréquentait la jeune Marjorie depuis trois ans. L'école compte environ 600 élèves, Marjorie était en troisième secondaire.

Dans un point de presse donné en après-midi, mercredi, la direction de la commission scolaire a expliqué qu'elle avait mis en place un programme pour contrer l'intimidation au début de l'année, à la demande du ministère de l'Éducation.

Le directeur général de la Commission scolaire des Chic-Chocs, Jean Letarte, affirme qu'une enquête sera menée à l'intérieur de l'école pour comprendre ce qui s'est passé et apporter les correctifs nécessaires. « On cherche toujours les causes et les coupables, dans le fond, on avait tous une part de responsabilité. C'est dans ce sens-là qu'il faut se regarder, regarder individuellement, personnellement, les interventions que l'on peut faire », a déclaré M. Letarte.

Comment lutter contre l'intimidation à l'école : votre avis

Vendredi à midi, l'équipe de Sur le web vous invite à participer à un clavargade en direct sur les moyens de lutter contre l'intimidation à l'école. Alain Johnson, directeur des services cliniques en français de l'organisme « Jeunesse, J'écoute » tentera de répondre à vos questions.

Le CSSS de la Haute-Gaspésie est sur un pied d'alerte

Sainte-Anne-des-MontsSainte-Anne-des-Monts (archives)

Le Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Gaspésie a dépêché des intervenants, psychologues et travailleurs sociaux pour soutenir le personnel et des élèves depuis mardi. Les enseignants ont été rencontrés.

Depuis lundi, des élèves de la polyvalente ont raconté que la jeune fille était fréquemment la cible d'intimidation physique et verbale de la part d'autres jeunes de l'école. C'est celle qui se faisait le plus harceler, souligne un élève. Les sentiments des jeunes qui acceptent de parler vont de la tristesse à la colère. Toute l'école est ébranlée.

Une page Facebook, qui a été créée en mémoire de l'étudiante, fait aussi état d'histoires d'intimidation.

Les lignes de Tel-Jeunes ont été ouvertes aux jeunes particulièrement touchés par cette histoire.

La directrice générale de Tel-Jeunes, Cécile Muloin, rappelle d'autre part que l'intimidation est un problème qui concerne aussi les adultes. « Plus ils [NDLR Les adultes] sont conscients, concertés, plus qu'eux disent non à ce phénomène d'intimidation, qu'ils interviennent rapidement, qu'ils confrontent les jeunes qui intimident, plus ils ont des chances de succès », commente-t-elle.

Tous rappellent l'importance de se concerter pour éliminer l'intimidation.

La Sûreté du Québec a confirmé que les policiers assisteraient le coroner dans cette enquête.

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