•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Royaume-Uni : vaste mouvement de grève pour défendre les retraites

Grève pour défendre les retraites en Grande-Bretagne
Radio-Canada

Les principaux syndicats du secteur public estiment que quelque deux millions de travailleurs ont pris part à au vaste mouvement de grève tenu mercredi pour protester contre la réforme des retraites au Royaume-Uni.

La grève, d'une ampleur qui rappelle « l'hiver du mécontentement de 1978-1979 » qui précipita la chute des travaillistes au profit de Margaret Thatcher, a touché tant les hôpitaux que les écoles, les services municipaux, les aéroports et le transport ferroviaire. Les trois quarts des écoles ont été touchées, obligeant des milliers de familles à garder leurs enfants à la maison.

Selon la BBC, des dizaines de milliers de travailleurs ont participé aux différentes manifestations tenues partout au pays, dont à Londres et à Manchester. La police a procédé à une cinquantaine d'arrestations dans la capitale pour neutraliser des « fauteurs de trouble ».

Selon le premier ministre David Cameron, cette journée de protestation n'a été qu'un « pétard mouillé », avec la participation de « moins d'un tiers des fonctionnaires ». Ce chiffre ne prend toutefois en compte que le personnel administratif.

M. Cameron a par ailleurs réaffirmé, mercredi, que la réforme des retraites était « absolument essentielle » en raison de l'allongement de l'espérance de vie et du nécessaire équilibre avec le secteur privé.

Les quelque trente centrales syndicales qui ont appelé à cette grève d'un jour dénoncent la volonté du gouvernement conservateur de M. Cameron de repousser l'âge de la retraite de 60 à 66 ans en 2020 et d'augmenter les cotisations des employés à leur fonds de retraite.

La décision de changer le mode de calcul de l'indexation des traitements sur l'inflation a par ailleurs déjà réduit de 15 % le montant de certaines pensions. Le ministre de l'Économie George Osborne a appelé les syndicats à reprendre les négociations, dans l'impasse depuis plusieurs mois. Le gouvernement Cameron estime que la réduction obligée du déficit budgétaire et l'allongement de l'espérance de vie justifient ses intentions.

Mais selon Brendan Barber, secrétaire général de la confédération des syndicats britanniques, il faut « résister » à la volonté du gouvernement de faire travailler plus, et plus longtemps, les employés du secteur public, tout en leur offrant de moins bonnes conditions financières.

Un impact jusqu'ici relatif

Selon le ministère de l'Éducation, 58 % des quelque 21 700 établissements publics ont été fermés et l'activité dans les hôpitaux a été perturbée. Souvent, seuls les soins d'urgence étaient assurés.

Les services municipaux tournaient eux aussi au ralenti, comme les tribunaux.

Le mouvement de grève n'a toutefois pas eu l'impact redouté sur le trafic aérien. À Heathrow, le plus grand aéroport d'Europe, le service est demeuré à l'état normal, sans temps d'attente particulier, en raison de la décision de la direction de remplacer les grévistes par des centaines de cadres.

Certaines compagnies aériennes avaient cependant annulé des vols en prévision de cette journée de grève. Le trafic ferroviaire, notamment sous la Manche, n'a pas non plus été perturbé outre mesure, pas plus que le service des transbordeurs appareillant du port de Douvres. En outre, aucune perturbation n'a été signalée dans les trains Eurostar.

Certains des syndicats qui participent au mouvement n'avaient pas appelé à la grève depuis dix ans. Celui des directeurs d'école ne l'avait jamais fait en 114 ans d'histoire.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International