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Le ministre Kent refuse de dire si le Canada se retirera de Kyoto

Le ministre de l'Environnement du Canada, Peter Kent

Le ministre de l'Environnement du Canada, Peter Kent

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de l'Environnement du Canada, Peter Kent, refuse de confirmer que son gouvernement enterrera officiellement le protocole de Kyoto avant les Fêtes. La rumeur veut qu'Ottawa annonce son retrait de l'accord le 23 décembre.

« Je ne le confirme pas, je ne le nie pas », s'est-il contenté de dire lundi au cours d'une conférence de presse, tout juste avant de s'envoler, lundi, à destination de Durban, en Afrique du Sud, où se tient la 17e Conférence de l'ONU sur le climat.

« Ce n'est pas le bon moment pour faire une annonce au-delà de l'annonce d'aujourd'hui sur le programme pour améliorer la qualité de l'air », a-t-il aux journalistes qui le pressaient de répondre.

Le ministre Kent a insisté sur le fait qu'il souhaitait un nouvel accord « post-Kyoto », incluant tous les émetteurs de gaz à effet de serre (GES), y compris les pays en développement, une position qu'il défendra à la conférence de l'ONU.

« Kyoto appartient au passé », a-t-il affirmé, ajoutant que les accords plus récents conclus à Copenhague et à Cancun représentaient l'avenir.

« Notre gouvernement croit que la décision de l'ancien gouvernement libéral de signer le protocole de Kyoto a été l'une des plus grandes bourdes qu'il ait commises, compte tenu qu'il n'avait aucune intention de respecter cette entente », a-t-il soutenu.

Il est impossible que le Canada atteigne les cibles de réduction de GES de 6 % par rapport aux niveaux de 1990, prévues en vertu de cet accord, qui vient à échéance en 2012. L'entente avait reçu l'approbation de la Chambre des communes et du Sénat.

Plus modeste, la cible privilégiée par le gouvernement Harper est une réduction de 17 % des émissions de GES par rapport au niveau de 2005 d'ici 2020.

L'opposition s'indigne

Aux Communes, l'opposition a déploré l'éventualité du retrait, accusant le gouvernement de trahir les générations futures. « Le Canada s'isole du reste du monde. Il s'assure de ne pas être à la table où les décisions importantes concernant l'avenir de la planète seront prises », a soutenu en Chambre la porte-parole néo-démocrate en matière d'Environnement, Megan Leslie.

Les conservateurs préfèrent jouer tout seuls dans leur carré de sable bitumineux.

Une citation de :La députée néo-démocrate, Megan Leslie

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, a de son côté réclamé plus de transparence. Il estime que le gouvernement devrait mettre cartes sur table dès maintenant afin que les députés des Communes puissent en débattre et que la situation soit claire à Durban. « Il y a une malhonnêteté de la part du gouvernement du Canada de dire "on a une stratégie, mais la stratégie, on va l'annoncer juste avant Noël" », a-t-il déploré.

Selon le haut-commissaire pour l'Afrique du Sud à Ottawa, non seulement la rumeur d'un retrait de Kyoto circule-t-elle depuis plusieurs semaines, mais le Canada aurait aussi tenté de convaincre d'autres signataires du traité de faire comme lui.

Jean Charest écorche le fédéral

Présentant son Plan Nord devant les membres de la Chambre de commerce, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a pour sa part rappelé que la province allait atteindre ses objectifs de réduction de GES.

M. Charest, ancien ministre fédéral de l'Environnement qui représentait le Canada aux négociations préliminaires sur l'accord de Kyoto, s'est dit convaincu de la création d'une taxe sur le carbone d'ici 10 ou 15 ans.

« À mes yeux à moi, suivre les Américains sur les questions de l'environnement, ce n'est certainement pas la marche à suivre. Ce n'est certainement pas ce que j'attends du gouvernement fédéral [...]. J'aurais aimé une vision canadienne sur cet enjeu-là », a-t-il indiqué en point de presse à Montréal.

Il a invité les entreprises soucieuses d'améliorer le bilan d'émission de gaz à effet de serre à s'installer au Québec, où elles prendront selon lui de l'avance sur les autres.

Avec les informations de La Presse canadienne

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