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Les manifestants de la place Tahrir accentuent la pression sur l'armée

Des feux d'artifice au-dessus de la place Tahrir

Des feux d'artifice au-dessus de la place Tahrir, le 25 novembre 2011

Photo : AFP / Odd Andersen

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des dizaines de milliers d'Égyptiens sont toujours rassemblés place Tahrir, dans la nuit de vendredi à samedi, pour exiger que l'armée cède le pouvoir et dénoncer la nomination du nouveau premier ministre, un ancien du régime Moubarak.

Devant la détermination des manifestants, le nouveau chef du gouvernement, Kamal Ganzouri, nommé jeudi par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), a promis que les militaires ne resteront pas au pouvoir éternellement.

Lors d'une conférence de presse télévisée, il a affirmé que si les militaires avaient l'intention de garder le pouvoir, il n'aurait pas accepté le poste de premier ministre.

Kamal Ganzouri, qui ne semblait pas très à l'aise lors de son intervention, a précisé qu'il ne pourrait former un gouvernement avant le début de la première phase des élections législatives, lundi. « Je prendrai toute l'autorité pour pouvoir servir mon pays », a-t-il dit.

Il a ajouté avoir de « l'expérience dans le domaine du pouvoir » et a affirmé que les pouvoirs que lui a accordés le CSFA « dépassent de loin ceux de mes prédécesseurs ».

Les manifestants n'ont pas semblé impressionnés par les paroles de M. Ganzouri.

« Nous ne voulons pas de quelqu'un qui soit lié à l'ancien régime, on veut un transfert complet des pouvoirs au nouveau gouvernement », explique par exemple Mohamed Abdel Kerim, un étudiant. « Dégage! », « Ganzouri est un feloul [vestige] », « Révolution! », scandaient aussi les manifestants.

De nombreux Égyptiens entretiennent peu d'espoir concernant les élections législatives. Selon eux, malgré leurs promesses, les militaires seraient trop corrompus pour assurer un scrutin libre.

« Ça leur a suffi, 50 ans au pouvoir. L'état du pays est lamentable. Qu'ils aillent protéger nos frontières et qu'ils nous foutent la paix », a déclaré Mira, une manifestante, à l'envoyée spéciale de Radio-Canada, Sophie Langlois.

Plus tôt, l'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Mohamed ElBaradei, qui compte briguer la présidentielle égyptienne, s'est joint aux manifestants qui participaient à la prière musulmane hebdomadaire sur la place.

Dans un autre quartier du Caire, des milliers de personnes ont tenu une contre-manifestation pour appuyer le pouvoir militaire et dénoncer le mouvement de la place Tahrir.

« Police, armée, peuple, d'une seule main! », pouvait-on notamment entendre, ainsi que plusieurs « Maréchal, on t'aime! » et « À bas Tahrir! ».

« Je dis aux jeunes de Tahrir : "Merci, maintenant ça suffit", a affirmé à l'AFP Khaled Bchir, 37 ans. « Ils nous ont donné de belles leçons » grâce à la révolution qui a renversé Hosni Moubarak le 11 février, « mais il faut que cela s'arrête ».

De leur côté, les Frères musulmans, qui n'appuient pas ce mouvement de la place Tahrir, ont aussi organisé une manifestation dans la capitale égyptienne.

Des imams appuient les manifestants

Le grand imam d'Al-Azhar, principale institution musulmane d'Égypte, a annoncé pour sa part qu'il soutenait les manifestants. « Le grand imam vous soutient et prie pour votre victoire », a déclaré l'un de ses représentants, Hassan Chafie.

Selon l'Agence France-Presse, c'est la première fois depuis de nombreuses années que l'imam d'Al-Azhar, désigné par le président de la République, adopte une position opposée à celle du pouvoir.

Lors du sermon prononcé à l'occasion de la prière sur la place Tahrir, un autre imam, Mazhar Chahine, a prévenu que les manifestants ne quitteront Tahrir « qu'une fois leurs revendications satisfaites ».

Selon lui, « il n'y a d'autre option qu'un gouvernement de salut national avec les pouvoirs d'un président ».

Lors de la prière, place TahrirAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lors de la prière, place Tahrir

Photo : Sophie Langlois

Vers des législatives tumultueuses

La manifestation de vendredi se déroule à trois jours de la première phase d'élections législatives. L'armée insiste pour que le scrutin, le premier de l'ère post-Moubarak, se déroule comme prévu.

La télévision d'État a cependant annoncé vendredi que chacune des trois phases se déroulerait non pas sur une journée comme prévu, mais deux. L'armée n'a pas donné d'explications pour ce changement.

Le maintien de la date des élections plaît notamment aux Frères musulmans, la force politique la mieux organisée du pays. Le parti islamiste a d'ailleurs participé à des négociations avec le CSFA plus tôt cette semaine, ce qui n'a pas été bien reçu place Tahrir.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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