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Yémen : le président Saleh signe l'accord de transfert du pouvoir

Ali Abdallah Saleh, lors d'un discours devant des soldats yéménites le 19 novembre.

Ali Abdallah Saleh, lors d'un discours devant des soldats yéménites le 19 novembre.

Photo : AFP / Présidence yéménite

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Riyad, en Arabie Saoudite, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a signé mercredi l'accord de transfert du pouvoir qui consacre la fin de son règne de 33 ans sur le pays et ouvre la voie à des élections présidentielles.

M. Saleh, qui avait déjà renié cet accord à trois reprises depuis le début de l'année, a signé l'accord lors d'une cérémonie tenue en présence du roi d'Arabie saoudite, Abdallah Ben Abdel Aziz.

L'accord, préparé par le Conseil de coopération du Golfe, prévoit le transfert du pouvoir à l'actuel vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi d'ici quelques semaines et la tenue prochaine d'élections présidentielles. Il accorde en outre une immunité au président Saleh.

Salué par la communauté internationale et rejeté par les contestataires

Les contestataires du comité d'organisation des jeunes de la révolution pacifique, qui campent depuis neuf mois à Sanaa pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, ont rejeté en bloc mercredi soir l'accord signé en Arabie Saoudite.

Cet accord ne nous concerne pas, a déclaré Walid al-Ammari, porte-parole des contestataires yéménites. Le comité a également appelé à des manifestations jeudi.

Par ailleurs, la communauté internationale a favorablement accueilli l'annonce de cet accord qui marque le départ du président Saleh du pouvoir à Sanaa.

Il s'agit d'une « avancée importante » selon Washington, qui appelle les Yéménites à la retenue pour se diriger rapidement vers la mise en oeuvre des termes de l'accord.

Même son de cloche du côté de l'Union européenne

« L'accord est seulement un commencement, mais c'est un commencement très important », estime Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne dans un communiqué.

L'accord est qualifié de déterminant par Berlin, Paris espère « une transition démocratique conforme aux voeux du peuple yéménite ».

Un bras de fer qui dure depuis plusieurs mois

Des opposants au président manifestent depuis janvier dans les rues de plusieurs villes du pays, dont Sanaa et Taïz, pour réclamer le départ d'Ali Abdallah Saleh, qu'ils accusent de népotisme et de corruption. Les partisans du président ont ensuite organisé des contre-manifestations.

Après de nombreuses semaines, ces démonstrations pacifiques se sont transformées en conflit armé. Le général Ali Moshen, autrefois allié de M. Saleh, est passé à l'opposition avec ses hommes et contrôle une partie de Sanaa. Le puissant chef tribal Sadek al-Ahmar, aussi rallié à la contestation, en contrôle une autre.

Un soldat fidèle au général Ali Mohsen, rallié à l'opposition, surveille les manifestants qui défilent dans les rues de Sanaa, vendredi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un soldat fidèle au général Ali Mohsen, rallié à l'opposition, surveille les manifestants qui défilent dans les rues de Sanaa vendredi.

Photo : AFP / Ahmad Garabli

Les fils et des neveux du président Saleh détiennent par ailleurs des postes importants au sein de l'armée et des services de renseignements et continuent d'être des acteurs de premier plan dans la crise qui secoue le pays de 24 millions d'habitants depuis la mi-janvier.

La répression des manifestations pacifiques par les forces de sécurité du président Saleh et des affrontements entre les différents groupes armés ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés depuis le début de l'année dans le pays.

Dans la capitale yéménite, Sanaa, des témoins rapportent que des combats ont éclaté mercredi entre partisans et adversaires de M. Saleh, qui dirigeait le Yémen unifié d'une main de fer depuis 1990, après avoir dirigé le Yémen du Nord depuis 1978.

Ali Abdallah Saleh a lui-même été victime d'une tentative d'attentat le 3 juin. Une bombe a explosé dans la mosquée du palais présidentiel, le blessant grièvement au visage. Il a immédiatement été évacué vers l'Arabie saoudite, où il a été soigné jusqu'à son retour, le 24 septembre.

Le Yémen vivait une situation politique très fragile avant même le début du soulèvement populaire de janvier. Une rébellion chiite couve dans le Nord, à la frontière avec l'Arabie saoudite, des tensions séparatistes existent dans le Sud et une filiale d'Al-Qaïda est active dans le pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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