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Plan Nord : la position de Parizeau trouve écho au PQ

Jacques Parizeau

Jacques Parizeau

Radio-Canada

L'ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau estime qu'avec son Plan Nord, le gouvernement Charest offre un « bar ouvert » aux plus grandes entreprises minières du monde, une critique que s'est empressé d'endosser le Parti québécois.

Lors d'un colloque sur le développement minier du Québec à HEC Montréal, M. Parizeau a salué la correction du régime de redevances minières inscrite dans le budget Bachand de l'an dernier. « On sait depuis déjà quelques années que notre système de redevances était - le mot est faible - insignifiant. Ça a été corrigé dans le discours du budget de 2010. Nous avons maintenant un système de redevances minières qui est correct », a-t-il dit, ajoutant qu'il y avait encore place à amélioration.

L'ancien professeur d'économie dénonce en revanche la façon dont le gouvernement cherche selon lui à compenser cette augmentation des sommes exigées en offrant aux compagnies d'investir dans les infrastructures dont elles ont besoin. « Tout se passe comme si le gouvernement disait : "Mes redevances maintenant sont très élevées, il faut quand même que je leur donne un coup de main. Autrement, ils risquent d'aller ailleurs" », a-t-il précisé en entrevue à 24 heures en 60 minutes.

Ce faisant, le Plan Nord ne change pas le modèle de développement du territoire à l'avantage des contribuables québécois, soutient M. Parizeau. « Une mine qui s'installait dans le Grand Nord payait tout : elle se fournissait son électricité, elle payait son aéroport, elle payait son port, construisait sa route. Elle assumait tout. Là, avec le Plan Nord, c'est le gouvernement qui propose », fait-il valoir.

L'ex-chef du Parti québécois croit que si Québec utilise des fonds publics pour servir les entreprises, il doit le faire dans une relation donnant-donnant. Il propose que l'État devienne actionnaire minoritaire de certaines entreprises implantées dans la province.

On ne va pas utiliser l'argent des contribuables pour vous offrir du service, vous les grandes compagnies minières du monde. On ne va pas vous offrir tout ça sans contrepartie. Donnez-nous des actions en échange.

Jacques Parizeau

Le ministre responsable du Plan Nord a réagi à cette dernière proposition. « Oui, des prises de participation, on y avait pensé, on en a déjà actuellement, mais ce n'est pas vrai que ça va être systématique, exactement dans tous les projets », a affirmé Clément Gignac.

M. Parizeau précise que les parts que devrait obtenir le Québec dans les entreprises minières devraient être assez importantes pour lui permettre de siéger au conseil d'administration et ainsi savoir de quelle façon elles travaillent.

Le politicien à la retraite suggère aussi, à l'instar d'Yvan Allaire, professeur à HEC et à l'UQAM, la création d'une société d'État chargée de superviser l'exploitation des ressources minérales québécoises.

Marois emboîte le pas

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, s'adressant à la presse au sujet du Plan Nord

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, s'adressant à la presse au sujet du Plan Nord

Photo : Radio-Canada

Faisant écho aux critiques de Jacques Parizeau, la chef du Parti québécois s'oppose au Plan Nord dans sa forme actuelle.

En point de presse mardi, Pauline Marois a comme lui préconisé que le Québec fasse en sorte de recevoir des parts dans les compagnies qui s'enrichissent grâce aux ressources naturelles avec l'aide de la province.

Vous devrez aussi faire votre part et nous compenser pour l'exploitation de nos ressources non renouvelables. Le Nord appartient aux Québécois, et je peux vous assurer que nous ne le donnerons à personne.

Pauline Marois

La députée de Charlevoix pense aussi que le gouvernement devrait imposer aux compagnies minières une taxe sur les profits excédentaires. Elle juge de plus que les redevances minières devraient être calculées non seulement sur les profits, comme c'est le cas actuellement, mais également sur le volume extrait.

La chef péquiste tient à souligner qu'elle n'est pas contre le développement du Nord, mais elle croit qu'il faut en cela éviter l'improvisation. Elle reproche aux libéraux de refuser tous les amendements proposés afin d'améliorer leur projet de loi sur les mines.

Il y a un besoin réel d'avoir accès à ses ressources. [...] Mais ça n'empêche pas un gouvernement d'en retirer le maximum.

Pauline Marois

Quant à la contestation que les Innus font du montant offert par le gouvernement pour le développement de leurs terres, Pauline Marois dit que le gouvernement s'est lui-même placé dans cette situation d'affrontement, car il n' a pas su bien négocier. Elle ne veut toutefois pas se prononcer sur le montant qui devrait être accordé aux Innus, puisqu'elle n'a pas, dit-elle, tous les chiffres en mains pour se faire une idée juste de la chose.

Le gouvernement offre 350 millions de dollars sur 50 ans aux Innus, alors que ces derniers demandent près de 5 milliards de dollars.

Plan Nord et problèmes sociaux : des Innus appuient Bonnardel

Le député adéquiste François Bonnardel

Le député adéquiste François Bonnardel

De son côté, le député adéquiste François Bonnardel a rendu publique, mardi, une lettre d'appui d'Innus de la Côte-Nord relativement aux propos qui lui ont attiré de nombreuses critiques il y a deux semaines.

Rappelons que M. Bonnardel avait affirmé qu'il était irresponsable que des chèques aient été distribués avec des fonds d'Hydro-Québec aux Innus de Mingan en raison des problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie dans la communauté.

Le premier ministre Jean Charest, le chef de la nation innue de Mingan, Jean-Charles Piétacho, et le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, avaient alors réclamé des excuses à l'Action démocratique du Québec, au nom de la nation innue.

Loin de réclamer des excuses, un nouveau groupe d'Innu félicite maintenant M. Bonnardel pour cette sortie publique. « Nous vous appuyons d'avoir sonné l'alarme au sujet des problèmes sociaux très graves que vivent les Innus de la Basse-Côte-Nord », indique la lettre, simplement signée « Les Innus de la Basse-Côte-Nord ».

On peut aussi lire, dans la lettre, que l'arrivée du chantier d'Hydro-Québec et du Plan Nord a amplifié les problèmes sociaux, notamment la consommation de drogue, dans les communautés. Il y est également écrit que la commission d'enquête sur la construction, présidée par la juge France Charbonneau, devrait s'intéresser à l'octroi de contrats par Hydro-Québec dans la région, alléguant que la société d'État a des liens avec le crime organisé.

Cette lettre a été envoyée par un membre de la communauté innue de La Romaine, George Bellefleur. Selon les adéquistes, ce dernier a reçu l'appui d'autres membres de sa communauté et recueille actuellement des signatures d'appui, qui seront transmises cette semaine.

Le député François Bonnardel a quant à lui réaffirmé que le gouvernement Charest devait cesser son « aveuglement volontaire » concernant les problèmes sociaux des Innus de la Côte-Nord provoqués par le chantier du complexe hydroélectrique de La Romaine.

« On doit arrêter cette hypocrisie, a dit le député lors d'un point de presse, mardi. On doit arrêter cet aveuglement volontaire et répondre aux hommes, aux femmes, aux jeunes Innus qui nous adressent une lettre, un cri du coeur aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

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