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Au tour des avocats de la défense de critiquer le sénateur Boisvenu

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, le 16 mars 2010

Photo : La Presse canadienne / Pawel Dwulit

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après le Barreau du Québec, c'est maintenant au tour des avocats de la défense du Québec de dénoncer les commentaires tenus cette semaine par le sénateur conservateur Pierre Hugues Boisvenu.

Ils disent lui reprocher son manque d'objectivité et de connaissances, et de vouloir induire la population en erreur.

Dans une entrevue accordée jeudi à la radio de Radio-Canada, Pierre-Hugues Boisvenu a affirmé que le Barreau est opposé au projet de loi C-10 sur la criminalité, parce que 80 % de ses membres sont des avocats de la défense.

Or, les avocats au criminel ne représentent que 5 % du Barreau.

Le sénateur Boisvenu a réaffirmé dimanche que l'objectif de ce projet de loi est de punir plus sévèrement les gens qui ont commis des crimes graves.

« À quelque part, le système de justice est responsable de l'assassinat de ma fille parce que son assassin avait fait 3 mois de prison sur une sentence de 36 mois, le douzième seulement pour avoir violé une femme [...] Si le système à l'époque avait été plus rigoureux, ce qui est mon objectif. Mon objectif moi, ce n'est pas d'enchasser les criminels, c'est de faire en sorte que le système carcéral, de justice, soit plus rigoureux contre ceux qui commettent des crimes graves ».

En entrevue à RDI, Debora de Thomassis, vice-présidente de l'Association des avocats de la défense de Montréal, a vivement dénoncé les propos de M. Boisvenu.

« En fait, je trouve que ça n'a pas sa place. M. Boisvenu n'est pas élu. Il est placé là spécifiquement par le Parti conservateur pour mettre de l'avant son propre agenda. Je crois que s'il veut faire du lobbyng, qu'il s'enregistre auprès des lobbyistes parce que, pour l'instant, il n'est pas élu et il ne parle pas au nom de la population. Il parle pour lui », a-t-elle déclaré.

Une position partagée par Me Gilles Ouimet, ex-bâtonnier du Québec. « J'ai toujours eu énormément de sympathie pour M. Boisvenu, assure-t-il. Mais malheureusement ce n'est pas une question émotive. On doit comme société veiller à améliorer notre système de justice [...] Le système de justice c'est comme une auto. Cette auto-là a besoin de mises au point. Les conservateurs nous proposent de la repeinturer. »

De son côté, le gouvernement continue de défendre son projet de loi, soutenant qu'il semble être bien accepté dans le reste du Canada, sauf au Québec.

« À eux à administrer la justice telle qu'il leur convient parce que c'est leur compétence. Mais au niveau du reste du Canada ça semble avoir été bien accepté », soutient le député conservateur de Moncton-Riverview-Dieppe, Robert Goguen.

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