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Égypte : les heurts entre la police et les manifestants font 11 morts

De nouveaux affrontements se sont déroulés entre les forces de l'ordre et les manifestants rassemblés au Caire, en Égypte, le 20 novembre 2011.

De nouveaux affrontements se sont déroulés entre les forces de l'ordre et les manifestants rassemblés au Caire, en Égypte, le 20 novembre 2011.

Photo : AFP / Mahmud Khaled

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain d'une nuit d'affrontements en Égypte, de nouveaux heurts se sont produits dimanche entre la police et les manifestants rassemblés au Caire, faisant au moins 11 morts et plusieurs centaines de blessés, selon des sources médicales.

Les forces de l'ordre égyptiennes ont investi la place Tahrir pour en chasser les milliers de personnes qui s'y étaient rassemblées en fin d'après-midi. La police antiémeute et les soldats de la police militaire se sont heurtés à une vive résistance de la part des manifestants, qui les ont repoussés dans des rues adjacentes.

Un médecin d'un hôpital proche de la place, Mahmoud Saïd, avait rapporté plus tôt que les cadavres de deux hommes avaient été amenés dans son établissement. Son confrère Mohammed Qenawy, qui officie dans l'un des deux hôpitaux de campagne installés sur la place, avait fait état de la mort d'un manifestant âgé d'une vingtaine d'années.

Le ministère de la Santé a de son côté confirmé trois décès et déclaré qu'une centaine de blessés ont été hospitalisés.

L'armée et la police égyptiennes auraient mis le feu aux tentes et tiré des gaz lacrymogènes ainsi que des balles en caoutchouc pour disperser la foule.

Plus tôt, des groupes de manifestants scandaient des slogans hostiles au pouvoir militaire, réclamant la chute du maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis le départ du président Moubarak. « Le Conseil poursuit la politique de Moubarak, rien n'a changé après la révolution », observait Khaled, 29 ans, alors qu'il installait une tente au centre de la place Tahrir.

Après la mort dans la nuit de deux manifestants, des heurts ont eu lieu tout au long de la journée aux abords de l'emblématique place de la révolution égyptienne. La police antiémeute tirait régulièrement des gaz lacrymogènes pour contenir la foule près du ministère de l'Intérieur, à proximité de la place.

La police égyptienne aux abords de la place Tahrir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La police antiémeute postée aux abords de la place Tahrir.

Photo : AFP / KHALED DESOUKI

Quelque 750 personnes ont été blessées samedi dans la capitale, selon le ministère de la Santé, où les heurts ont débuté en matinée avant de gagner d'autres villes du pays comme Alexandrie (nord), Assouan (sud) et Suez, sur la mer Rouge.

Quelque 55 manifestants ont été arrêtés et 85 policiers ont été blessés dans les accrochages avec les contestataires depuis samedi, selon ce qu'a annoncé dimanche le ministère de l'Intérieur.

Les élections auront bien lieu, affirme le gouvernement

À huit jours du premier scrutin législatif depuis le départ d'Hosni Moubarak, le gouvernement de transition égyptien s'est réuni en urgence dimanche après-midi pour tenter de désamorcer la crise.

À l'issue de cette rencontre, un communiqué a été publié garantissant que les élections législatives auraient bien lieu le 28 novembre prochain.

Le texte précise en outre que la police n'a pas tiré à balles réelles dans la foule, et remercie les policiers pour leur retenue.

« Nous sommes à une période charnière et à la veille des élections législatives (...) ce qui implique de faire appel à la raison et de faire passer l'intérêt du pays et de la révolution en premier », avait déclaré le gouvernement dans un communiqué lu dans la nuit de samedi à dimanche à la télévision.

Ces troubles ont en effet relancé les craintes que les législatives, qui doivent débuter le 28 novembre et s'étaler sur plusieurs mois, ne soient marquées par des incidents et des violences. Un membre du CSFA, le général Mohsen al-Fangari, a cependant assuré que ces élections se dérouleraient comme prévu et que les autorités étaient en mesure d'assurer la sécurité. « Nous n'allons pas céder aux appels pour reporter le scrutin. Les forces armées et le ministère de l'Intérieur sont capables d'assurer la sécurité des bureaux de vote », a-t-il déclaré sur la chaîne satellitaire égyptienne Al-Hayat.

Plusieurs personnalités politiques et des intellectuels, parmi lesquels l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei, ont publié samedi un document demandant un délai supplémentaire pour ces élections. Ils proposent d'élire d'abord une assemblée constituante, puis d'organiser des présidentielles et enfin des législatives.

Les militaires sont, quant à eux, décidés à mettre la présidentielle à la fin de ce processus politique, et de ne rendre le pouvoir aux civils qu'une fois le nouveau chef de l'État élu.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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