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Le fils Kadhafi a stupéfait ses assaillants

Seif al-Islam encadré par les combattants qui l'ont arrêté.

Seif al-Islam, quelques minutes après son arrestation.

Photo : AFP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les combattants qui ont arrêté Seif al-Islam racontent qu'ils ont été surpris par le calme olympien du fils de Mouammar Kadhafi. Au lendemain de sa capture, la communauté internationale et le gouvernement libyen en formation divergent sur le sort à réserver à celui qui était présenté comme le dauphin de son père.

Seif al-Islam a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi, en plein désert, alors qu'il tentait vraisemblablement de rejoindre le Niger. Ahmed Ammar, l'un des combattants qui l'ont capturé, raconte que le fils du colonel Khadafi « n'a pas eu vraiment peur. Au début, il était paniqué. Il pensait que nous allions le tuer », témoigne-t-il au micro des agences de presse.

« Nous les avons surpris. Ils n'ont pas eu le temps de résister », poursuit le combattant, précisant que Seif al-Islam et ses quatre ou cinq compagnons n'étaient que légèrement armés : « des kalachnikovs, des fusils automatiques légers et quelques grenades ». Plusieurs milliers de dollars ont également été retrouvés à bord des véhicules des fugitifs.

Seif al-Islam au moement de son arrestation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Seif al-Islam au moement de son arrestation.

Photo : AFP

Passée la panique des premiers instants, « Seif al-Islam nous a surpris par son calme et son courage », souligne Ahmed Ammar. « Il nous a demandé de lui tirer une balle dans la tête ou de l'emmener à Zenten », une ville située à 170 km au sud-ouest de Tripoli. La brigade a choisi la seconde option.

Dans l'avion-cargo qui le conduisait à Zenten, Seif al-Islam, qui n'avait pas été menotté, a déclaré à un journaliste de l'agence Reuters qu'il était bien portant. Il a précisé que les bandages qu'il portait à trois doigts étaient dus à une blessure subie lors d'un raid de l'OTAN voici un mois.

Toujours détenu à Zenten

À son arrivée à l'aéroport de Zenten, le captif n'a pu descendre de l'appareil. Une foule menaçante l'attendait sur la piste. Certains manifestants ont même tenté de monter à bord de l'avion avant d'être refoulés.

Le fils de l'ex-dirigeant libyen a ensuite été transféré vers une villa située non loin du centre-ville. Il y est depuis retenu prisonnier par les combattants de Zenten, qui ont prévu de le remettre au gouvernement une fois que celui-ci serait formé.

Le chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi, Abdallah al Senoussi, a été arrêté dans le sud de la Libye, a annoncé dimanche un haut responsable du Conseil national de transition (CNT). Comme Seif al-Islam, Abdallah Al-Senoussi fait l'objet depuis le 27 juin d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Âgé de 62 ans, Al-Senoussi est le beau-frère de Mouammar Kadhafi. Il a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Paris, en mars 1999, pour son implication dans l'attentat contre un DC-10 de la compagnie UTA, en 1989, qui avait fait 170 morts.

Qui jugera Seif al-Islam?

Depuis samedi, la communauté internationale a multiplié les appels pour que Seif al-Islam bénéficie d'un « procès équitable », sous l'égide de la Cour pénale internationale. Le fils de Mouammar Kadhafi fait en effet l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour des soupçons de crimes contre l'humanité.

Les autorités libyennes, qui veulent éviter que se reproduise le scénario ayant conduit à la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Moutassim, tous deux tués après avoir été capturés vivants, ont assuré qu'elles collaboreraient avec la CPI. Elles veulent néanmoins que le procès ait lieu en Libye, et non à La Haye.

« Nous voulons que le procès de Seif al-Islam ait lieu en Libye car la justice locale est la règle et la justice internationale l'exception », a déclaré dimanche le ministre de la Justice au sein du Conseil national de transition (CNT), Mohammed al-Allagui, précisant que l'intéressé encourait la peine capitale. « C'est Kadhafi qui l'a créée », a-t-il souligné avant d'ajouter que son pays présentait « les garanties nécessaires pour un procès équitable, en particulier après l'amendement d'une loi garantissant l'indépendance de la justice par rapport à l'exécutif ».

La CPI avait indiqué samedi soir que la Libye avait l'obligation de lui remettre Seif al-Islam, sans toutefois exclure la possibilité que son procès ait lieu dans son pays. Interrogé sur la possibilité que la Cour insiste pour juger Seif al-Islam, Mohammed Al-Allagui a répondu : « Nous nous allons nous mettre d'accord [avec la CPI], conformément aux lois en vigueur ».

De son côté, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo a annoncé qu'il se rendrait sur place dans une semaine pour évoquer le sort de Seif al-Islam. « Je vais me rendre en Libye pour parler de la façon dont nous gérerons le dossier. Mais la nouvelle, c'est que Seif sera jugé. Où et comment, c'est ce dont nous discuterons », a-t-il ajouté.

La formation du gouvernement reportée

L'arrestation de Seif al-Islam a d'ores et déjà retardé l'annonce de la formation du gouvernement, qui devait initialement être présenté dimanche. Le vice-président et porte-parole du Conseil national de transition (CNT) Abdelhafidh Ghoga, a confirmé que l'annonce était repoussée de 48 heures maximum.

Interrogé samedi soir à ce sujet, le premier ministre libyen par intérim, Abdel Rahim Al-Kib, avait esquivé la question. Il a simplement demandé qu'on laisse aux autorités et au peuple libyen le moment de « savourer » sa capture.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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