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Bachar Al-Assad promet de lutter jusqu'à la mort

Des manifestants autour d,un portait géant de Bachar Al-Assad.

Une manifestation de soutien à Bachar Al-Assad était organisée dimanche à Damas.

Photo : AFP / LOUAI BESHARA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain de l'expiration de l'ultimatum de la Ligue arabe, le président Bachar Al-Assad réaffirme qu'il ne cédera à aucune pression et prévient qu'il est prêt à mourir au combat en cas d'intervention militaire étrangère. Sur le terrain, l'Armée syrienne libre a revendiqué l'attaque d'un bureau du parti Baas, au pouvoir depuis 1963.

En dépit de son isolement international, Bachar Al-Assad reste inflexible. Dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire britannique The Sunday Times, le président syrien jure que « la Syrie ne s'inclinera pas » devant les pressions croissantes de l'Occident et des Arabes. Il n'abandonnera pas non plus son poste malgré la multiplication des appels en ce sens.

Preuve de sa détermination, Bachar Al-Assad affirme qu'il est « tout à fait » prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères, « cela va sans dire et c'est indéniable », souligne-t-il. Le président considère en effet que l'ultimatum de la Ligue arabe n'était qu'un « prétexte » à une intervention militaire occidentale, qui, selon lui, provoquerait un « séisme » dans la région si elle venait à se concrétiser.

« S'ils sont logiques, rationnels et réalistes, ils ne peuvent pas le faire parce que les répercussions seraient terribles. Une intervention militaire déstabiliserait la région tout entière et tous les pays seraient affectés », insiste le président au pouvoir depuis onze ans.

Le conflit continuera et la pression pour assujettir la Syrie continuera aussi. Cependant je peux vous assurer que la Syrie ne pliera pas et qu'elle continuera à résister à la pression dont elle fait l'objet

Bachar Al-Assad

Questionné sur la répression et les centaines de morts imputables aux forces de sécurité syrienne, Bachar Al-Assad déclare ressentir du chagrin à chaque goutte de sang versée, mais que son régime doit faire respecter la loi face à des bandes armées. « Mon rôle de président est dans l'action, pas dans des discours ou du chagrin », estime-t-il. « La seule solution est (...) de chasser les bandes armées, d'empêcher l'entrée d'armes et de munitions depuis des pays voisins, d'empêcher le sabotage et de faire respecter la loi et l'ordre ».

La Ligue arabe s'accroche à sa mission d'observation

La Ligue arabe a rejeté dimanche une demande de Damas d'amender une proposition d'envoyer en Syrie une délégation de 500 observateurs, estimant qu'elle dénaturait le projet. Ces modifications « changeraient radicalement la nature de la mission, qui consiste à superviser la mise en oeuvre du plan arabe pour mettre fin à la crise en Syrie et protéger les civils syriens », a déclaré l'institution panarabe dans un communiqué.

Dans un courrier au ministre syrien des Affaires étrangères, le secrétaire général de l'organisation panarabe, Nabil Elaraby, l'informe néanmoins qu'il souhaite toujours envoyer une mission d'observation pour évaluer la situation dans le pays.

Le déploiement d'une telle mission en Syrie porterait atteinte à sa souveraineté, mais Damas n'a pas récusé le projet, a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. La délégation voulue par Ligue « dispose de pouvoirs étendus qui dépassent le seuil de l'atteinte à la souveraineté syrienne », a déclaré le ministre, ajoutant qu'il allait adresser une lettre à la Ligue pour lui demander des explications.

Les violences continuent

Dimanche matin, au mois trois civils ont ainsi été tués par des tirs des forces de sécurité dans différentes localités du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé au Royaume-Uni. Samedi, le bilan des violences s'était élevé à 17 morts.

Dans les rues de Damas, des manifestants prennent en photo l'attaque d'un bureau du part Baas au pouvoir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des videos amateurs diffusées sur YouTube montrent l'attaque d'un bureau du parti Baas à Damas.

Pour la toute première fois depuis le début du soulèvement populaire, en mars dernier, Damas a aussi été le théâtre d'une attaque des adversaires du régime. Selon des habitants de la capitale syrienne, au moins deux roquettes ont été tirées à l'aube sur l'un des sièges du parti Baas.

L'Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe des soldats insoumis, a revendiqué l'attaque. Mercredi, l'ASL avait mené une précédente attaque à la roquette contre un centre des services secrets.

Nous en Syrie ne considérons pas que l'ultimatum est une question importante, le contenu est ce qui est important, et parvenir à un accord avec la Ligue arabe est ce qui compte

Walid Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères

L'après Bachar-Al-Assad

Malgré la résolution du président syrien à rester au pouvoir, l'opposition prépare l'après Bachar-Al-Assad. Le Conseil national syrien (CNS), regroupant la majorité des courants de l'opposition, a annoncé dimanche un projet de programme politique dont les objectifs sont la chute du régime syrien et la tenue d'élections à l'issue d'une période transitoire d'un an.

Ce Conseil, qui a été lancé officiellement le 2 octobre à Istanbul, affirme vouloir « préserver la nature pacifiste de la révolte » et veut « oeuvrer à construire un État civil, démocratique et pluraliste, avec un système parlementaire ». Le CNS prévoit notamment l'égalité des citoyens, la séparation des pouvoirs, la protection et la garantie des droits des minorités.

Selon ce projet publié sur Internet, le conseil « dirigera le pays avec l'institution militaire pendant la période transitoire afin de préserver l'unité et la sécurité du pays ». Un gouvernement temporaire serait ensuite formé avec pour mission d'organiser des élections libres pour désigner une assemblée constituante chargée d'élaborer une nouvelle Constitution.

Le Conseil national syrien regroupe notamment les Comités locaux de coordination (LCC) qui coordonnent les manifestations sur le terrain, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans interdite de longue date en Syrie, ainsi que les Kurdes et les Assyriens. Le CNS n'a été reconnu jusqu'à présent que par les nouvelles autorités libyennes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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