•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Barreau du Québec renvoie le sénateur Boisvenu à ses devoirs

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu

Pierre-Hugues Boisvenu, lors de la conférence de presse de présentation du projet de loi C-10 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Pawel Dwulit

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Barreau du Québec s'est insurgé vendredi contre les propos tenus la veille par le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui s'était exprimé sur les ondes de Radio-Canada. L'ordre professionnel des avocats considère que l'ardent défenseur du projet de loi omnibus C-10 a induit ses milliers d'auditeurs en erreur.

Lors de son passage jeudi matin à l'émission C'est bien meilleur le matin, Pierre-Hugues Boisvenu a ironisé, affirmant qu'il n'était « pas du tout défrisé » par les critiques du Barreau à l'endroit du projet de loi sur la justice criminelle, débattu ces jours-ci à la Chambre des communes.

Le sénateur estime que 80 % des membres du Barreau sont des avocats de la défense. « Ces gens-là disent qu'ils sont contre les projets de loi qui affectent leur clientèle et c'est tout à fait normal », considère le fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD). « Moi, je défends au Sénat non pas les intérêts des criminels, mais ceux des victimes... », a-t-il ajouté.

La légitimité et la crédibilité de notre ordre professionnel ne peuvent ainsi être mises en doute publiquement. C'est une offense au système professionnel et aux citoyens qui vous écoutent et qui placent leur confiance en vous.

Le Barreau du Québec

Dans un courrier adressé vendredi au sénateur, le directeur général du Barreau, Claude Provencher, lui rappelle en premier lieu que, parmi les 24 000 membres de l'organisation, seuls « 5% environ sont des avocats plaidant en Cour dans des dossiers en matière criminelle ».

Il poursuit sa missive en détaillant le cheminement de la prise de position du Barreau sur le projet de loi C-10. Claude Provencher explique qu'elle est le fruit des travaux d'un comité composé de procureurs de la Couronne, de professeurs d'université et d'avocats de la défense « tous experts en matière de droit criminel ».

Selon le directeur, ces spécialistes n'ont pas observé la loi au regard de leurs intérêts corporatistes, comme le sous-entend le sénateur Boisvenu. Ils l'ont « analysé à travers la lunette de la mission de protection du public de l'Ordre, mais aussi en regard du respect de la règle de droit, de l'environnement et des statistiques disponibles », souligne-t-il.

La réhabilitation est aussi un moyen de protection pour la population, et nous croyons qu'il est important de rappeler ce choix de société à la population.

Le Barreau du Québec

Au final, Claude Provencher juge que la position du Barreau est « détaillée, rigoureuse et précise. Nous respectons le fait que vous ne la partagiez pas, mais nous nous indignons que vous en fassiez une interprétation corporatiste et, de surcroît, que vous la présentiez dans un contexte erroné », conclut-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !